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Lundi 19 septembre 2011

Chaconne de la partita n°2 pour violon solo BWV 1004, de Bach


Un grand classique de violon solo, mais qui reste indémodable : la chaconne de la partita n°2 pour violon solo BWV 1004, de Bach.

Composée entre 1717 et 1723, cette chaconne est reconnue comme un achèvement de l’art baroque pour violon solo, car elle fait appel à pratiquement toutes les techniques de l’époque. Elle est de nos jours exigée dans pratiquement tous les concours et auditions de violon.

Partie 1 :

Partie 2 :

Les musiciens pourront en trouver la partition libre de droit dans les pages de l’IMSLP : partition de la chaconne de bach.

À noter pour les grands amateurs de Bach, l’existence d’un CD admirable publié suite à la découverte d’un musicologue : l’enchaînement des tonalités dans la chaconne présente des analogies avec celui de chorals d’une cantate (BWV 4), au point que le violoniste Christoph Poppen et le Hilliard Ensemble ont superposé ces deux œuvres pour un résultat des plus intéressants.

Le résultat peut être écouté dans le CD “Morimur”, qui vaut certainement l’investissement :

Morimur, par Christoph Poppen et The Hilliard Ensemble

Morimur, par Christoph Poppen et The Hilliard Ensemble


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Mardi 10 février 2009

Les Quatre Saisons de Vivaldi


Portrait dAntonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Portrait d'Antonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Nous écouterons aujourd’hui ce qui est certainement l’œuvre pour violon la plus connue de la musique baroque, les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi (1678 - 1741).

Il s’agit en fait d’un ensemble de quatre concertos  pour violon, reprenant chacun une saison :

  1. “La Primavera” : Le Printemps, RV 269
  2. “L’estate” : L’Eté, RV 315
  3. “L’autunno” : L’Automne, RV 293
  4. “L’inverno” : L’Hiver, RV 297

Ces concertos constituent les quatre premiers numéros d’un recueil opus n°8 Il cimento dell’armonia e dell’invenzione (”La bataille entre l’harmonie et l’invention”), édité en 1725. Ils sont parmi les concertos pour violon les plus connus de la période baroque, voire de la musique en général, et sont les parfaits exemples du déroulement des concertos en trois mouvements vif-lent-vif popularisé par Vivaldi.

Lors de l’édition, Vivaldi accompagna son œuvre d’un petit texte de quatre sonnets, qu’il fît correspondre avec des précisions sur la partition pour en décrire le déroulement.

On trouvera les partitions libre de droit des Quatre Saisons de Vivaldi au format PDF sur le site de l’IMSLP : http://imslp.org/index.php?title=Le_Quattro_Stagioni_(Vivaldi,_Antonio), ou encore les partitions ainsi que les différents mouvements aux formats MIDI et Finale chez Werner Icking : http://icking-music-archive.org/ByComposer/Vivaldi.php.

Concerto n° 1 en mi majeur, opus 8, RV 269, « La primavera » : Le Printemps
1. Allegro
Giunt’è la Primavera e festosetti
La salutan gl’augei con lieto canto,
E i fonti allo Spirar de’zeffiretti
Con dolce mormorio Scorrono intanto;

Vengon’ coprendo l’aer di nero amanto
E Lampi, e tuoni ad annunziarla eletti
Indi tacendo questi, gli Augelletti;
Tornan di nuovo al lor canoro incanto:

2. Largo
E quindi sul fiorito ameno prato
Al caro mormorio di fronde e piante
Dorme ‘l Caprar col fido can a lato.

3. Allegro
Di pastoral Zampogna al suon festante
Danzan Ninfe e Pastor nel tetto amato
Di primavera all’apparir brillante.

1. Allegro
Le printemps est venu, apportant la gaieté;
Les oiseaux le saluent de leurs chants exaltés
Et les ruisseaux, qu’effleure un souffle de Zéphyr,
Coulent à l’unisson leurs flots qu’on entend bruire.

Le ciel s’est recouvert d’une sombre voilette,
Le tonnerre et l’éclair annoncent la tempête.
Mais sitôt qu’ils s’apaisent, les oiseaux joyeux
Reprennent sans tarder leurs chants harmonieux.

2. Largo
Et dans la prairie ondulante, tout en fleurs,
Dont chaque feuille ou herbe chuinte en douceur,
Le pâtre dort, son chien fidèle à ses côtés.

3. Allegro
Dans le pré, au son des musettes pastorales,
Nymphes et bergers saluent d’une bacchanale
L’arrivée du Printemps, l’éclat de sa beauté.


Concerto n° 2 en sol mineur, opus 8, RV 315, « L’estate » : L’Été
1. Allegro non molto - Allegro
Sotto dura Staggion dal Sole accesa
Langue l’huom, langue ‘l gregge, ed arde il Pino;
Scioglie il Cucco la Voce, e tosto intesa
Canta la Tortorella e ‘l gardelino.

Zeffiro dolce Spira, mà contesa
Muove Borea improviso al Suo vicino;
E piange il Pastorel, perche sospesa
Teme fiera borasca, e ‘l suo destino;

2. Adagio - Presto - Adagio
Toglie alle membra lasse il Suo riposo
Il timore de’ Lampi, e tuoni fieri
E de mosche, e mossoni il Stuol furioso!

3. Presto
Ah che pur troppo i Suo timor Son veri
Tuona e fulmina il Ciel e grandioso
Tronca il capo alle Spiche e a’ grani alteri.

1. Allegro non molto - Allegro
Sous l’empire accablant du soleil qui écume
Homme et troupeau languissent, et le pin se consume;
Le coucou entonne son chant, et lui font chœur
La tourterelle et le chardonneret moqueur.

Zéphyr souffle tout doucement, mais tout à coup
Survient Borée, son ennemi, qui le secoue;
Le pastoureau gémit et tremble, car il craint
Le choc de la bourrasque, et son propre destin.

2. Adagio - Presto - Adagio
Ses membres convulsés l’épuisent, factionnaire
Figé par les éclairs, la fureur du tonnerre,
Les essaims affolés de frelons et de mouches!

3. Presto
Hélas! il ne s’est pas alarmé sans raison :
Le ciel fulmine et, sous l’assaut de ses grêlons,
Les épis sont fauchés et les tiges se couchent.


Concerto n° 3 en fa majeur, opus 8, RV 293, « L’autunno » : L’Automne
1. Allegro
Celebra il Vilanel con balli e Canti
Del felice raccolto il bel piacere
E del liquor de Bacco accesi tanti
Finiscono col Sonno il lor godere.

2. Adagio molto
Fa ch’ogn’uno tralasci e balli e canti
L’ aria che temperata dà piacere,
E la Staggion ch’ invita tanti e tanti
D’ un dolcissimo Sonno al bel godere.

3. Allegro
I cacciator alla nov’alba à caccia
Con corni, Schioppi, e canni escono fuore
Fugge la belua, e Seguono la traccia;

Già Sbigottita, e lassa al gran rumore
De’ Schioppi e canni, ferita minaccia
Languida di fuggir, mà oppressa muore.

1. Allegro
Par des danses et des chants de joie, les paysans
Célèbrent la foison des récoltes nouvelles,
Et la douce liqueur de Bacchus les appelle
À se laisser aller au sommeil bienfaisant.

2. Adagio molto
Plus aucun n’a envie de danser ni chanter,
À présent; l’air est doux, la brise caressante,
Et la saison se fait de plus en plus pressante
À commander à tous un repos mérité.

3. Allegro
À l’aube les chasseurs joyeusement s’assemblent :
Avec cors, fusils, chiens, ils s’en vont tous ensemble
Sur les pas de la bête poussée par la peur.

Aux abois, traquée par le haro terrifiant,
Blessée, elle reprend un moment son élan,
Ne songeant plus qu’à fuir, mais, brisée, tombe et meurt.


Concerto n° 4 en fa mineur, opus 8, RV 297, « L’inverno » : L’Hiver
1. Allegro non molto
Aggiacciato tremar trà nevi algenti
Al Severo Spirar d’orrido Vento,
Correr battendo i piedi ogni momento;
E pel Soverchio gel batter i denti;

2 .Largo
Passar al foco i di quieti e contenti
Mentre la pioggia fuor bagna ben cento
Caminar Sopra ‘l giaccio, e à passo lento
Per timor di cader gersene intenti;

3. Allegro
Gir forte Sdruzziolar, cader a terra
Di nuove ir Sopra ‘l giaccio e correr forte
Sin ch’il giaccio si rompe, e si disserra;

Sentir uscir dalle ferrate porte
Sirocco Borea, e tutti i Venti in guerra
Quest’è ‘l verno, ma tal, che gioja apporte.

1. Allegro non molto
Gelés et frissonnants dans la neige qui mord,
Et battus par des vents cruels et sans remords,
Nos pieds tout engourdis s’emmêlent à chaque instant,
L’abominable froid nous fait claquer des dents.

2 .Largo
Allons auprès du feu, au calme et bien au chaud,
Cependant que la pluie redouble ses assauts.
Nous marchons à pas lents sur une onde gelée,
Tout entiers attentifs à ne pas perdre pied;

3. Allegro
Pour qui veut se presser, c’est la chute assurée.
Reprenons prudemment notre pénible route,
Tant que les glaces ne sont rompues ni dissoutes.

À l’abri de nos portes, nous entendons hurler
Le Sirocco, Borée et tous les vents en guerre :
Mais bien des joies pourtant accompagnent l’hiver.


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Lundi 2 février 2009

Sonate pour violon n°5 “Le Printemps” de Beethoven


Portrait de Ludwig van Beethoven (source: Wikipedia)

Portrait de Ludwig van Beethoven (source: Wikipedia)

Nous continuerons aujourd’hui dans la période classique pour écouter la Sonate pour piano et violon n°5 opus 24 de Ludwig van Beethoven (1770 - 1827), dite “Le Printemps (Frühlingssonate).

Composée en 1801, cette sonate est une œuvre “de jeunesse” pour piano et violon ; surnommée “Sonate le Printemps” - à noter que le nom n’est pas de son auteur -, elle est la plus célèbre des 10 sonates pour violon, avec la n°9 (Sonate à Kreutzer). Beethoven dédia cette œuvre au comte Moritz von Fries, l’un de ses mécènes qui sera également en 1811 dédicataire de la célèbre 7ème symphonie.

Débutant sur un très joli thème en allegro dans le 1er mouvement joué par le violon et repris par le piano, la composition de Beethoven enchante ses auditeurs par sa simplicité et ses surprises, tout en restant parfaitement poétique. Le piano, loin de n’avoir qu’un rôle d’accompagnement, présente une virtuosité égale à celle du violon, ce qui rend le thème assez dense.

L’ensemble des quatre mouvements dure environ 25 minutes :

  • Allegro
  • Adagio molto expressivo
  • Scherzo : Allegro molto
  • Rondo : Allegro ma non troppo

Voici une belle version avec Itzhak Perlman au violon et Vladimir Ashkenazy au piano ; il est recommandé d’écouter la sonate entièrement, même si le premier mouvement reste le plus populaire :

La partition de la sonate est disponible libre de droit et au format PDF sur le site de l’IMSLP.


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Lundi 26 janvier 2009

Concerto pour violon opus 77 de Brahms


Portrait de Johannes Brahms (source: Wikipedia)

Portrait de Johannes Brahms (source: Wikipedia)

Nous resterons aujourd’hui dans le grand répertoire de musique allemande pour écouter le concerto pour violon op.77 de Johannes Brahms (1833 - 1897), l’un des concertos pour violon les plus célèbres du répertoire de nos jours (avec le 2ème de Mendelssohn, celui de Beethoven ou encore celui de Tchaïkovski).

Johannes Brahms fait partie de cette génération de compositeurs romantiques vouant un culte sans limite à l’œuvre des maîtres allemands que sont Bach, Mozart et Beethoven. Formé dès son plus jeune âge au piano, il se révèle rapidement être un instrumentiste virtuose, si bien que son ami le violoniste Joseph Joachim l’introduit à l’âge de 20 ans auprès de Franz Liszt puis Robert Schumann. Celui-ci, de 23 ans son ainé, aide alors le jeune Johannes en faisant son éloge dans sa revue musicale et en demandant à un éditeur de publier certaines de ses compositions. Au fil des années, Brahms devient alors célèbre en Allemagne puis dans toute l’Europe. Pour l’anecdote, Brahms voue alors un grande admiration à Clara Schumann - célèbre pianiste épouse de Robert Schumann -, admiration qui devient une relation épistolaire puis s’intensifie en une passion peu après l’internement de son mari dans un hôpital psychiatrique en 1854.

Brahms est considéré par certains comme le successeur de Beethoven ; ainsi pour Hans von Bülow, grand chef d’orchestre allemand de la fin du 19ème siècle, sa 1ère symphonie est comme la 10ème de Beethoven. Son œuvre importante ne comporte pas d’opéras, mais est constituée aussi bien de musique vocale qu’orchestrale ou de chambre. On retiendra entre autres :

  • quatre symphonies
  • un concerto pour violon
  • deux concertos pour piano
  • un “double” concerto pour violon et violoncelle
  • les célèbres “danses hongroises” pour orchestre
  • de nombreuses pièces de musique de chambre : sonates en duos, trios, quatuors, quintettes, …
  • de nombreux lieder
  • des œuvres vocales sacrées dans tous les formats, parmi lesquelles le célèbre Requiem Allemand
  • de nombreuses pièces pour piano : sonates, variations, ballades, intermezzi, etc.

L’œuvre de Brahms est restée assez importante dans le répertoire de concert de nos jours ; on joue en particulier son concerto pour violon, son double concerto, ses concertos pour piano, ses symphonies (les 3ème et 4ème en particulier), ou encore le Requiem Allemand.

Le concerto pour violon op.77 a été composé au cours de l’été 1878 pour Joseph Joachim, qui l’a interprété pour la première fois sous la direction de son compositeur en 1879. Demandant une très grande virtuosité, il a été qualifié de “concerto contre le violon” par le chef Hans von Bülow, et la formation de pianiste de Brahms n’y est certainement pas étrangère. A titre informatif, on remarquera que ce concerto est écrit dans la tonalité de ré majeur, comme bon nombre de grands concertos pour violon de toutes les époques (Bach, Mozart, Beethoven, Tchaïkovski, Sibélius, etc.) ; ceci s’explique par le fait que les cordes “à vide” du violon sont les notes SOL - RE - LA -MI, qui trouvent une résonance intéressante en ré majeur ou ré mineur.

Le concerto est composé de trois mouvements selon le schéma classique vif - lent - vif :

  1. Allegro non troppo (avec cadence) : l’orchestre présente les thèmes de l’oeuvre dans une longue exposition, avant qu’intervienne le soliste pour orner ces thèmes de toute sa virtuosité. Notons que la cadence (c’est-à-dire un passage soliste dans lequel l’orchestre ne joue pas) n’est pas écrite pas Brahms, laissant aux interprètes le choix entre différentes versions (Joachim, Kreisler etc.)
  2. Adagio : très beau mouvement initié par le hautbois, puis suivi magnifiquement par le violon solo
  3. Allegro giocoso, ma non troppo vivace - Poco pin presto : mouvement très dynamique et rythmé, sorte de grande “danse hongroise” pour orchestre et violon solo.

Le lecteur ci-dessous présente une version du Philharmonique de Berlin dirigé par Herbert von Karajan, avec Anne-Sophie Mutter au violon.


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Samedi 17 janvier 2009

Concerto pour 2 violons BWV 1043 de Bach


Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Nous continuerons ce soir à la suite des articles des deux derniers jours, avec le Concerto pour deux violons BWV 1043 en ré mineur de Jean-Sébastien Bach, œuvre devenue assez célèbre et fréquemment reprise dans des films ou arrangée pour d’autres instruments.

Daté du séjour de Bach à Köthen (Saxe) de 1717 à 1723, ce “double concerto” est célèbre pour sa beauté et l’équilibre subtil entre les deux solistes et l’orchestre dans les différents mouvements. Dans le premier mouvement Vivace, on a l’impression d’entendre une fugue entre les deux solistes qui n’en est en réalité pas une ; dans le sublime second mouvement (Largo ma non tanto), les deux parties solistes tantôt s’emmêlent, tantôt alternent pour jouer le thème, comme si les violons discutaient tous les deux avec le reste de l’orchestre. Enfin l’Allegro du troisième mouvement pourrait constituer une belle illustration du contrepoint, tant les deux voix solistes jouent des mélodies et rythmes différents mais s’accordent pour rendre quelque chose de particulièrement harmonieux.

On pourra également écouter le concerto BWV 1062 pour 2 clavecins, arrangement écrit par Bach du concerto BWV 1043 ; dans celui-ci les clavecins solistes sont cependant un peu masqués par les interventions des violons de l’orchestre, et on n’y retrouve pas toute la beauté de la partition originale pour 2 violons.

Concerto pour 2 violons BWV 1043 Concerto pour 2 clavecins BWV 1062

PS: musiquedujour.com connaîtra une pause hivernale la semaine prochaine, pour revenir ensuite vers des œuvres plus récentes, et nous verrons en particulier plusieurs symphonies de Beethoven ! D’ici là, révisez les archives pour préparer les quizzs à venir !


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