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Articles marqués avec le mot-clé ‘messe’

Mardi 23 octobre 2012

Lacrymosa du Requiem de Verdi


Écoutons aujourd’hui ce sublime mouvement du Requiem de Verdi, créé en 1874 ; il s’agit du Lacrymosa, dernière partie de la prière du Dies Irae.

Lacrimósa dies illa,    Jour de larmes que ce jour-là,
qua resúrget ex favílla    où ressuscitera de la poussière
judicándus homo reus.    l’homme coupable, pour être jugé
Huic ergo parce, Deus.    Pardonne à cet homme-là, ô Dieu
Pie Jesu Dómine,    Doux Seigneur Jésus
dona eis réquiem. Amen    Donne-lui le repos. Amen


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Jeudi 30 août 2012

Requiem en ré mineur, op. 48 de Gabriel Fauré


Le Requiem de Gabriel Fauré (1845-1924) est une messe de Requiem (c’est-à-dire destinée à la liturgie d’un enterrement), composée de 1887 à 1900 (elle connaitra plusieurs versions), et exécutée pour la première fois à Paris en 1888, en l’Église de la Madeleine, dont Fauré était alors titulaire de l’orgue.

Il s’agit de l’une des œuvres les plus connues de la musique française, et probablement l’une des plus belles en musique vocale ; elle est empreinte d’une « atmosphère de douceur, émerveillement, humilité et espoir » (pour plagier Wikipédia), que l’on sent dès les premiers accords de l’introit.

Voir l’article Wikipédia


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Note: 8.1/10 (14 votes)

Mercredi 12 janvier 2011

Messe en ré majeur op.86 de Dvorák


Nous changeons d’époque pour écouter aujourd’hui une nouvelle œuvre sacrée, composée par le tchèque Antonin Dvorák (1841 - 1904) en 1887, suite à une commande privée.

Antonín Dvořák (1841 - 1904) - Source : Wikipédia

Antonín Dvořák (1841 - 1904) - Source : Wikipédia

Il s’agit de sa Messe en ré majeur opus 86, l’une de ses grandes œuvres sacrées avec le Stabat Mater op.58 et le Requiem op.89.

Cette œuvre possède une structure classique de messe et comporte 6 mouvements :

  • Kyrie
  • Gloria
  • Credo
  • Sanctus
  • Benedictus
  • Agnus Dei

Nous écoutons ici la version initiale pour orgue et chœur (par le Knabenchor Hannover - chœur de garçons de Hanovre) :

Messe en ré op. 86 de Dvorak

Messe en ré op. 86 de Dvorak, par le Knabenchor de Hanovre

Voici une courte présentation de l’œuvre, reprise du site http://www.psallette.ch/Oeuvres/dvorak.html :

Lorsqu’il se lance dans la composition de la Messe en ré majeur, Anton Dvorák répond à une commande privée du mécène Josef Hlávka, architecte, fondateur et président de l’Académie tchèque des sciences et des arts, pour la consécration de la chapelle de son château de Luzany, qui doit avoir lieu le 11 septembre 1887. À cette époque, l’œuvre de Dvorák comporte déjà plusieurs pièces sacrées (dont, notamment, le Stabat Mater et le Psaume 149), mais aucune autre messe ne parviendra jusqu’à nous. Dvorák réalise sa commande en trois semaines, entre mars et avril 1887, et, dans sa lettre de dédicace à Hlávka, la caractérise en ces termes : « Elle pourrait s’appeler Foi, Espérance et Amour du dieu tout-puissant, et action de grâces parce que j’ai pu achever cette œuvre à la gloire de l’Éternel et de l’Art. Ne soyez pas surpris de ma dévotion. Seul un artiste dévot peut engendrer une œuvre de cette sorte. Bach, Beethoven, Raphaël et beaucoup d’autres en sont la preuve. Mais c’est vous-même également que je dois remercier de m’avoir incité à écrire une œuvre de cette forme, car autrement je n’y aurais probablement jamais pensé. Jusqu’à maintenant en effet, toutes mes autres œuvres de ce genre avaient de grandes dimensions et utilisaient de grands moyens. Cette fois-ci, cependant, je me suis servi de moyens réduits, et pourtant j’ose dire que j’ai réussi ».

Si les moyens en sont réduits, c’est qu’à l’origine la Messe est conçue pour chœur mixte et orgue, n’introduisant que de rares moments solistes au fil des six sections qui la composent - Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus, Agnus dei. Elle illustre cependant parfaitement la synthèse que le compositeur a su opérer entre la musique sacrée et le sentiment populaire tchèque qui l’anime. Cinq ans après la création de la Messe sous la direction du compositeur lui-même, l’éditeur londonien de Dvorák décida d’en proposer la publication, dans une version orchestrale toutefois qui fut créée au Crystal Palace, à Londres, le 11 mars 1893, ouvrant la voie à la diffusion anglo-saxonne de l’œuvre qui s’étendit, en 1894 déjà, à New York, Minneapolis, et la Nouvelle-Orléans.


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Mardi 20 avril 2010

Grande messe en ut mineur KV 427 de Mozart


Wolfgang Amadeus Mozart (source : Wikipédia)

Wolfgang Amadeus Mozart (source : Wikipédia)

L’œuvre retenue à l’écoute aujourd’hui est souvent considérée comme le deuxième point culminant des compositions sacrées de Mozart (1756-1791), après - ou à côté de ! - son célèbre Requiem.

Si le Requiem composé sur son lit de mort en 1791 était pour lui comme une dernière offrande à Dieu, Mozart considérait sa messe en ut mineur (ou Grande Messe) écrite en 1783 comme la réalisation d’une promesse, celle d’écrire une grande œuvre sacrée pour remercier Dieu de lui avoir permis d’épouser Constance après sa maladie (août 1782). Et si l’hagiographie mozartienne a largement mis en valeur le Requiem et la terrible légende entourant sa genèse (mais ô combien fascinante pour les romantiques !), la messe en ut ne mérite pas d’être reléguée parmi  les œuvres de second plan. Car contrairement à l’ultime partition du génie autrichien, dont seulement la moitié des mouvements lui sont attribués, la messe procède intégralement de sa plume. Et le style, quoique très variable d’un mouvement à l’autre, s’en ressent sensiblement par une continuité dans la splendeur et la puissance.

L’œuvre demande un effectif conséquent, puisqu’elle est prévue pour un double choeur, un quatuor de solistes (deux sopranos, ténor et basse) et un grand orchestre. Elle est constituée d’environ une douzaine de mouvements, selon la décomposition choisie, et reprend de manière assez classique la liturgie catholique romaine de la messe : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus… série à laquelle il manque la pièce finale (Agnus Dei). En effet, l’œuvre est hélas incomplète, et non achevée (au contraire du Requiem, dont Constance fit terminer l’écriture par François-Xavier Süssmayr, élève du maître, afin d’obtenir le paiement de la commande de l’œuvre). Le Credo est également incomplet, puisqu’il nous manque tous les textes après l’air Et incarnatus est.

Voici la composition de l’œuvre :

Kyrie (choeur et soprano)
Gloria

  • Gloria in excelsis Deo (choeur)
  • Laudamus te (soprano)
  • Gratias agimus tibi (choeur)
  • Domine Jesu (soprano I et II)
  • Qui tollis (double choeur)
  • Quoniam tu solus (soprano I et II, ténor)
  • Jesu Christe (choeur)
  • Cum Sancto Spiritu (choeur)

Credo

  • Credo in unum Deum (choeur)
  • Et incarnatus est (soprano I)

Sanctus (double choeur)

Benedictus qui venit (quatuor et double choeur)
Nous ne saurions trop vous conseiller d’écouter l’œuvre entièrement tant elle renferme de beautés au détour d’un choeur, d’un air…
On reconnaitra par exemple des emprunts aux contrepoints baroques de Bach ou Haendel ; et en effet la vie de Mozart nous éclaire sur ces influences, puisqu’il venait tout juste d’approfondir l’étude de cet art et cherchait certainement à l’expérimenter. À titre d’exemple : la fugue sur le Hossanna dans les Sanctus et Benedictus qui venit, ou encore celle du Cum Sancto Spiritu. L’allusion à l’Alleluja du Messie de Haendel est assez flagrante sur la série de In excelsis déclamés par le chœur à l’unisson dans le Gloria in excelsis Deo.
Voici le texte des différents mouvements (téléchargeable ici au format PDF : texte et traduction de la messe en ut mineur de Mozart) :
Kyrie

Kyrie eléison

Christe eléison

Kyrie eléison

Kyrie

Seigneur, prends pitié

Christ, prends pitié

Seigneur, prends pitié

Gloria

Gloria in excelsis Deo

Et in terra pax hominibus bonae voluntatis.

Gloria

Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,

Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

Laudamus te.
Benedicimus te.
Adoramus te.

Glorificamus te.

Nous te louons,

Nous te bénissons,

Nous t’adorons,

Nous te glorifions.

Gratias agimus tibi

propter magnam gloriam tuam

Nous te rendons grâce,

pour ton immense gloire

Domine Deus, Rex caelestis,

Deus Pater omnipotens.

Domine Fili unigenite, Jesu Christe.

Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris,

Seigneur Dieu, Roi du ciel,

Dieu le Père tout-puissant.

Seigneur, Fils unique, Jésus Christ,

Seigneur Dieu, Agneau de Dieu,le Fils du Père.

Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram ;

qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.

Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous

Toi qui enlèves le péché du monde, reçois notre prière ;

Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous.

Quoniam tu solus Sanctus,

tu solus Dominus,

tu solus Altissimus,

Car toi seul es saint,

Toi seul es Seigneur,

Toi seul es le Très-Haut,

Jesu Christe Jésus Christ,
Cum Sancto Spiritu :

in gloria Dei Patris. Amen.

Avec le Saint-Esprit

Dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

Credo

Credo in unum Deum,

Patrem omnipotentem,

factorem caeli et terrae,

visibilium omnium et invisibilium.

Et in unum Dominum Iesum Christum,

Filium Dei unigenitum,

et ex Patre natum ante omnia saecula.

Deum de Deo,

Lumen de Lumine,

Deum verum de Deo vero,

genitum, non factum, consubstantialem Patri;

per quem omnia facta sunt.

Qui propter nos homines,

et propter nostram salutem descendit de caelis.

Credo

Je crois en un seul Dieu,

le Père tout-puissant,

créateur du ciel et de la terre,

de l’univers visible et invisible.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ,

le Fils unique de Dieu,

né du Père avant tous les siècles ;

il est Dieu, né de Dieu,

lumière, née de la lumière,

vrai Dieu, né du vrai Dieu.

Engendré, non pas créé, consubstantiel au Père,

et par lui tout a été fait.

Pour nous les hommes,

et pour notre salut, il descendit du ciel;

Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine,

et homo factus est.

Par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie,

et s’est fait homme.

Sanctus

Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus, Deus Sábaoth!

Pleni sunt caeli et terra glória Tua.

Hosánna in excélsis!

Sanctus

Saint, Saint, Saint le Seigneur, Dieu de l’univers.

Le ciel et la terre sont remplis de Ta gloire.

Hosanna au plus haut des cieux!

Benedictus

Benedictus qui venit in nómine Dómini.

Hosánna in excélsis!

Benedictus

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Hosanna au plus haut des cieux !

(Texte et traduction de la messe en ut mineur de Mozart au format PDF)

Et pour finir, de nouveau le lecteur Jiwa pour écouter l’œuvre intégralement, légalement et gratuitement !
Texte et traduction de la messe en ut mineur de Mozart au format PDF.

La version à l’écoute ici est celle du Monteverdi Choir, dirigé par Sir John Eliot Gardiner.
Vous pourrez l’acheter en CD ou au format MP3 sur Amazon, pour environ 10€ :




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Vendredi 20 mars 2009

La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 6ème partie - final (62-78)


Pieta de Rogier van der Weyden (1450)

Pieta, de Rogier van der Weyden (1450)

Nous achevons aujourd’hui notre écoute de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Jean-Sébastien Bach, avec cette 6ème et dernière partie qui compte des numéros parmi les plus beaux de l’œuvre (62 à 78). L’épisode mis en musique est celui de la crucifixion et de la mise au tombeau de Jésus.
Cet article fait suite à la 5ème partie (condamnation de Jésus par la foule) ; on pourra également revenir à l’article d’introduction à la Passion selon saint Matthieu.

62. Récitatif : “Da nahmen die Kriegsknechte”

Jésus reçoit la couronne d’épines des soldats (Mt. 27:27-30).

Le choeur de turba “Gegrüßet seist du, Judenkönig !” des soldats moqueurs est un de ces magnifiques double chœur dont l’œuvre est parsemée.

62. Da nahmen die Kriegsknechte
Rezitativ
– Evangelist :
Da nahmen die Kriegsknechte des Landpflegers Jesum zu sich in das Richthaus und sammleten über ihn die ganze Schar und zogen ihn aus und legeten ihm einen Purpurmantel an und flochten eine Dornenkrone und setzten sie auf sein Haupt und ein Rohr un seine rechte Hand und beugeten die Knie vor ihm und spotteten ihn und sprachen :
– Chor :
Gegrüßet seist du, Judenkönig !
– Evangelist :
Und speieten ihn an und nahmen das Rohr und schlugen damit sein Haupt.
Récitatif
– L’évangéliste :
Jésus fut alors amené par les soldats au milieu du prétoire. Ceux-ci s’assemblèrent autour de lui, lui prirent sa robe et d’un manteau de pourpre le revêtirent ; ils enfoncèrent sur sa tête une couronne tressée d’épines, et lui mirent un roseau en main ; puis s’inclinant profondément, ils le raillaient ainsi :
– Chœur :
Ton règne arrive, Roi d’Israël !
– L’évangéliste :
Ils crachaient sur lui, prenaient le roseau et frappaient surtout son visage.

63. Choral: “O Haupt voll Blut und Wunden”

Ce choral emprunte de nouveau les mots de Paul Gerhardt (1656), plus précisemment les deux premières strophes du cantique “O Haupt voll Blut und Wunden”, d’où proviennent également le texte du choral du numéro 21 “Erkenne mich, mein Hüter”. Bach rappelle ici la grandeur du visage de Jésus malgré les outrages qu’il subit.

63. O Haupt voll Blut und Wunden
Choral
O Haupt voll Blut und Wunden,
Voll Schmerz und voller Hohn,
O Haupt, zu Spott gebunden
Mit einer Dornenkron
O Haupt, sonst schön gezieret
Mit höchster Ehr und Zier,
Jetzt aber hoch schimpfieret,
Gegrüßet seist du mir !
Du edles Angesichte,
Vor dem sonst schrickt und scheut
Das große Weltgerichte,
Wie bist du so bespeit ;
Wie bist du so erbleichet !
Wer hat dein Augenlicht,
Dem sonst kein Licht nicht gleichet,
So schändlich zugericht’ ?
Choral
Caché sous leurs souillures,
Blêmi par la douleur
Saignant de tes blessures,
Tu gardes ta splendeur.
Au milieu des outrages,
Plus pur plus radieux,
Tu brilles ô visage,
O face de mon Dieu !
O Toi dont la stature
Fait trembler l’imposteur
Maître de la Nature,
Tu t’offres à ma douleur
Lumière incomparable,
Même aux joyaux des cieux,
O visage admirable,
Qui a éteint tes yeux ?

64. Récitatif: “Und da sie ihn verspottet hatten”

Jésus est conduit par les soldats sur le lieu du supplice (Mt. 27:31-32).

Ils croisent sur le chemin Simon de Cyrène, qui est contraint d’aider Jésus à porter la croix.

Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix (source: Wikipedia)

Simon de Cyrène aide Jésus à porter la croix (source: Wikipedia)

64. Und da sie ihn verspottet hatten
Rezitativ
– Evangelist :
Und da sie ihn verspottet hatten, zogen sie ihm den Mantel aus und zogen ihm seine Kleider an und führeten ihn hin, daß sie ihn kreuzigten. Und indem sie hinausgingen, fanden sie einen Menschen von Kyrene, mit Namen Simon ; den zwangen sie daß er ihm sein Kreuz trug.
Récitatif
L’évangéliste :
Après l’avoir ainsi raillé, ils lui ôtèrent le manteau et mirent sur lui ses vêtements pour l’emmener enfin au lieu du supplice. Et voici que sur la route vint à passer un homme de Cyrène nommé Simon, qu’ils contraignirent à porter la croix .

65. Récitatif (basse): “Ja freilich will in uns das Fleisch und Blut”

Le soliste est ici accompagné de deux flûtes et d’une viole de gambe.

65. Ja freilich will in uns das Fleisch und Blut
Rezitativ (Bass)
Ja freilich will in uns das Fleisch und Blut
Zum Kreuz gezwungen sein ;
Je mehr es unsrer Seele gut,
Je herber geht es ein.
Récitatif (basse)
Oh ! Viens sur mes épaules, sainte croix,
Et mortifie ma chair
Car la céleste joie s’obtient
Par la douleur du corps.

66. Aria (basse): “Komm, süßes Kreuz”

Le soliste basse est accompagné par un motif complexe à la viole de gambe et le continuo. Il symbolise un croyant que la foi rend prêt à affronter les souffrances.

66. Komm, süßes Kreuz
Arie (Bass)
Komm, süßes Kreuz, so will ich sagen,
Mein Jesu, gib es immer her !
Wird mir mein Leiden einst zu schwer,
So hilfst du mir es selber tragen.
Aria (basse)
Viens, douce croix,
Jésus, laisse-moi t’aider
Lorsque ma souffrance me sera trop lourde
Tu m’aideras à la porter.

67. Récitatif: “Und da sie an die Stätte kamen mit Namen Golgatha”

On lui retire ses vêtements puis Jésus est crucifié (Mt. 27:33-40). On retrouve ici la foule railleuse dans un beau double choeur.

Partage des habits de Jésus, peinture de Bernhard Strigel, 1520 (source: Wikipedia)

Partage des habits de Jésus, peinture de Bernhard Strigel, 1520 (source: Wikipedia)

Le Golgotha (ou calvaire) est une colline où les romains crucifiaient les condamnés, à l’extérieur des remparts de Jérusalem. Son nom proviendrait de l’araméen signifiant crâne, soit du fait de la présence d’ossements, soit de la forme du sommet de la colline.

La colline du Golgotha (source: Wikipedia)

La colline du Golgotha (source: Wikipedia)

67. Und da sie an die Stätte kamen mit Namen Golgatha
Rezitativ
– Evangelist :
Und da sie an die Stätte kamen mit Namen Golgatha, das ist verdeutschet Schädelstätt’, gaben sie ihm Essig zu trinken mit Gallen vermischet ; und da er’s schmeckete,
wollte er’s nicht trinken. Da sie ibn aber gekre uziget hatten, teilten sie seine Kleider und warfen das Los darum, auf daß erfüllet würde, das gesagt ist durch den Propheten ; Sie haben meine Kleider unter sich geteilet, und über mein Gewand haben sie das Los geworfen. Und sie saßen allda und hüteten sein. Und oben zu seinem Haupte hefteten sie die Ursach seines Todes beschrieben, nämlich : Dies ist Jesus, der Juden König. Und da wurden zween Mörder mit ihm gekreuziget, einer zur Rechten und einer zur Linken. Die aber vorübergingen, lästerten ihn und schüttelten ihre Köpfe und sprachen :
– Chor :
Der du den Tempel Gottes zerbrichst und bauest ihn in dreien Tagen, hilf dir selber ! Bist du Gottes Sohn, so steig herab vom Kreuz !
– Evangelist :
Desgleichen auch die Hohenpriester spotteten sein, samt den Schriftgelehrten und Ältesten, und sprachen :
– Chor :
Andern hat er geholfen und kann sich selber nicht helfen. Ist er der König Israels, so steige er nun vom Kreuz, so wollen wir ihm glauben. Er hat Gott vertrauet ; der erlöse ihn nun, lüstet’s ihn ; denn er hat gesagt : Ich bin Gottes Sohn.
Récitatif
– L’évangéliste :
Puis étant arrivés au lieu que l’on nomme Golgotha, ce qui veut dire Calvaire, ils lui présentèrent à boire du fiel dans du vinaigre. Jésus l’ayant goûté n’en voulut pas boire. Après qu’ils l’eurent cloué sur la croix, ils firent plusieurs parts des habits, voulant les jouer aux dés : afin que s’accomplisse ce qu’annoncent les Ecritures : Entre eux, de mes habits ils ont fait le partage ; ils ont jeté les dés pour savoir qui aurait ma robe. Ils s’assirent non loin, veillant sur Jésus. Ensuite sur sa tête furent tracés quelques mots pour expliquer son supplice, ainsi : C’est Jésus, le Roi des Juifs. Avec lui deux brigands furent mis en croix, l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche. Tous ceux qui passaient par là jetaient quelque injure ; ou bien secouant la tête disaient :
– Choeur :
Toi qui te flattes de démolir et rebâtir le temple en trois journées, qui t’empêche de te sauver, Toi le Fils de Dieu ! Descends de cette croix !
– L’évangéliste :
Les chefs des prêtres, les scribes et les anciens se moquaient aussi de Jesus et disaient :
– Choeur :
Tel dit sauver les autres qui pour lui-même est sans force ! Toi qui te dis Roi d’Israël descends de cette croix ! Et nous voulons te croire puisque Dieu t’envoie, qu’il délivre son Christ, son élu ; car n’as-tu pas dit : Je suis Fils de Dieu !

68. Récitatif: “Desgleichen schmäheten ihn auch die Mörder”

68. Desgleichen schmäheten ihn auch die Mörder
Rezitativ
– Evangelist :
Desgleichen schmäheten ihn auch die Mörder, die mit ihm gekreuziget wurden.
Récitatif
– L’évangéliste :
Jusqu’aux brigands auprès de Lui en croix qui l’accablaient de leurs invectives.

69. Récitatif (alto): “Ach, Golgatha, unsel’ges Golgatha !”

La soliste est accompagnée ici dans sa plainte par deux hautbois de chasse et les échos du continuo.

69. Ach, Golgatha, unsel’ges Golgatha !
Rezitativ (Alt)
Ach, Golgatha, unsel’ges Golgatha !
Der Herr der Herrlichkeit muß schimpflich hier verderben ,
Der Segen und das Heil der Welt
Wird als ein Fluch ans Kreuz gestellt.
Dem Schöpfer Himmels und der Erden
Soll Erd und Luft entzogen werden.
Die Unschuld muß hier schuldig sterben,
Das gehet meiner Seele nah ;
Ach, Golgatha, unsel’ges Golgatha !
Récitatif (alto)
Ah ! Golgotha, funeste Golgotha !
Le Roi des Rois périt ici comme un esclave.
La paix du monde et son salut
Ont pour rançon le sang divin,
Au Créateur de toutes choses,
La terre et l’air sont refusés ;
Le juste meurt pour les coupables :
Mon coeur se brise de douleur.
Ah ! Golgotha, funeste Golgotha !

70. Aria (alto) et choeur: “Sehet, Jesus hat die Hand”

Dans cet aria qui nous ramène à une tonalité plus joyeuse, les croyants sont invités à vivre avec Jésus, sachant que celui-ci est avec eux.

70. Sehet, Jesus hat die Hand
Rezitativ (Alt) mit Chor
Sehet, Jesus hat die Hand
Uns zu fassen ausgespannt.
Kommt – Wohin ? – in Jesu Armen !
Sucht Erlösung, nehmt Erbarmen,
Suchet – Wo ? – in Jesu Armen !
Lebet, sterbet, ruhet hier,
Ihr verlass’nen Küchlein ihr,
Bleibet – Wo ? – in Jesu Armen !
Récitatif (alto) et choeur
Peuple, vois, ô peuple, vois Jésus
Et sa main vers nous tendue.
Viens ! – Où donc ? – Où Jésus t’offre un doux asile,
Appuie ta tête sur sa poitrine,
Viens ! – Où ? – Sur sa poitrine.
Vivre, et puis s’éteindre dans ses bras
Tel doit être ton espoir.
Reste ! – Où ? – Sur sa poitrine.

71. Récitatif: “Und von der sechsten Stunde”

Les dernières paroles de Jésus et sa mort (Mt. 27:45-50).

Jésus prononce ses dernières paroles, à l’intention de Dieu : “Eli, Eli, lama asabthani” (Mein Gott, mein Gott, warum hast du mich verlassen ; Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?). On notera en particulier l’absence - unique dans l’oeuvre - de l’auréole du quatuor à cordes autour de ces paroles du Christ ; le seul continuo étant présent, on peut interprèter ce changement comme l’image de l’abanbon divin.

71. Und von der sechsten Stunde
Rezitativ
– Evangelist :
Und von der sechsten Stunde an ward eine Finsternis über das ganze Land, bis zu der neunten Stunde. Und um die neunte Stunde schriee Jesus laut und sprach :
– Jesus :
Eli, Eli, lama asabthani ?
– Evangelist :
Das ist : Mein Gott, mein Gott, warum hast du mich verlassen ? Etliche aber, die da standen, da sie das höreten, sprachen sie :
– Chor :
Der rufet den Elias.
– Evangelist :
Und bald lief einer unter ihnen, nahm einen Schwamm und füllete ihn mit Essig und steckete ihn auf ein Rohr und tränkete ihn. Die andern aber sprachen :
– Chor :
Halt ! laß sehen, ob Elias komme und ihm helfe ?
– Evangelist :
Aber Jesus schriee abermal laut und verschied.
Récitatif
– L’évangéliste :
Et, vers la sixième heure, l’obscurité se fit dans l’univers entier jusqu’à la neuvième heure. Et, vers la neuvième heure, Jésus poussa ce cri :
– Jésus :
Eli, Eli, lama sabachthani ?
– L’évangéliste :
C’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Or tous les gens qui l’entouraient, en entendant ces mots, se disaient :
– Choeur :
Sa voix appelle Eli.
– L’évangéliste :
Et l’un d’entre eux courut sur l’heure, prit une éponge, et l’ayant remplie de vinaigre, il la fixa à un roseau et la lui tendit. Et tous alors disaient :
– Choeur :
Non, non, arrête, voyons si Eli vient et le sauve !
– L’évangéliste :
De nouveau Jésus poussa un grand cri et mourut.

72. Choral: “Wenn ich einmal soll scheiden”

On retrouve de nouveau dans ce choral un texte emprunté au O Haupt voll Blut und Wunden de Paul Gerhardt, ici la 9ème strophe. Comme pour les autres chorals, la mélodie est de Hans Leo Hassler.

72. Wenn ich einmal soll scheiden
Choral
Wenn ich einmal soll scheiden,
So scheide nicht von mir,
Wenn ich den Tod soll leiden,
So tritt du dann herfür !
Wenn mir am allerbängsten
Wird um das Herze sein,
So reiß mich aus den Ängsten
Kraft deiner Angst und Pein !
Choral
Quand sonnera notre heure,
Ne nous délaisse pas !
Console ceux qui pleurent,
Adoucis leur trépas !
Par toute ta détresse,
Par ta mort sur la croix
Soutiens dans leur faiblesse
Les coeurs tremblant d’effroi !

73. Récitatif: “Und siehe da, der Vorhang im Tempel zerriß”

Les éléments se déchainent suite à la mort de Jésus ; les protagonistes comprennent leur “erreur” et réalise que Jésus était bien le Messie ; Joseph d’Arimathie demande le corps du Christ (Mt. 27:50-58).

On trouve au milieu du récitatif de l’évangéliste un court choeur - de 15 secondes à 1 minute selon l’interprétation -, discret mais chargé de signification dans le drame qui est relaté et dans le message que transporte l’oratorio aux croyants et au public en général. C’est seulement à ce moment de l’histoire de la Passion que les protagonistes comprennent ce qui vient d’arriver sous leurs yeux, que la vérité leur apparaît, et qu’alors la foi devient comme une évidence pour eux ; musicalement, on passe alors d’un choeur de la foule spontané ou d’un double choeur railleur à un choeur uni, puissant, sublime et contemplatif sur les paroles “Wahrlich, dieser ist Gottes Sohn gewesen” (En vérité, c’était bien le Fils de Dieu).

Pour plusieurs spécialistes, ces deux mesures prises isolément font partie des plus belles jamais composées pour un choeur.

Nous vous proposons ci-dessous plusieurs versions à l’écoute, dans lesquelles le choeur survient après la premiere partie du récitatif.

73. Und siehe da, der Vorhang im Tempel zerriß
Rezitativ
– Evangelist :
Und siehe da, der Vorhang im Tempel zerriß in zwei Stück von oben an bis unten aus. Und die Erde erbebete, und die Felsen zerrissen, und die Gräber taten sich auf, und stunden auf viel Leiber der Heiligen, die da schliefen, und gingen aus den Gräbem nach seiner Auferstehung und kamen in die heilige Stadt und erschienen vielen. Aber der Hauptmann und die bei ihm waren und bewahreten Jesum, da sie sahen das Erdbeben und was da geschah, erschraken sie sehr und sprachen :

– Chor :
Wahrlich, dieser ist Gottes Sohn gewesen.

– Evangelist :
Und es waren viel Weiber da, die von ferne zusahen, die da waren nachgefolget aus Galiläa und hatten ihm gedienet, unter welchen war Maria Magdalena und Maria, die Mutter Jakobi und Joses, und die Mutter der Kinder Zebedäi. Am Abend aber kam ein reicher Mann von Arimathia, der hieß Joseph, welcher auch ein Jünger Jesu war,
der ging zu Pilato und bat ihn um den Leichnam Jesu. Da befahl Pilatus, man sollte ihm ihn geben.

Récitatif
– L’évangéliste :
On vit alors la voile du temple se déchirer en deux depuis le haut jusqu’en bas. Et la terre se mit à trembler, les rochers se fendirent, les sépulcres furent ouverts, des saints ressuscitèrent en ce moment de leur tombe ; ils la quittèrent quand Jésus fut ressuscité, et dans Jérusalem ils allèrent et beaucoup les virent. Mais tous les gardes et les centenier qui veillaient avec eux, en voyant sur la terre arriver tous ces prodiges, saisis de frayeur, dirent :

– Choeur :
Oui, cet homme était le Fils de Dieu, du Dieu vivant.

– L’évangéliste :
Plusieurs femmes se trouvaient là, qui de loin regardaient, et qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée en l’entourant de soins, parmi elles étaient Marie-Madeleine, et Marie, la mère de Joseph et de Jacques, et la mère des fils de Zébédée. Le soir, arriva un homme riche d’Arimathée nommé Joseph, lui aussi disciple de Jésus. Il vint vers Pilate et demanda le corps de Jésus, qui lui fut remis sur l’ordre de Pilate.

74. Récitatif (basse): “Am Abend, da es kühle war”

Ce récitatif très calme est à l’image de la “paix conclue avec le ciel” dont il est question, suite au rachat des péchés humains par Jésus.

74. Am Abend, da es kühle war
Rezitativ (Bass)
Am Abend, da es kühle war,
Ward Adams Fallen offenbar ;
Am Abend drücket ihn der Heiland nieder.
Am Abend kam die Taube wieder
Und trug ein Ölblatt in dem Munde.
O schöne Zeit ! O Abendstunde !
Der Friedensschluß ist nun mit Gott gemacht,
Denn Jesus hat sein Kreuz vollbracht.
Sein Leichnam kommt zur Ruh,
Ach, liebe Seele, bitte du,
Geh, lasse dir den toten Jesum schenken,
O heilsames, o köstlich’s Angedenken !
Récitatif (basse)
Quand la fraîcheur du soir tombait,
Adam commit le grand péché :
Le soir aussi fut expiée la faute.
C’est vers le soir que la colombe,
Vint apporter le vert rameau.
O doux moment ! Heure ineffable !
Voici la paix conclue avec le ciel,
Scellée par Jésus sur la croix,
Son corps repose enfin.
Ah ! dans mon âme, ô Seigneur,
Viens ! je réclame aussi le corps du Maître :
Trésor sans prix, d’amour sublime gage !

75. Aria (basse): “Mache dich, mein Herze, rein”

Dans cet aria, les violons doublés par un cor anglais accompagnent le soliste.

75. Mache dich, mein Herze, rein
Arie (Bass)
Mache dich, mein Herze, rein,
Ich will Jesum selbst begraben.
Denn er soll nunmehr in mir
Für und für
Seine süße Ruhe haben.
Welt, geh aus, laß Jesum ein !
Aria (basse)
Pare-toi, mon coeur, pour lui ;
Tu vas être le sépulcre où Jésus dort et repose,
Car c’est en toi désormais,
C’est en toi qu’il veut faire sa demeure ;
Monde, adieu, descends en moi,
O Jésus, descends en moi !

76. Récitatif: “Und Joseph nahm den Leib”

La mise au tombeau du Christ par Joseph d’Arimathie (Mt. 27:59-66).

Dans un superbe choeur (double sur “Herr, wir haben gedacht” puis simple à partir de la fugue sur “Ich will nach dreien Tagen”), les grands prêtres et les pharisiens demandent à Pilate que l’on scelle le tombeau afin d’éviter que les disciples de Jésus n’enlèvent son corps pour faire croire à la résurrection.

76. Und Joseph nahm den Leib
Rezitativ
– Evangelist :
Und Joseph nahm den Leib und wickelte ihn in ein rein Leinwand und legte ihn in sein eigen neu Grab, welches er hatte lassen in einen Fels hauen, und wälzete einen großen Stein vor die Tür des Grabes und ging davon. Es war aber allda Maria Magdalena und die andere Maria, die setzten sich gegen das Grab. Des andern Tages, der da folget nach dem Rüsttage, kamen die Hohenpriester und Pharisäer sämtlich zu Pilato und sprachen :
– Chor :
Herr, wir haben gedacht, daß dieser Verführer sprach, da er noch lebete : Ich will nach dreien Tagen wieder auferstehen. Darum befiebl, daß man das Grab verwahre bis an den dritten Tag, auf daß nicht seine Jünger kommen und stehlen ihn und sagen zu dem Volk : Er ist auferstanden von den Toten, und werde der letzte Betrug ärger, denn der erste.
– Evangelist :
Pilatus sprach zu ihnen :
– Pilatus :
Da habt ihr die Hüter ; gehet hin und verwahret’s, wie ihr’s wisset.
– Evangelist :
Sie gingen hin und verwahreten das Grab mit Hütern und versiegelten den Stein.
Récitatif
– L’évangéliste :
Et Joseph prit le corps et l’enveloppa d’un linceul blanc, puis il le mit dans un tombeau neuf qu’il s’était fait tailler pour lui-même dans le roc ; ensuite, il roula devant l’entrée une grosse pierre, et s’en alla. Mais toujours étaient là Marie-Madeleine avec l’autre Marie, assises auprès du tombeau. Le jour d’après, qui suivait la préparation, les chefs des prêtres vinrent avec les Pharisiens devant Pilate, et dirent :
– Choeur :
Tous ici savent bien que lui, l’imposteur, a dit pendant sa vie : Dès le troisième jour, je ressusciterai. Ordonne donc qu’on garde le sépulcre jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples n’enlèvent son corps, et viennent dire alors : Seul le Christ a pu briser sa tombe, voilà qui serait fausseté pire que les autres !
– L’évangéliste :
Pilate répondit :
– Pilate :
Des gardes sont là : allez donc les placer comme il vous plaît.
– L’évangéliste :
lls s’en allèrent entourer le tombeau de gardes ; et la pierre en fut scellée.

77. Récitatif (solistes) et choeur: “Nun ist der Herr zur Ruh gebracht”

77. Nun ist der Herr zur Ruh gebracht
Rezitativ (Soli) mit Chor
– Bass :
Nun ist der Herr zur Ruh gebracht.
– Chor :
Mein Jesu, gute Nacht !
– Tenor :
Die Müh ist aus, die unsre Sünden ihm gemacht.
– Chor :
Mein Jesu, gute Nacht !
– Alt:
O selige Gebeine,
Seht, wie ich euch mit Buß und Reu beweine,
Daß euch mein Fall in solche Not gebracht !
– Chor :
Mein Jesu, gute Nacht !
– Sopran :
Habt lebenslang
Vor euer Leiden tausend Dank,
Daß ihr mein Seelenheil so wert geacht’.
– Chor :
Mein Jesu, gute Nacht !
Récitatif (solistes) et choeur
– Basse :
Voici le Maître enseveli.
– Choeur :
Mon Jésus, dors en paix !
– Ténor :
La coupe amère, il l’a vidée jusqu’à la lie.
– Choeur :
Mon Jésus, dors en paix !
– Alto :
Dépouilles bien-aimées,
Ah ! devant vous je pleure et me repens
Pour le mal causé par mes péchés !
– Choeur :
Mon Jésus, dors en paix !
– Soprano
Soyez bénis
Pour vos souffrances chaque jour,
O vous dont les tourments nous ont sauvés !
– Choeur :
Mon Jésus, dors en paix !

78. Choeur final: “Wir setzen uns mit Tränen nieder”

Le célèbre et bouleversant choeur final de la Passion selon saint Matthieu.

Malgré son titre “En larmes, nous nous asseyons” et sa tonalité (ut mineur), il faut noter le message explicite de ce choeur conclusif, qui met en avant le repos et le calme céleste par rapport à la douleur terrestre de la mort.

Notons pour les passionnés que l’on retrouve le thème de ce choeur final dans la suite BWV 997 pour luth (et en particulier explicitement dès le début de la sarabande).

78. Wir setzen uns mit Tränen nieder
Chor
Wir setzen uns mit Tränen nieder
Und rufen dir im Grabe zu :
Ruhe sanfte, sanfte ruh !
Ruht, ihr ausgesognen Glieder !
Euer Grab und Leichenstein
Soll dem ängstlichen Gewissen
Ein bequemes Ruhekissen
Und der Seden Ruhstatt sein.
Höchst vergnügt schlummern
da die Augen ein.
Choeur
Christ bien-aimé, nos larmes coulent,
Entends l’adieu jailli du coeur :
Dans la tombe, dors en paix !
Corps sanglant, couvert d’outrages,
Sur ta tombe l’âme lasse et désolée accourra
Chercher un calme et solitaire abri.
O sommeil souriant, viens fermer mes yeux !
Christ bien-aimé, nos larmes coulent,
Entends l’adieu jailli du coeur :
Dans la tombe, dors en paix !

Voici une sélection d’interprétations de la passion selon saint Matthieu, parmi lesquelles se trouve la version Karl Richter en écoute sur ce site :

  1. Version Philippe Herreweghe - Collegium Vocale Gent (avec Andreas School) : comme toujours la version Herreweghe est un enregistrement de grande qualité sonore, dans une version très dynamique
  2. Version Karl Richter : cette version de 1958 est celle qui est en écoute sur le site ; malgré l’âge, la qualité sonore reste très bonne ; cette sublime version annonce la redécouverte romantique des œuvres baroques dans la 2ème moitié du 20ème siècle. A posséder !
  3. Version Herbert von Karajan - Berliner Philharmoniker : une version “controversée” et déroutante mais cependant appréciée de beaucoup ; tempo très lent, sonorités éloignées de la musique baroque, etc.
  4. Version Klemperer : version plus romantique que baroque, mais d’une grandeur fascinante

Le livret de l’œuvre (textes + traduction en français) est disponible en PDF : Livret et traduction de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach (source: Ensemble Orchestral de Paris). Comme toujours, les musiciens trouveront partitions libres de droit (au format PDF) et fichiers MIDI de l’oeuvre en téléchargement sur le site de l’IMSLP (http://www.imslp.org/wiki/St._Matthew_Passion,_BWV_244_(Bach,_Johann_Sebastian)), et surtout sur la Choral Public Domain Library : http://www.cpdl.org/wiki/index.php/Matth%C3%A4uspassion%2C_BWV_244_(Johann_Sebastian_Bach).


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