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Vendredi 20 juillet 2012

Stabat Mater de Boccherini (1743-1805)



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Mardi 13 janvier 2009

Stabat Mater RV 621 de Vivaldi


Portrait dAntonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Portrait d'Antonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Pour ce court article, nous écouterons de nouveau une œuvre baroque sacrée, composée par Antonio Vivaldi (1678 - 1741) puisqu’il s’agira de son Stabat Mater. Tout comme le Stabat Mater de Pergolèse, celui de Vivaldi, écrit en 1712, fait partie des œuvres célèbres composées sur ce texte ; de dimensions plus réduites, il ne fait cependant intervenir qu’un seul soliste (contralto) accompagné par l’orchestre, et n’utilise que dix des vingts versets que comporte le texte original du moine Jacopone da Todi. Rappelons que ce texte raconte la douleur de Marie au pied de la croix où expire le Christ (plus de détails sur la page de Stabat Mater de Pergolèse). Cette œuvre est de nos jours l’une des compositions les plus connues de Vivaldi, en tout cas en musique sacrée. Anecodte : il s’agit pour une fois d’une commande pour une ville autre que Venise, puisque destinée à l’ordre des Philippines de Brescia en Lombardie.

Au niveau musical, chacun des mouvements du Stabat Mater est lent, dérangeant la courante alternance tempos vifs / tempos lents que Vivaldi a l’habitude de suivre, mais l’ensemble dure seulement une vingtaine de minutes. Il a réussi à y retranscrire la gravité du texte ainsi qu’une atmosphère de recueillement, et on perçoit dès les premières notes du Stabat Mater dolorosa un sentiment d’affliction ou incitant à la méditation. Notons cependant que l’œuvre s’achève sur une lumière finale inattendue grâce à la tierce picarde sur l’accord de fa majeur, alors que l’œuvre est intégralement en fa mineur (effet qui s’entend très facilement, au delà du solfège).

Au cours de l’écoute, on constatera en particulier que dans la construction de l’œuvre, les mouvements 4, 5 et 6 reprennent exactement la musique des mouvements 1, 2 et 3 :

1 Stabat Mater dolorosa
2 Cujus animam
3 O quam tristis
4 Quis est homo
5 Quis non posset
6 Pro peccatis
7 Eja mater
8 Fac ut ardeat
9 Amen

Attention, il manque le mouvement “Quis est homo” dans la version proposée en écoute ci-dessous … Comme évoqué plus haut, seules les paroles le font différer du mouvement Stabat Mater dolorosa.


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Note: 7.4/10 (30 votes)

Jeudi 8 janvier 2009

Stabat Mater de Pergolèse


Portrait de Jean-Baptiste Pergolèse (source: Wikipedia)

Portrait de Jean-Baptiste Pergolèse (source: Wikipedia)

Nous reviendrons aujourd’hui à la musique sacrée baroque pour présenter l’une de ses oeuvres majeures, le Stabat Mater de Giovanni Battista Pergolesi (1710 - 1736), Pergolèse en français.

Pergolèse n’aura vécu que 26 ans mais aura laissé de très belles musiques à la période baroque : se démarquant dès sa jeunesse par ses dons en musique, il poursuit des études dans un conservatoire catholique à Naples.Il écrit très rapidement des opéras, des intermèdes (courtes pièces jouées durant les entractes d’opéras, parmi lesquelles “La Serva Padrona” (la Servante Maîtresse), et bien entendu de la musique religieuse. Dans ce dernier registre sont particulièrement connues de nos jours son Salve Regina et son Stabat Mater, qu’il composa peu de temps avant de mourir en 1736 de la tuberculose, déjà retiré pour se reposer dans un monastère. La légende voudrait qu’il soit décédé avant d’en terminer l’écriture - comme le mythe entourant le Requiem de Mozart, dont la véracité est attestée  -, mais les études historiques prouveraient le contraire.

De nombreux compositeurs ont écrit des oeuvres sur le texte du Stabat Mater, à toutes les époques ; parmi les plus célèbres : Palestrina (renaissance), Vivaldi et Pergolèse (baroque), Haydn (classicisme viennois), Rossini, Schubert et Dvořák (romantisme), Poulenc (moderne). Il s’agit d’une séquence, c’est-à-dire une pièce musicale de la liturgie catholique romaine, qui relate les souffrances de Marie lors de la crucifixion de son fils Jésus Christ. Le texte latin proviendrait du moine franciscain Jacopone da Todi, et daterait donc du 13ème siècle.

Le Stabat Mater de Pergolèse est cependant considéré comme l’un des plus beaux Stabat Mater, et constitue l’une des oeuvres les plus poignantes de la musique baroque ; écrit simplement pour deux voix (en général alto et soprano, haute-contre et soprano), basse continue et cordes, il comporte 12 séquences alternant solos et duos. Chaque mouvement a son caractère et sa mélodie propre, au contraire de nombreuses oeuvres dans lesquelles les mouvements sont très liés ; on remarquera en particulier la beauté grave du premier mouvement Stabat mater dolorosa.

Afin de mieux percevoir les sentiments restitués par Pergolèse, voici ci-dessous le texte latin original ainsi que la traduction ; à noter que le texte diffère légèrement des Stabat Mater composés à d’autres époques, et que d’autre part la découpe des mouvements est entièrement laissée au choix du compositeur (ex. celui de Haydn comporte 14 mouvements distincts, contre 10 pour celui de Dvořák).

1. Stabat mater dolorosa
Juxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.
1. Debout, la Mère des douleurs,
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.
2. Cuius animam gementem,
contristatam et dolentem,
pertransivit gladius.
2. Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive le transperça.
3. O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Unigeniti.
3. Qu’elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !
4. Quae moerebat et dolebat,
Pia Mater cum videbat
Nati poenas incliti.
4. Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
5. Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio?

Quis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio?

Pro peccatis suae gentis
vidit Iesum in tormentis
et flagellis subditum.

5. Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?

Qui pourrait dans l’indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?

Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.

6. Vidit suum dulcem natum
moriendo desolatum,
dum emisit spiritum.
6. Elle vit l’Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l’esprit.
7. Eia Mater, fons amoris,
me sentire vim doloris
fac, ut tecum lugeam.
7. Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
8. Fac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam.
8. Fais que mon âme soit de feu
Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je lui plaise avec toi.
9. Sancta mater, istud agas,
crucifixi fige plagas
cordi meo valide.

Tui nati vulnerati,
tam dignati pro me pati,
poenas mecum divide.

Fac me vere tecum flere,
Crucifixo condolere,
donec ego vixero.

Juxta crucem tecum stare,
te libenter sociare
in planctu desidero.

Virgo virginum praeclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.

9. Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.

Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du crucifié,
Tant que je vivrai !

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

10. Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.

Fac me plagis vulnerari,
cruce hac inebriari
ob amorem Filii.

10. Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.

Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l’ivresse
Du sang versé par ton Fils.

11. Inflammatus et accensus
per te, Virgo, sim defensus
in die judicii.

Fac me cruce custodiri,
morte Christi praemuniri,
confoveri gratia.

11. Je crains les flammes éternelles;
O Vierge, assure ma tutelle
A l’heure de la justice.

Fais que la croix soit ma protection,
La mort du Christ ma garantie,
sa grâce mon soutien.

12. Quando corpus morietur
fac ut animae donetur
Paradisi gloria.
Amen.
12. À l’heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

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