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Vendredi 20 février 2009

La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 2ème partie (11-19)


La Cène par Juan de Juanes (source: Wikipedia)

La Cène par Juan de Juanes (source: Wikipedia)


A la suite de l’article précédent, nous écoutons maintenant la deuxième partie de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Jean-Sébastien Bach (1685 - 1750), qui comprend l’épisode du dernier repas du Christ, c’est-à-dire les numéros 11 à 19.

On pourra se reporter à l’introduction à la Passion selon saint Matthieu ou à l’étude de la première partie de l’œuvre (chœur d’introduction et épisode du “Parfum dépensé”).

On appelle cène le dernier repas pris par le Christ avec les douze disciples le soir avant la Pâque juive, c’est-à-dire la veille de sa crucifixion ; le mot provient du latin cena (repas du soir). On pourra se reporter à l’article de Wikipédia pour avoir plus d’information sur la cène, en particulier sa représentation dans l’art et son rôle religieux. On la retrouve dans l’évangile de saint Matthieu, 26:14-35.

11. Récitatif : “Da ging hin der Zwölfen einer”

La trahison de Judas (Mt 26:14-16)

D’après les évangiles synoptiques, Judas Iscariot était le dernier des douze disciples et assurait le rôle de trésorier de leur communauté ; pour cette raison, et bien entendu en référence au salaire de sa trahison, Judas est très souvent représenté tenant une bourse (voir Juan de JuanesLéonard de Vinci).

Judas est devenu dans la culture chrétienne l’image du traître, par son baiser désignant Jésus aux soldats venus l’arrêter et son iconographie courante en jaune a associé cette couleur à la traîtrise. Notons cependant que dans la culture chrétienne Judas n’est pas directement responsable de la mort du Christ, puisque les grands-prêtres avaient décidé d’arrêter celui-ci d’une manière ou d’une autre ; il est donc à ce titre considéré comme le moyen par lequel Jésus a été livré, mais non celui qui en a causé la mort.

11. Da ging hin der Zwölfen einer
Rezitativ
– Evangelist :
Da ging hin der Zwölfen einer, mit Namen Judas Ischarioth, zu den Hohenpriestern und sprach :
– Judas :
Was wollt ihr mir geben ? Ich will ihn euch verraten.
– Evangelist :
Und sie boten ihm dreißig Silberlinge. Und von dem an suchte er Gelegenheit, daß er ihn verriete.
Récitatif
– L’évangéliste :
Il advint que l’un des Douze, nommé Judas Iscariot, vit les chefs des prêtres, et dit :
– Judas :
Quel est mon salaire si je vous livre l’homme ?
– L’évangéliste :
Ils convinrent du prix de trente deniers. Et puis, il chercha le meilleur moment pour livrer Jésus.

12. Aria (soprano) : “Blute nur, du liebes Herz !”

Cet aria de forme da capo (reprise intégrale de l’air) vient commenter la trahison de Judas ; on notera qu’il n’est pas introduit par un arioso comme les autres arias, certainement à cause de son assocation avec la trahison de Judas.

12.Blute nur, du liebes Herz !
Arie (sopran)
Blute nur, du liebes Herz !
Ach, ein Kind, das du erzogen,
Das an deiner Brust gesogen,
Droht den Pfleger zu ermorden,
Denn es ist zur Schlange worden.
Aria (soprano)
Brise-toi, ô tendre cœur !
C’est, hélas, ton fils lui-même
Qui conspire pour te perdre,
Qui prépare ton supplice
Et qui lâchement te livre.

13. Récitatif : “Aber am ersten Tage der süßen Brot”

La préparation de Pâques (Mt 26:17)

Rappelons que manger la pâque signifie manger l’agneau pascal afin de célébrer la traversée de la mer Rouge des Hébreux ; du sang d’agneau peint sur les portes avait sauvé les nouveaux-nés en Égypte, Dieu ayant auparavant demandé à Moïse que chaque famille immole un agneau.

13. Aber am ersten Tage der süßen Brot
Rezitativ
– Evangelist :
Aber am ersten Tage der süßen Brot traten die Jünger zu Jesu und sprachen zu ihm :
Récitatif
– L’évangéliste :
Mais, le moment venu de manger la Pâque, les Douze vinrent vers Jésus, et dirent ceci :

14. Chœur : “Wo willst du”

On retrouve ici un choeur spontané très court.

14. Wo willst du
Chor
Wo willst du, daß wir dir bereiten, das Osterlamm zu essen ?
Chœur
Où Maître, faut-il donc nous rendre pour préparer la Pâque ?

15. Récitatif : “Er sprach”

Mt 26:18-22

Toujours auréolé du continuo et du quatuor à cordes, Jésus envoie ses disciples à la ville; lors du repas de la Pâque, il révèle aux disciples déconcertés que l’un d’entre-eux le livrera sous peu ; ceux-ci interviennent alors successivement dans un choeur spontané pour demander au Christ s’il s’agit d’eux. La question est posée à onze reprises, Bach symbolisant l’absence de question de la part de Judas.

15. Er sprach
Rezitativ
– Evangelist :
Er sprach :
– Jesus :
Gehet hin in die Stadt zu einem und sprecht zu ihm : Der Meister läßt dir sagen : Meine Zeit ist hier, ich will bei dir die Ostem halten mit meinen Jüngern .
– Evangelist :
Und die Jünger taten, wie ihnen Jesus befohlen hatte, und bereiteten das Osterlamm. Und am Abend setzte er sich zu Tische mit den Zwölfen. Und da sie aßen, sprach er :
– Jesus :
Wahrlich, ich sage euch : einer unter euch wird mich verraten.
– Evangelist :
Und sie wurden sehr betrübt und huben an, ein jeglicher unter ihnen, und sagten zu ihm :
– Chor :
Herr, bin ich’s ?
Récitatif
– L’évangéliste :
Il dit :
– Jésus :
Allez à la ville chez un tel et vous lui direz : Le Maître te fait dire : Mon heure est venue, je veux faire chez toi la Pâque avec mes disciples.
– L’évangéliste :
Les disciples firent comme le Maître l’avait prescrit, et Jésus vint pour la Pâque. Et le soir venu, tandis qu’il mangeait avec les Douze, il leur dit ces paroles :
– Jésus :
Sachez en vérité que par l’un de vous ma mort s’apprête !
– L’évangéliste :
Affligé dans son esprit et anxieux, chacun des disciples dit tour à tour à Jésus :
– Chœur des disciples :
Moi, Seigneur ?

16. Choral : “Ich bin’s, ich sollte büßen”

Ce choral exprime l’acceptation par l’humanité chrétienne entière de la responsabilité dans la mort du Christ. Il provient de la 5ème strophe du cantique O Welt, sieh hier dein Leben de Paul Gerhardt (1607 - 1676).

16. Ich bin’s, ich sollte büßen
Choral
Ich bin’s, ich sollte büßen,
An Händen und an Füßen
Gebunden in der Höll.
Die Geißeln und die Banden,
Und was du ausgestanden,
Das hat verdienet meine Seel.
Choral
C’est moi, c’est moi, le traître,
Indigne d’un tel Maître,
J’ai mérité la mort.
Enfer, viens de ta flamme
Purifier mon âme,
Sous les tourments briser mon corps.

17. Récitatif : “Er antwortete und sprach”

Mt 26:23-29

On trouve ici l’un des plus beaux récitatifs de l’œuvre, en arioso pour la deuxième partie chantée par Jésus.

Par des mots terribles, Jésus annonce un destin douloureux au traître (Judas se suicidera après la trahison), et confirme à Judas qu’il sera livré par lui sur un : “Du sagest’s” (”Tu le dis toi-même”) dramatique, particulièrement accentué par la descente du quatuor à cordes.

Dans la deuxième partie du récitatif, Jésus prononce les célèbres paroles du sacrement de l’Eucharistie (célébration du sacrifice du Christ), accompagné par les cordes ayant évolué d’un rôle harmonique à un rôle mélodique. Ce passage du récitatif secco à l’arioso est voulu par Bach pour donner une valeur particulière aux paroles du Christ.

17. Er antwortete und sprach
Rezitativ
– Evangelist :
Er antwortete und sprach :
– Jesus :
Der mit der Hand mit mir in die Schüssel tauchet, der wird mich verraten. Des Menschen Sohn gehet zwar dahin, wie von ihm geschrieben stehet ; doch wehe dem menschen, durch welchen des Menschen Sohn verraten wird ! Es wäre ihm besser, daß derselbige Mensch noch nie geboren wäre.
– Evangelist :
Da antwortete Judas, der ihn verriet, und sprach :
– Judas :
Bin ich’s, Rabbi ?
– Evangelist :
Er sprach zu ihm :
– Jesus :
Du sagest’s.
– Evangelist :
Da sie aber aßen, nahm Jesus das Brot, dankete und brach’s und gab’s den Jüngern und sprach :
– Jesus :
Nehmet, esset, das ist mein Leib.
– Evangelist :
Und er nahm den Kelch und dankete, gab ihnen den und sprach :
– Jesus :
Trinket alle daraus ; das ist mein Blut des neuen Testaments, welches vergossen wird für viele zur Vergebung der Sünden. Ich sage euch: Ich werde von nun an nicht mehr von diesem Gewächs des Weinstocks trinken, bis an den Tag, da ich’s neu trinken werde mit euch in meines Vaters Reich.
Récitatif
– L’évangéliste :
Voici ce qu’il répondit :
– Jésus :
Qui met sa main au plat avec la mienne, celui-là me livre. Le Fils de l’homme doit vous quitter, les Prophètes vous l’annoncent ; mais malheureux l’homme, par qui le Fils de l’homme sera livré ! Car pour celui-là, il aurait mieux valu ne pas venir au monde .
– L’évangéliste :
A ces mots, le disciple qui le livrait lui dit :
– Judas :
Est-ce moi, Rabbi ?
– L’évangéliste :
Il répondit :
– Jésus :
Toi-même.
– L’évangéliste :
Pendant qu’ils mangeaient, ayant pris du pain, Jésus le rompit, et rendant grâce, il leur dit :
– Jésus :
Prenez, mangez, voici mon corps.
– L’évangéliste :
Puis il prit la coupe et rendit grâce ; et dit, la leur offrant :
– Jésus :
Buvez tous de ceci, car c’est mon sang, le sang de l’alliance versé pour toute la terre, pour le salut des âmes. Je vous le dis : les temps sont venus, et jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne, avant le jour où, là-haut, avec vous, j’en boirai près du trône éternel.

18. Récitatif (soprano) : “Wie wohl mein Herz in Tränen schwimmt”

Arioso plaintif accompagné par deux hautbois d’amours.

18. Wie wohl mein Herz in Tränen schwimmt
Rezitativ (sopran)
Wie wohl mein Herz in Tränen schwimmt,
Daß Jesus von mir Abschied nimmt,
So macht mich doch sein Testament erfreut :
Sein Fleisch und Blut, o Kostbarkeit,
Vermacht er mir in meine Hände.
Wie er es auf der Welt mit denen Seinen
Nicht böse können meinen
So liebt er sie bis an das Ende.
Récitatif (soprano)
Comment ne pas gémir, mon coeur,
Quand Jésus loin de moi s’en va ?
Son Testament est désormais ma joie :
Sa chair, son sang, trésors sans prix,
A moi, pécheur, il les confie.
Ainsi qu’il détourna sur cette terre
Du mal ceux qu’il aimait,
Il veillera sur eux sans cesse.

19. Aria (soprano) : “Ich will dir mein Herze schenken”

Les hautbois d’amour restent présents dans cet air d’adoration de Jésus, dont le ton joyeux n’a rien de comparable avec les plaintes du numéro précédent.

19. Ich will dir mein Herze schenken
Aria (sopran)
Ich will dir mein Herze schenken,
Senke dich, mein Heil, hinein.
Ich will mich in dir versenken ;
Ist dir gleich die Welt zu klein,
Ei, so sollst du mir allein
Mehr als Welt und Himmel sein.
Aria (soprano)
Sur mon cœur qui veut te plaire
Penche-toi jusqu’à lui, mon Bien-Aimé !
En tes bras, je m’abandonne,
Et toi dont le monde est plein,
Si tu m’aimes, il n’y a rien de plus beau
Sur la terre et dans les cieux.

Les numéros de cette deuxième partie de l’œuvre sont disponibles à l’écoute ici ; pour en écouter la suite on lira l’article sur la scène de la veillée et l’arrestation au mont des Oliviers, sinon pourra revenir à l’article général sur la Passion selon saint Matthieu.

Voici une sélection d’interprétations de la passion selon saint Matthieu, parmi lesquelles se trouve la version Karl Richter en écoute sur ce site :

  1. Version Philippe Herreweghe - Collegium Vocale Gent (avec Andreas School) : comme toujours la version Herreweghe est un enregistrement de grande qualité sonore, dans une version très dynamique
  2. Version Karl Richter : cette version de 1958 est celle qui est en écoute sur le site ; malgré l’âge, la qualité sonore reste très bonne ; cette sublime version annonce la redécouverte romantique des œuvres baroques dans la 2ème moitié du 20ème siècle. A posséder !
  3. Version Herbert von Karajan - Berliner Philharmoniker : une version “controversée” et déroutante mais cependant appréciée de beaucoup ; tempo très lent, sonorités éloignées de la musique baroque, etc.
  4. Version Klemperer : version plus romantique que baroque, mais d’une grandeur fascinante

Le livret de l’œuvre (textes + traduction en français) est disponible en PDF : Livret et traduction de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach (source: Ensemble Orchestral de Paris). Comme toujours, les musiciens trouveront partitions libres de droit (au format PDF) et fichiers MIDI de l’oeuvre en téléchargement sur le site de l’IMSLP (http://www.imslp.org/wiki/St._Matthew_Passion,_BWV_244_(Bach,_Johann_Sebastian)), et surtout sur la Choral Public Domain Library : http://www.cpdl.org/wiki/index.php/Matth%C3%A4uspassion%2C_BWV_244_(Johann_Sebastian_Bach).


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Jeudi 19 février 2009

La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 1ère partie (1-10)


Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)


Cet article fait suite à l’introduction générale à la Passion selon saint Matthieu de Bach. Nous commencerons notre analyse détaillée de l’œuvre par une première partie comprenant la chœur d’introduction et tout l’épisode du “parfum dépensé”, c’est-à-dire les 10 premiers numéros (Parfum Répandu sur sa Tête à Béthanie - St. Matthieu 26, 1-13).

Précisons d’emblée que nous n’avons ni l’ambition ni les connaissances pour présenter ici une analyse musicologique de l’œuvre ; ces articles constitueront plutôt une écoute approfondie accompagnée de commentaires et traductions, accessible à tous.

1. Chœur d’introduction : “Kommt, ihr Töchter, helft mir klagen” (“Venez, Ô vous, mes filles, et pleurez avec moi”)

Ce célèbre et sublime chœur symphonique, d’une durée conséquente (environ 10 minutes), est un véritable prélude à l’œuvre ; il amène toute la symbolique religieuse de la passion en plaçant les fidèles dans le drame qui va être décrit par des interpellations directes.

Il comporte trois chœurs distincts :

  1. un premier chœur symbolisant la Fille de Sion demandant à la foule de contempler le Christ
  2. un deuxième chœur, la “foule”, se contentant de poser des questions (en italique dans les paroles ci-dessous)
  3. enfin un troisième chœur, constitué d’enfants (Knabenchor), qui vient superposer au dialogue entre les deux premiers chœurs le choral “O Lamm Gottes unschuldig” (“Agneau de Dieu sans tache”), dont la première strophe provient de l’Agnus Dei allemand de Nikolaus Decius (1522) ; le choral semble planer au-dessus des deux chœurs, symbolisant le rapport de la divinité à l’humanité.
1. Kommt, ihr Töchter, helft mir klagen
Chor mit choral
– Chor
Kommt, ihr Töchter, helft mir klagen,
Sehet – Wen ? – den Bräutigam.
Seht ihn – Wie ? – als wie ein Lamm.
Sehet, - Was ? – seht die Geduld,
Seht – Wohin ? – auf unsre Schuld ;
Sehet ihn aus Lieb und Huld
Holz zum Kreuze selber tragen.

– Choral (Knabenchor)
O Lamm Gottes unschuldig
Am Stamm des Kreuzes geschlachtet,
Allzeit erfund’n geduldig,
Wiewohl du warest verachtet.
All Sünd hast du getragen,
Sonst müßten wir verzagen.
Erbarm dich unser, o Jesu !

Chœur et choral
– Chœur
Viens, ô peuple, vois mes larmes,
C’est lui ! – Qui ? – Ton fiancé.
Voyez ! – Quoi ? – L’agneau divin.
Voyez ! – Quoi ? – Vois sa douceur.
Voyez ! – Quoi ? – Vois nos péchés.
Voyez tous le Bien-Aimé
Sur la route du calvaire.

– Choral (Chœur d’enfants)
Dieu, quand sous la croix tu défailles,
Tu pries encore pour ceux
Qui t’ont frappé,
Qui te raillent.
Ô Christ, Sauveur des âmes,
Espoir, divine flamme.
Nos voix t’implorent, ô Jésus !

On perçoit aisément le rôle de cette ouverture, qui interpelle les fidèles pour leur rappeler que dans le drame qui va suivre Jésus va être sacrifié afin de les racheter.

2. Récitatif (sauf mention explicite tous les récitatifs proviennent de l’évangile) : “Da Jesus diese Rede vollendet hatte” (”Lorsque Jésus eut fini son discours”)

Le Christ prédit qu’il sera crucifié lors de la Pâque, fête juive (Mt 26:1-2).

Il est intéressant de noter que le récitatif de Jésus est accompagné par un quatuor à cordes, au contraire du récitatif introductif de l’évangéliste qui a le soutien du seul continuo. Cette caractéristique des récitatifs de Jésus, qui sont en quelque sorte auréolés du soutien des cordes, est propre à la Passion selon saint Matthieu et permet à coup sûr de la distinguer de la Passion selon saint Jean de Bach. Pour être très précis, le quatuor à cordes est n’est absent dans l’œuvre que lors de ses dernières paroles (“Eli, Eli, lama asabthani ?”, “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?”).

2. Da Jesus diese Rede vollendet hatte
Rezitativ
– Evangelist :
Da Jesus diese Rede vollendet hatte, sprach er zu seinen Jüngern :
– Jésus :
Ihr wisset, daß nach zweien Tagen Ostern wird, und des Menschen Sohn wird überantwortet werden, daß er gekreuziget werde.
Récitatif
– L’évangéliste :
Et Jésus acheva toutes ces paroles, puis dit à ses disciples :
– Jésus :
Et voici que la Pâque aura lieu dans deux jours, et qu’alors sera livré le Fils de l’homme, afin qu’il meure en croix.

3. Choral : “Herzliebster Jesu, was hast du verbrochen” (“Jésus bien-aimé, quel est donc ton crime ?”)

Ce premier choral est une réaction des fidèles aux paroles du Christ annonçant qu’il sera crucifié ; comme un commentaire, il est complètement asynchrone au drame et se place sur un plan méditatif.

Le texte, opposant l’amour et les souffrance de Jésus Christ, constitue la première strophe d’un lied de Johann Heermann (1585 - 1647) datant de 1630. Notons que l’on retrouvera des extraits d’autres strophes de ce lied aux numéros 25 (3ème strophe) et 55 (4ème strophe), ainsi que dans la Passion selon saint Jean, dans laquelle la 7ème strophe de Herzliebster Jesu constitue le texte du 1er choral (”O grosse Lieb”). La mélodie du choral serait de Johann Crüger (1598 - 1662), l’harmonisation des voix autour de la mélodie étant de Bach pour chacun des chorals.

Enfin, les oreilles attentives pourront constater avec intérêt le rapport de l’harmonisation au texte, en particulier sur les mots “verbrochen” (faillir), “Urteil” (jugement) et “Missetaten” (péché) (plus de détails sur ce site).

3. Herzliebster Jesu, was hast du verbrochen
Choral
Herzliebster Jesu, was hast du verbrochen,
Daß man ein solch hart Urteil hat gesprochen ?
Was ist die Schuld, in was für Missetaten
Bist du geraten ?
Choral
Ô divin maître, quel fut donc ton crime
Pour mériter un si cruel supplice ?
De quel péché, de quel forfait infâme
Es-tu coupable ?

4.Récitatif : “Da versammleten sich die Hohenpriester” (”Alors se réunirent les grands-prêtres”)

Les scribes et les grands-prêtres conspirent afin de faire mourir Jésus (Mt 26:3-5).

Ils cherchent à se débarrasser de lui car ils estiment sa renommée grandissante peut nuire à l’équilibre qu’ils ont trouvé avec l’occupant romain ; celui-ci chercherait bien sûr à reprendre tous les pouvoirs en cas de soulèvement du peuple.

4. Da versammleten sich die Hohenpriester
Rezitativ
– Evangelist :
Da versammleten sich die Hohenpriester und Schriftgelehrten und die Ältesten im Volk in dem Palast des Hohenpriesters, der da hieß Kaiphas, und hielten Rat, wie sie Jesum mit Listen riffen und töteten. Sie sprachen aber :
Récitatif
– L’évangéliste :
Et alors s’assemblèrent les docteurs et les chefs des prêtres et les plus anciens des Juifs dans la demeure du grand prêtre nommé Caïphe, pour décider comment prendre Jésus par ruse et le tuer. Mais ils se dirent :

5. Chœur des Juifs : “Ja nicht auf das Fest” (”Pas un jour de fête”)

Ce chœur est un choeur de turba (la foule), à bien distinguer des grands chœurs - introduction et final - et bien entendu des chorals. Il s’inscrit à l’intérieur de la narration pour illustrer les préoccupations des conspirateurs ; à l’opposée de la douceur du choral “Herzliebster Jesu”, il s’agit là d’un choeur brutal et rapide chanté en canon par les deux choeurs, qui va en s’amplifiant.

Ces chœurs “spontanés” sont en général assez courts, et de ce fait parfois réunis dans une même piste avec les récitatifs voisins sur les éditions CD des œuvres, alors qu’il s’agit bien de numéros différents ; on se référera donc plutôt au texte des numéros pour s’y retrouver (c’est d’ailleurs pour cette raison que l’on intitule les récitatifs de leurs premiers mots).

5. Ja nicht auf das Fest
Chor
Ja nicht auf das Fest, auf daß nicht ein Aufruhr werde im Volk.
Chœur
Ce n’est pas un jour de fête, qu’il peut s’élever des troubles, qu’une émeute peut éclater.

6. Récitatif : “Da nun Jesus war zu Bethanien” (”Pendant ce temps Jésus était à Béthanie”)

Jésus à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux, se fait arroser le front d’un coûteux parfum (Mt 26:6-8).

Encore un exemple des récitatifs secco de l’évangéliste, puisque l’accompagnement est constitué d’accords qui ne sont pas tenus, à l’inverse de ceux de Jésus qui sont accompagnés par un continuo à l’orgue, en sus des cordes du quatuor.

6. Da nun Jesus war zu Bethanien
Rezitativ
– Evangelist :
Da nun Jesus war zu Bethanien, im Hause Simonis des Aussätzigen, trat zu ihm ein Weib, das hatte ein Glas mit köstlichem Wasser und goß es auf sein Haupt, da er zu Tische saß. Da das seine Jünger sahen, wurden sie unwillig und sprachen :
Récitatif
– L’évangéliste :
Or Jésus étant à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, portant dans un vase un rare parfum et, s’approchant de lui, en arrosa son front. Voyant le parfum s’épandre, les disciples s’écrièrent :

7. Chœur des disciples : “Wozu dienet dieser Unrat ?” (”Pourquoi perdre ce parfum ?”)

Seul le premier chœur participe à ce chœur de turba, qui met en scène les disciples de Jésus bêtement indignés par ce gaspillage de parfum coûteux. Leurs exclamations sont insistantes (“Wozu ? Wozu ? Wozu ?” = “A quoi bon ? …”), mais se succèdent sur la même mélodie, donnant une sensation d’unité dans l’opinion des disciples.

7. Wozu dienet dieser Unrat ?
Chor
Wozu dienet dieser Unrat ? Dieses Wasser hätte mögen teuer verkauft und den Armen gegeben werden.
Chœur
Ce parfum, pourquoi le perdre ? N’était-il pas préférable
qu’avec son prix on eût fait quelque aumône
aux pauvres ?

8. Récitatif : “Da das Jesus merkete” (”Jésus le remarqua”)

Jésus défend la femme au parfum (Mt 26:10-13).

On remarquera les phrases descendantes dans le récitatif de Jésus, rappelant la prédiction irrévocable de sa mort prochaine : “mich aber habt ihr nicht allezeit” (”mais moi bientôt je vous quitterai“), puis sur “dass man mich begraben wird” (”parce que l’on doit bientôt me mettre au tombeau”) ; la troisième phrase est introduite par l’un de ces “Wahrlich, ich sage euch” (”En vérité je vous le dis”) que l’on retrouve tout au long de l’œuvre (et dans l’évangile) lors des “sentences” de Jésus.

8. Da das Jesus merkete
Rezitativ
– Evangelist :
Da das Jesus merkete, sprach er zu ihnen :
– Jesus :
Was bekümmert ihr das Weib ? Sie hat ein gut Werk an mir getan. Ihr habet allezeit Arme bei euch, mich aber habt ihr nicht allezeit. Daß sie dies Wasser hat auf meinen Leib gegossen, hat sie getan, daß man mich begraben wird. Wahrlich, ich sage euch : Wo dies Evangelium geprediget wird in der ganzen Welt, da wird man auch sagen zu ihrem Gedächtnis, was sie getan hat.
Récitatif
– L’évangéliste :
Jésus, entendant leurs cris, dit ces paroles :
– Jésus :
Qu’avez vous à l’attrister ? A cette femme, je sais bon gré : il y aura bien des pauvres toujours ; mais moi, bientôt, je vous quitterai. En arrosant mon corps de cette eau parfumée, elle a pris soin de ma sépulture proche. Vraiment, je vous le dis : partout où l’on prêchera la bonne nouvelle dans l’univers, partout on saura ce que cette femme a fait pour moi.

9. Récitatif d’alto (récitatif basé sur un texte libre) : “Du lieber Heiland du” (”Ô bien-aimé Sauveur”)

Premier récitatif sur un texte libre, c’est-à-dire ne provenant pas de l’évangile de saint Matthieu. C’est un arioso, intermédiaire entre récitatif et air ; on en retrouvera tout au long de l’œuvre, dans laquelle ils jouent un rôle de transition vers l’air qui suit. Celui-ci est accompagné de deux flûtes et du continuo ; il symbolise la contemplation anonyme d’une fidèle.

9. Du lieber Heiland du
Rezitativ (alt)
Du lieber Heiland du,
Wenn deine Jünger töricht streiten,
Daß dieses fromme Weib
Mit Salben deinen Leib
Zum Grabe will bereiten
So lasse mir inzwischen zu,
Von meiner Augen Tränenflüssen
Ein Wasser auf dein Haupt zu gießen !
Récitatif (alto)
Ô Bien-Aimé Sauveur,
Les tiens, dans leur aveugle zèle,
Auraient blessé la main
Qui prépara ton corps
Pour la funèbre couche ;
Oh ! laisse-moi verser aussi
Ce flot de larmes,
Et sur ton front divin l’épandre.

10. Air d’alto : Buß und Reu knirscht das Sündenherz entzwei” (”Pénitence et repentir me brisent le coeur”)

On retrouve les deux flûtes de l’arioso précédent, pour une division en motifs A B A (aria da capo) ; le chant comme les instruments illustrent les larmes qui tombent par leurs descentes.

10. Buß und Reu knirscht das Sündenherz entzwei
Arie (alt)
Buß und Reu
Knirscht das Sündenherz entzwei,
Daß die Tropfen meiner Zähren
Angenehme Spezerei,
Treuer Jesu, dir gebären.
Aria (alto)
Torturé, accablé
Sous le poids de ses remords, vois mon coeur.
Goutte à goutte que mes larmes,
Comme un pur et doux parfum
Sur ta tête se répandent, divin Maître.

Les 10 premiers numéros de l’œuvre sont disponibles à l’écoute ici ; pour écouter la suite, on pourra revenir à l’article général sur la Passion selon saint Matthieu ou accéder directement à l’article sur “Le dernier repas” (numéros 11 à 19).

Voici une sélection d’interprétations de la passion selon saint Matthieu, parmi lesquelles se trouve la version Karl Richter en écoute sur ce site :

  1. Version Philippe Herreweghe - Collegium Vocale Gent (avec Andreas School) : comme toujours la version Herreweghe est un enregistrement de grande qualité sonore, dans une version très dynamique
  2. Version Karl Richter : cette version de 1958 est celle qui est en écoute sur le site ; malgré l’âge, la qualité sonore reste très bonne ; cette sublime version annonce la redécouverte romantique des œuvres baroques dans la 2ème moitié du 20ème siècle. A posséder !
  3. Version Herbert von Karajan - Berliner Philharmoniker : une version “controversée” et déroutante mais cependant appréciée de beaucoup ; tempo très lent, sonorités éloignées de la musique baroque, etc.
  4. Version Klemperer : version plus romantique que baroque, mais d’une grandeur fascinante

Le livret de l’œuvre (textes + traduction en français) est disponible en PDF : Livret et traduction de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach (source: Ensemble Orchestral de Paris). Comme toujours, les musiciens trouveront partitions libres de droit (au format PDF) et fichiers MIDI de l’oeuvre en téléchargement sur le site de l’IMSLP (http://www.imslp.org/wiki/St._Matthew_Passion,_BWV_244_(Bach,_Johann_Sebastian)), et surtout sur la Choral Public Domain Library : http://www.cpdl.org/wiki/index.php/Matth%C3%A4uspassion%2C_BWV_244_(Johann_Sebastian_Bach).


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Lundi 16 février 2009

La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, approche générale


Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Nous entamons aujourd’hui une série de plusieurs articles autour des Passions de Jean-Sébastien Bach, en commençant par une première partie autour de la Passion selon saint Matthieu. Rappelons pour commencer que les passions, ou oratorios de la Passion, sont des oratorios sacrés relatant l’histoire de la mort de Jésus : le dernier repas (la cène), la veillée, l’arrestation, l’interrogatoire et enfin la crucifixion. Notons que le mot “passion” est à comprendre son l’acception ancienne, c’est-à-dire dérivée du latin patior qui signifie endurer, souffrir et éprouver des états dans lesquels l’individu est passif. Le mot a ensuite dérivé pour arriver au mot actuel signifiant que l’on a une émotion indépendante de soi (une passion pour quelque chose). De nombreuses passions ont été écrites dans l’histoire de la musique, mais les plus connues restent celles composées lors de la période baroque : Schütz (1660, trois passions), Haendel (3 passions), Bach (4 passions, dont seulement 2 nous sont parvenues intégralement) ou encore Telemann (52 passions !). Par la suite, plusieurs compositeurs ont bien entendu écrit des œuvres sur la passion du Christ, mais aucune n’est aussi célèbre que les œuvres baroques. Jean-Sébastien Bach (1685 - 1750) a écrit une passion selon chaque évangile, mais seules celles d’après saint Matthieu (BWV 244) et saint Jean (BWV 245) nous sont véritablement parvenues ; la passion selon saint Luc (BWV 246) que l’on peut trouver dans des éditions commerciales aurait été faussement attribuée à Bach, tandis que de la passion selon saint Marc jouée de nos jours (BWV 247) serait bien de Bach mais seul un mouvement aurait vraiment survécu au temps, le reste ayant été ajouté ou arrangé. Comme les passions selon saint Jean et saint Matthieu sont particulièrement abouties, on les considère en général comme les seules véritables œuvres de ce genre écrites par Bach. Par ailleurs, elles ont profité d’un regain d’intérêt lors de la période romantique qui les a placées comme des œuvres de références dans leur genre, dans la musique sacrée, voire dans la musique en général. Pour beaucoup d’amateurs, la passion selon saint Matthieu fait indéniablement partie des plus belles œuvres jamais composées (comme beaucoup de musiques présentées sur ce site !).

Panneau du chemin de croix d’Albrecht Altdorfer, env. 1509-1516 (source: Wikipedia)

Panneau du chemin de croix d’Albrecht Altdorfer, env. 1509-1516 (source: Wikipedia)

Nous présenterons dans l’article d’aujourd’hui la passion selon saint Matthieu dans son ensemble, sans vraiment entrer dans la structure ou les détails ; les prochains articles présenteront les différentes parties de l’œuvre, puis nous écouterons la passion selon saint Jean ; enfin ces passions seront “comparées” dans un autre article. La passion selon saint Matthieu a donc été composée entre 1727 et 1729 et aurait été créée à l’occasion du Vendredi Saint le 15 avril 1729. Les allemands la connaissent sous le nom Matthaüspassion, tandis que le manuscrit comporte le titre en latin Passio Domini nostri Jesu Christi secundum Evangelistam Matthaeum. Portant une émotion peu appréciée par la piété austère du public de l’église saint Thomas de Leipzig où Bach officia de 1723 à sa mort en 1750, l’œuvre fût oubliée durant près de 100 ans avant d’être re-créée avec un grand succès par Félix Mendelssohn en 1829 à Berlin. De nos jours, tous les grands chefs d’orchestre ont joué cette œuvre ; il s’agit d’une œuvre monumentale qui dure presque 2h45, articulée autour du récit de saint Matthieu, chanté sous forme d’une psalmodie par un ténor (l’Evangéliste). Autour de ce récit sont construits différents types de mouvements :

  • les grands chœurs (introduction et final), destinés à introduire le drame à l’auditeur et à conclure l’œuvre
  • les chorals : chantés par l’ensemble des choristes , ils symbolisent les pensées de croyants ayant compris le récit ; les chorals de la passion selon saint Matthieu sont écrits par le librettiste Picander.
  • les airs (ou arias) : chantés par les différents personnages lors des tournants du récit, sont généralement introduits dans le récit de l’évangéliste par un récitatif psalmodié ; ils ont pour rôle de décrire les émotions des protagonistes du drame.
  • les chœurs “spontanés” : s’inscrivant totalement dans le récit de l’évangéliste, ils symbolisent les réactions de la turba, c’est-à-dire la foule, généralement des soldats ou du peuple juif. Les chœurs de turba se différencient parfaitement des chorals par leur forme beaucoup plus spontanée et beaucoup moins douce. Ils sont souvent très courts mais certains recèlent de véritables merveilles cachées (ex. “Wahrlich dieser ist Göttes Sohn gewesen” dans la dernière partie de l’œuvre qui sont parmi les plus belles mesures jamais composées). Nous reviendrons sur ces chœurs dans l’étude détaillée des parties de l’œuvre.

Notons que Bach a composé la passion pour deux chœurs, qui chantent soient de manière séparée, soit ensemble, soit à l’unisson ; on remarquera particulièrement leur présence dans le premier grand chœur d’introduction. La passion se divise en plusieurs grands épisodes autour de deux grands chœurs célèbres (introduction et final).

  1. L’épisode du parfum (2 à 10)
  2. La cène (le dernier repas) (11 à 19)
  3. La veillée et l’arrestation au mont des Oliviers (20 à 35)
  4. L’interrogatoire de Jésus et le reniement de Pierre (36 à 48)
  5. La condamnation (49 à 61)
  6. La crucifixion (62 à 78)

Le découpage généralement admis en deux parties sépare les 3 premières scènes des trois suivantes. Chacun des épisodes sera commenté en détail dans les articles à venir, mais en attendant nous vous invitons à écouter l’œuvre dans sa quasi-intégralité dans une belle version dirigée par Karl Richter (les plus pressés pourront n’écouter que le premier et le dernier chœur, qui devraient leur donner envie d’écouter le reste !) :

Voici une sélection d’interprétations de la passion selon saint Matthieu, parmi lesquelles se trouve la version Karl Richter en écoute sur ce site :

  1. Version Philippe Herreweghe - Collegium Vocale Gent (avec Andreas School) : comme toujours la version Herreweghe est un enregistrement de grande qualité sonore, dans une version très dynamique
  2. Version Karl Richter : cette version de 1958 est celle qui est en écoute sur le site ; malgré l’âge, la qualité sonore reste très bonne ; cette sublime version annonce la redécouverte romantique des œuvres baroques dans la 2ème moitié du 20ème siècle. A posséder !
  3. Version Herbert von Karajan - Berliner Philharmoniker : une version “controversée” et déroutante mais cependant appréciée de beaucoup ; tempo très lent, sonorités éloignées de la musique baroque, etc.
  4. Version Klemperer : version plus romantique que baroque, mais d’une grandeur fascinante

Le livret de l’œuvre (textes + traduction en français) est disponible en PDF : Livret et traduction de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach (source: Ensemble Orchestral de Paris). Comme toujours, les musiciens trouveront partitions libres de droit (au format PDF) et fichiers MIDI de l’oeuvre en téléchargement sur le site de l’IMSLP (http://www.imslp.org/wiki/St._Matthew_Passion,_BWV_244_(Bach,_Johann_Sebastian)), et surtout sur la Choral Public Domain Library : http://www.cpdl.org/wiki/index.php/Matth%C3%A4uspassion%2C_BWV_244_(Johann_Sebastian_Bach).


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