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Mardi 10 février 2009

Les Quatre Saisons de Vivaldi


Portrait dAntonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Portrait d'Antonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Nous écouterons aujourd’hui ce qui est certainement l’œuvre pour violon la plus connue de la musique baroque, les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi (1678 - 1741).

Il s’agit en fait d’un ensemble de quatre concertos  pour violon, reprenant chacun une saison :

  1. “La Primavera” : Le Printemps, RV 269
  2. “L’estate” : L’Eté, RV 315
  3. “L’autunno” : L’Automne, RV 293
  4. “L’inverno” : L’Hiver, RV 297

Ces concertos constituent les quatre premiers numéros d’un recueil opus n°8 Il cimento dell’armonia e dell’invenzione (”La bataille entre l’harmonie et l’invention”), édité en 1725. Ils sont parmi les concertos pour violon les plus connus de la période baroque, voire de la musique en général, et sont les parfaits exemples du déroulement des concertos en trois mouvements vif-lent-vif popularisé par Vivaldi.

Lors de l’édition, Vivaldi accompagna son œuvre d’un petit texte de quatre sonnets, qu’il fît correspondre avec des précisions sur la partition pour en décrire le déroulement.

On trouvera les partitions libre de droit des Quatre Saisons de Vivaldi au format PDF sur le site de l’IMSLP : http://imslp.org/index.php?title=Le_Quattro_Stagioni_(Vivaldi,_Antonio), ou encore les partitions ainsi que les différents mouvements aux formats MIDI et Finale chez Werner Icking : http://icking-music-archive.org/ByComposer/Vivaldi.php.

Concerto n° 1 en mi majeur, opus 8, RV 269, « La primavera » : Le Printemps
1. Allegro
Giunt’è la Primavera e festosetti
La salutan gl’augei con lieto canto,
E i fonti allo Spirar de’zeffiretti
Con dolce mormorio Scorrono intanto;

Vengon’ coprendo l’aer di nero amanto
E Lampi, e tuoni ad annunziarla eletti
Indi tacendo questi, gli Augelletti;
Tornan di nuovo al lor canoro incanto:

2. Largo
E quindi sul fiorito ameno prato
Al caro mormorio di fronde e piante
Dorme ‘l Caprar col fido can a lato.

3. Allegro
Di pastoral Zampogna al suon festante
Danzan Ninfe e Pastor nel tetto amato
Di primavera all’apparir brillante.

1. Allegro
Le printemps est venu, apportant la gaieté;
Les oiseaux le saluent de leurs chants exaltés
Et les ruisseaux, qu’effleure un souffle de Zéphyr,
Coulent à l’unisson leurs flots qu’on entend bruire.

Le ciel s’est recouvert d’une sombre voilette,
Le tonnerre et l’éclair annoncent la tempête.
Mais sitôt qu’ils s’apaisent, les oiseaux joyeux
Reprennent sans tarder leurs chants harmonieux.

2. Largo
Et dans la prairie ondulante, tout en fleurs,
Dont chaque feuille ou herbe chuinte en douceur,
Le pâtre dort, son chien fidèle à ses côtés.

3. Allegro
Dans le pré, au son des musettes pastorales,
Nymphes et bergers saluent d’une bacchanale
L’arrivée du Printemps, l’éclat de sa beauté.


Concerto n° 2 en sol mineur, opus 8, RV 315, « L’estate » : L’Été
1. Allegro non molto - Allegro
Sotto dura Staggion dal Sole accesa
Langue l’huom, langue ‘l gregge, ed arde il Pino;
Scioglie il Cucco la Voce, e tosto intesa
Canta la Tortorella e ‘l gardelino.

Zeffiro dolce Spira, mà contesa
Muove Borea improviso al Suo vicino;
E piange il Pastorel, perche sospesa
Teme fiera borasca, e ‘l suo destino;

2. Adagio - Presto - Adagio
Toglie alle membra lasse il Suo riposo
Il timore de’ Lampi, e tuoni fieri
E de mosche, e mossoni il Stuol furioso!

3. Presto
Ah che pur troppo i Suo timor Son veri
Tuona e fulmina il Ciel e grandioso
Tronca il capo alle Spiche e a’ grani alteri.

1. Allegro non molto - Allegro
Sous l’empire accablant du soleil qui écume
Homme et troupeau languissent, et le pin se consume;
Le coucou entonne son chant, et lui font chœur
La tourterelle et le chardonneret moqueur.

Zéphyr souffle tout doucement, mais tout à coup
Survient Borée, son ennemi, qui le secoue;
Le pastoureau gémit et tremble, car il craint
Le choc de la bourrasque, et son propre destin.

2. Adagio - Presto - Adagio
Ses membres convulsés l’épuisent, factionnaire
Figé par les éclairs, la fureur du tonnerre,
Les essaims affolés de frelons et de mouches!

3. Presto
Hélas! il ne s’est pas alarmé sans raison :
Le ciel fulmine et, sous l’assaut de ses grêlons,
Les épis sont fauchés et les tiges se couchent.


Concerto n° 3 en fa majeur, opus 8, RV 293, « L’autunno » : L’Automne
1. Allegro
Celebra il Vilanel con balli e Canti
Del felice raccolto il bel piacere
E del liquor de Bacco accesi tanti
Finiscono col Sonno il lor godere.

2. Adagio molto
Fa ch’ogn’uno tralasci e balli e canti
L’ aria che temperata dà piacere,
E la Staggion ch’ invita tanti e tanti
D’ un dolcissimo Sonno al bel godere.

3. Allegro
I cacciator alla nov’alba à caccia
Con corni, Schioppi, e canni escono fuore
Fugge la belua, e Seguono la traccia;

Già Sbigottita, e lassa al gran rumore
De’ Schioppi e canni, ferita minaccia
Languida di fuggir, mà oppressa muore.

1. Allegro
Par des danses et des chants de joie, les paysans
Célèbrent la foison des récoltes nouvelles,
Et la douce liqueur de Bacchus les appelle
À se laisser aller au sommeil bienfaisant.

2. Adagio molto
Plus aucun n’a envie de danser ni chanter,
À présent; l’air est doux, la brise caressante,
Et la saison se fait de plus en plus pressante
À commander à tous un repos mérité.

3. Allegro
À l’aube les chasseurs joyeusement s’assemblent :
Avec cors, fusils, chiens, ils s’en vont tous ensemble
Sur les pas de la bête poussée par la peur.

Aux abois, traquée par le haro terrifiant,
Blessée, elle reprend un moment son élan,
Ne songeant plus qu’à fuir, mais, brisée, tombe et meurt.


Concerto n° 4 en fa mineur, opus 8, RV 297, « L’inverno » : L’Hiver
1. Allegro non molto
Aggiacciato tremar trà nevi algenti
Al Severo Spirar d’orrido Vento,
Correr battendo i piedi ogni momento;
E pel Soverchio gel batter i denti;

2 .Largo
Passar al foco i di quieti e contenti
Mentre la pioggia fuor bagna ben cento
Caminar Sopra ‘l giaccio, e à passo lento
Per timor di cader gersene intenti;

3. Allegro
Gir forte Sdruzziolar, cader a terra
Di nuove ir Sopra ‘l giaccio e correr forte
Sin ch’il giaccio si rompe, e si disserra;

Sentir uscir dalle ferrate porte
Sirocco Borea, e tutti i Venti in guerra
Quest’è ‘l verno, ma tal, che gioja apporte.

1. Allegro non molto
Gelés et frissonnants dans la neige qui mord,
Et battus par des vents cruels et sans remords,
Nos pieds tout engourdis s’emmêlent à chaque instant,
L’abominable froid nous fait claquer des dents.

2 .Largo
Allons auprès du feu, au calme et bien au chaud,
Cependant que la pluie redouble ses assauts.
Nous marchons à pas lents sur une onde gelée,
Tout entiers attentifs à ne pas perdre pied;

3. Allegro
Pour qui veut se presser, c’est la chute assurée.
Reprenons prudemment notre pénible route,
Tant que les glaces ne sont rompues ni dissoutes.

À l’abri de nos portes, nous entendons hurler
Le Sirocco, Borée et tous les vents en guerre :
Mais bien des joies pourtant accompagnent l’hiver.


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Mardi 13 janvier 2009

Stabat Mater RV 621 de Vivaldi


Portrait dAntonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Portrait d'Antonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Pour ce court article, nous écouterons de nouveau une œuvre baroque sacrée, composée par Antonio Vivaldi (1678 - 1741) puisqu’il s’agira de son Stabat Mater. Tout comme le Stabat Mater de Pergolèse, celui de Vivaldi, écrit en 1712, fait partie des œuvres célèbres composées sur ce texte ; de dimensions plus réduites, il ne fait cependant intervenir qu’un seul soliste (contralto) accompagné par l’orchestre, et n’utilise que dix des vingts versets que comporte le texte original du moine Jacopone da Todi. Rappelons que ce texte raconte la douleur de Marie au pied de la croix où expire le Christ (plus de détails sur la page de Stabat Mater de Pergolèse). Cette œuvre est de nos jours l’une des compositions les plus connues de Vivaldi, en tout cas en musique sacrée. Anecodte : il s’agit pour une fois d’une commande pour une ville autre que Venise, puisque destinée à l’ordre des Philippines de Brescia en Lombardie.

Au niveau musical, chacun des mouvements du Stabat Mater est lent, dérangeant la courante alternance tempos vifs / tempos lents que Vivaldi a l’habitude de suivre, mais l’ensemble dure seulement une vingtaine de minutes. Il a réussi à y retranscrire la gravité du texte ainsi qu’une atmosphère de recueillement, et on perçoit dès les premières notes du Stabat Mater dolorosa un sentiment d’affliction ou incitant à la méditation. Notons cependant que l’œuvre s’achève sur une lumière finale inattendue grâce à la tierce picarde sur l’accord de fa majeur, alors que l’œuvre est intégralement en fa mineur (effet qui s’entend très facilement, au delà du solfège).

Au cours de l’écoute, on constatera en particulier que dans la construction de l’œuvre, les mouvements 4, 5 et 6 reprennent exactement la musique des mouvements 1, 2 et 3 :

1 Stabat Mater dolorosa
2 Cujus animam
3 O quam tristis
4 Quis est homo
5 Quis non posset
6 Pro peccatis
7 Eja mater
8 Fac ut ardeat
9 Amen

Attention, il manque le mouvement “Quis est homo” dans la version proposée en écoute ci-dessous … Comme évoqué plus haut, seules les paroles le font différer du mouvement Stabat Mater dolorosa.


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Mardi 6 janvier 2009

Gloria RV 589 de Vivaldi


Portrait dAntonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Portrait d'Antonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Pour ce deuxième article, nous changerons complètement de domaine et présenterons une œuvre baroque de musique sacrée, composée par le vénitien Antonio Vivaldi, particulièrement connu du public pour ses “Quatre Saisons”. Il s’agit de son Gloria en ré majeur (catalogué RV 589), assez célèbre dans la musique sacrée baroque et très représentatif de la musique de l’époque (il fût composé entre 1714 et 1716).

Compositeur très influent du mouvement baroque italien, Antonio Vivaldi (1678 - 1741) était également un grand violoniste, comme en témoignent ses nombreuses oeuvres pour violon (parmi lesquels les concertos pour violon dits des “Quatre Saisons”) ; il composa également de nombreux opéras baroques ainsi que des oeuvres sacrées. Né d’un père violoniste, Antonio Vivaldi devint rapidement un instrumentiste et un compositeur surdoué, au point qu’il renonca à l’âge de 28 ans à sa vocation de prêtre afin de se consacrer entièrement à la musique. Les talents au violon ou en composition du “prêtre roux” - il était connu sous ce nom, en référence à la couleur de ses cheveux - allèrent alors en s’amplifiant tout au cours de sa vie, et c’est en voyage à Vienne qu’il mourut en 1741. Pour en savoir plus sur la vie de Vivaldi, l’article Wikipédia est recommandé car assez détaillé et très bien illustré.

Le Gloria présenté ici fait donc partie de son répertoire sacré ; il s’agit en fait de l’un des cinq principaux chants que l’on retrouve dans la liturgie de la messe catholique (dans l’ordre : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei), ici sous forme d’une partie détachée des autres. Si l’on trouve fréquemment chez d’autres compositeurs l’ensemble des chants de la messe dans une seule œuvre (ex. la Messe en si mineur BWV 232 de Jean-Sébastien Bach, la Missa Solemnis de Beethoven ou encore les différents requiems, etc.), les paroles restent les mêmes et définissent les 12 mouvements :

1 Gloria in excelsis Deo, Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,
2 Et in terra pax hominibus bonae voluntatis. Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.
3 Laudamus te. Benedicimus te. Adoramus te. Glorificamus te. Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, nous te glorifions,
4 Gratias agimus tibi Nous te rendons grâce,
5 Propter magnam gloriam tuam Pour ton immense gloire,
6 Domine Deus, rex caelestis Seigneur Dieu, Roi du ciel,
7 Domine Fili unigenite, Jesu Christe Seigneur, Fils unique, Jésus Christ,
8 Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu,le Fils du Père.
9 Qui tollis peccata mundi, miserere nobis. Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous
Toi qui enlèves le péché du monde, reçois notre prière ;
10 Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis. Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous.
11 Quoniam tu solus sanctus, tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe Car toi seul es saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul es le Très-Haut, Jésus Christ,
12 Cum Sancto Spiritu in gloria Dei Patris. Amen. avec le Saint-Esprit. Dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

Le titre Gloria provient donc des premières paroles Gloria in excelsis Deo (“Gloire à Dieu au plus haut des cieux”).

Le Gloria correspond aux 12 premières pistes dans le lecteur ci-dessous. Nous vous recommandons pour une écoute rapide les mouvements suivant, qui sont à la fois très beaux et représentatifs de l’œuvre :

  • N°1 : Gloria in excelsis Deo (chœur d’introduction, assez connu)
  • N°3 : Laudamus te (duo de soprani)
  • N°5 : Propter magnam gloriam tuam (chœur sous forme d’une légère fugue)
  • N°12 : Cum Sancto Spiritu (chœur final fugué, également assez connu)

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