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Lundi 2 février 2009

Sonate pour violon n°5 “Le Printemps” de Beethoven


Portrait de Ludwig van Beethoven (source: Wikipedia)

Portrait de Ludwig van Beethoven (source: Wikipedia)

Nous continuerons aujourd’hui dans la période classique pour écouter la Sonate pour piano et violon n°5 opus 24 de Ludwig van Beethoven (1770 - 1827), dite “Le Printemps (Frühlingssonate).

Composée en 1801, cette sonate est une œuvre “de jeunesse” pour piano et violon ; surnommée “Sonate le Printemps” - à noter que le nom n’est pas de son auteur -, elle est la plus célèbre des 10 sonates pour violon, avec la n°9 (Sonate à Kreutzer). Beethoven dédia cette œuvre au comte Moritz von Fries, l’un de ses mécènes qui sera également en 1811 dédicataire de la célèbre 7ème symphonie.

Débutant sur un très joli thème en allegro dans le 1er mouvement joué par le violon et repris par le piano, la composition de Beethoven enchante ses auditeurs par sa simplicité et ses surprises, tout en restant parfaitement poétique. Le piano, loin de n’avoir qu’un rôle d’accompagnement, présente une virtuosité égale à celle du violon, ce qui rend le thème assez dense.

L’ensemble des quatre mouvements dure environ 25 minutes :

  • Allegro
  • Adagio molto expressivo
  • Scherzo : Allegro molto
  • Rondo : Allegro ma non troppo

Voici une belle version avec Itzhak Perlman au violon et Vladimir Ashkenazy au piano ; il est recommandé d’écouter la sonate entièrement, même si le premier mouvement reste le plus populaire :

La partition de la sonate est disponible libre de droit et au format PDF sur le site de l’IMSLP.


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Dimanche 1 février 2009

Concerto pour piano n°23 de Mozart


Portrait de Wolfgang Amadeus Mozart (source: Wikipedia)

Portrait de Wolfgang Amadeus Mozart (source: Wikipedia)

Nous écouterons aujourd’hui une autre très belle oeuvre de Wolfgang Amadeus Mozart (1756 - 1791), cette fois dans son répertoire profane et de concert : le Concerto pour piano n°23 KV 488, en la majeur.

Achevé par Mozart en mars 1786, c’est-à-dire en même temps que son premier opéra (Le Mariage de Figaro), ce 23ème concerto (parmi 27) est souvent considéré comme le plus beau qu’il ait écrit ; divisé en trois mouvements, il commence par une introduction en allegro globalement très radieuse, pour présenter ensuite un adagio célèbre par sa simplicité, sa beauté et surtout son expression poignante. C’est pour certains un des plus beaux exemples de l’exceptionnelle capacité de Mozart à “transformer en or” les mélodies les plus simples. On trouvera également chez Beethoven cette marque, par exemple dans le 2ème mouvement du concerto pour piano n°5 (l’Empereur), qui brille également par sa simplicité et son expression. Le concerto n°23 de Mozart s’achève finalement sur un magnifique rondo sur un tempo entrainant allegro assai.

Nous vous invitons à écouter l’ensemble du concerto, qui est relativement court (30 minutes environ).

On pourra trouver la partition du concerto n°23 au format PDF et libre de droit sur le site de l’International Music Score Library Project.


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Jeudi 29 janvier 2009

Requiem KV.626 de Mozart


Portrait de Wolfgang Amadeus Mozart (source: Wikipedia)

Portrait de Wolfgang Amadeus Mozart (source: Wikipedia)

L’œuvre d’aujourd’hui ne sera pas une grande nouveauté pour la plupart des lecteurs, tant elle est très célèbre et bien souvent considérée comme la plus belle musique jamais composée ; immense chef-d’œuvre du génie autrichien Wolfgang Amadeus Mozart (1756 - 1791), le Requiem KV.626 en ré mineur est célèbre autant par sa beauté que par les circonstances entourant sa composition.

Mozart est l’un des plus grands représentants de la période classique européenne ; éduqué par un père compositeur (Léopold Mozart), il se révèle rapidement être un musicien prodige : il commence la musique à 3 ans, le clavecin à 5 ans, et compose ses premières œuvres dès 6 ans. Il sait alors jouer violon, orgue, clavecin et commence à faire des tournées avec son père en Allemagne, Autriche puis Belgique, France, Pays-Bas et Suisse. Il écrit son premier opéra à 11 ans (Appolo et Hyacinthus), devient à 13 ans maître de concert du prince-archevêque de Salzbourg ; il rencontre Joseph Haydn à Vienne à l’âge de 17 ans, qui dit à son père “Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse [...]“. Mozart se marie à Constanze Weber en 1782, et entre dans la franc-maçonnerie en 1785, appartenance qui influencera beaucoup son œuvre tardive ; nombre de ses grands opéras datent de cette époque : L’enlèvement au sérail (1782), Les Noces de Figaro,(1786) Don Giovanni (1787), Così fan tutte (1790). Mozart décède en 1781 à 35 ans des suites d’une maladie. Son triptyque de fin de vie (La Clémence de Tito, La Flûte Enchantée, le Requiem), inachevé, est resté célèbre par sa qualité et sa signification pour Mozart.

On retiendra parmi ses œuvres célèbres des pièces sacrées (la Messe en ut, l’Ave Verum Corpus et le Requiem), une quarantaine de symphonies (les dernières étant les plus connues), des concertos pour piano, des concertos pour clarinette, flûte et harpe, violon. Certaines de ses œuvres de musique de chambre sont également très célèbres, en particulier des quatuors à cordes, quintettes ou pièces pour piano.

Rappelons que le mot Requiem désigne en réalité une musique liturgique de circonstance, en l’occurrence une messe pour un enterrement ou une commémoration (on parle parfois de Messe des Morts). Il est important de savoir que seule une partie a véritablement été écrite par Mozart. Commencé au cours de l’année 1791, au cours de laquelle sa santé allait en empirant, Mozart laissa à sa mort le 5 décembre 1791 les premières mesures de l’Introït, les partie de chœur et basse continue du Kyrie, Dies Irae, Rex tremendae et Confutatis, ainsi que des esquisses des Tuba Mirum, Recordare, Domine Jesu Christe et Hostias ainsi qu’un début de Lacrimosa. C’est alors à son élève François-Xavier Sussmayr qu’échoit la lourde responsabilité de rendre le Requiem à la postérité. L’Histoire retiendra que Constanze ait avant tout voulu que l’œuvre soit terminée afin d’honorer la commande, et ne pas avoir à rembourser la première moitié du paiement ; malgré cette deuxième partie écrite par un autre compositeur, le Requiem de Mozart est devenu l’une des œuvres les plus célèbres de la musique classique, et a fortiori de la musique sacrée. La légende autour de la genèse de cette œuvre a largement été relayée auprès du grand public par le film Amadeus, qui veut que Mozart ait composé le Requiem en vue de sa mort prochaine.

Le Requiem, qui s’écoute mieux qu’il ne se décrit, comporte 14 mouvements ; comme il s’agit avant tout d’une messe, on trouve l’organisation Kyrie, Séquence, Offertoire, Sanctus, Agnus Dei, à laquelle sont ajoutées les pièces de circonstances, comme l’Introït (Requiem aeternam). Même si l’ensemble de l’œuvre est une merveille (en tout cas jusqu’au Hostias), plusieurs chœurs sont particulièrement célèbres et souvent repris hors contexte, comme le Kyrie (n°2), le Dies Irae (n°3), Rex tremendae (n°5), et le terrible Lacrimosa (n°8). L’exécution de l’œuvre dure environ 1h, au cours de laquelle chœurs et parties solistes sont assez équilibrés.

Voici le texte original en latin du Requiem ainsi que sa traduction :

Introitus
1. Requiem :
(Chœur)
Requiem aeternam dona eis, Domine,
et lux perpetua luceat eis.
(Soprano)
Te decet hymnus, Deus, in Sion,
et tibi reddetur votum in Jerusalem.
(Chœur)
Exaudi orationem meam,
ad te omnis caro veniet.
Requiem aeternam dona eis, Domine,
et lux perpetua luceat eis.
Introït
1. Requiem :
(Chœur)
Seigneur, donnez-leur le repos éternel,
et faites luire pour eux la lumière sans déclin.
(Soprano)
Dieu, c’est en Sion qu’on chante dignement vos louanges ;
à Jérusalem on vient vous offrir des sacrifices.
(Chœur)
Ecoutez ma prière,
Vous, vers qui iront tous les mortels.
Seigneur, donnez-leur le repos éternel,
et faites luire pour eux la lumière sans déclin.
2. Kyrie :
Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison.
2. Kyrie:
Seigneur, ayez pitié.
Christ, ayez pitié.
Seigneur, ayez pitié.
Sequentia
3. Dies Irae:
Dies irae, dies illa
Solvet saeclum in favilla,
Teste David cum Sibylla.
Quantus tremor est futurus
Quando judex est venturus
Cuncta stricte discussurus.
Séquence
3. Dies Irae:
Jour de colère que ce jour-là,
où le monde sera réduit en cendres,
selon les oracles de David et de la Sibylle.
Quelle terreur nous envahira,
lorsque le Juge viendra
pour délivrer son impitoyable sentence!
4. Tuba Mirum:
(Basse)
Tuba mirum spargens sonum
Per sepulcra regionum
Coget omnes ante thronum.
(Tenor)
Mors stupebit et natura
Cum resurget creatura
Judicanti responsura.
Liber scriptus proferetur
In quo totum continetur,
Unde mundus judicetur.
(Contralto)
Judex ergo cum sedebit
Quidquid latet apparebit,
Nil inultum remanebit.
(Soprano)
Quid sum miser tunc dicturus,
Quem patronum rogaturus,
Cum vix justus sit securus?
(Tous les solistes)
Cum vix justus sit securus?
4. Tuba Mirum:
(Basse)
La trompette répandant la stupeur
parmi les sépulcres,
rassemblera tous les hommes devant le trône.
(Tenor)
La mort et la nature seront dans l’effroi,
lorsque la créature ressuscitera
pour rendre compte au Juge.
Le livre tenu à jour sera apporté,
livre qui contiendra
tout ce sur quoi le monde sera jugé.
(Contralto)
Quand donc le Juge tiendra séance,
tout ce qui est caché sera connu,
et rien ne demeurera impuni.
(Soprano)
Malheureux que je suis, que dirai-je alors ?
Quel protecteur invoquerai-je,
quand le juste lui-même sera dans l’ inquiétude ?
(Tous les solistes)
Quand le juste lui-même sera dans l’ inquiétude ?
5. Rex tremendae:
Rex tremendae majestatis,
Qui salvandos salvas gratis,
Salva me, fons pietatis.
5. Rex tremendae :
O Roi, dont la majesté est redoutable,
vous qui sauvez par grâce,
sauvez-moi, ô source de miséricorde.
6. Recordare
(Solistes)
Recordare, Jesu pie,
Quod sum causa tuae viae,
Ne me perdas illa die.

Quaerens me sedisti lassus,
Redemisti crucem passus,
Tamus labor non sit cassus.
Juste judex ultionis
Donum fac remissionis
Ante diem rationis.
Ingemisco tanquam reus,
Culpa rubet vultus meus,
Supplicanti parce, Deus.
Qui Mariam absolvisti
Et latronem exaudisti,
Mihi quoque spem dedisti.
Preces meae non sunt dignae,
Sed tu bonus fac benigne,
Ne perenni cremer igne.
Inter oves locum praesta,
Et ab haedis me sequestra,
Statuens in parte dextra.

6. Recordare :
(Solistes)
Souvenez-vous ô doux Jésus,
que je suis la cause de votre venue sur terre.
Ne me perdez donc pas en ce jour.
En me cherchant, vous vous êtes assis de fatigue,
vous m’avez racheté par le supplice de la croix :
que tant de souffrances ne soient pas perdues.
Ô Juge qui punissez justement,
accordez-moi la grâce de la rémission des péchés
avant le jour où je devrai en rendre compte.
Je gémis comme un coupable : la rougeur me
couvre le visage à cause de mon péché ;
pardonnez, mon Dieu, à celui qui vous implore.
Vous qui avez absous Marie-Madeleine,
vous qui avez exaucé le bon larron :
à moi aussi vous donnez l’espérance.
Mes prières ne sont pas dignes d’être exaucées,
mais vous, plein de bonté, faites par votre
miséricorde que je ne brûle pas au feu éternel.
Accordez-moi une place parmi les brebis
et séparez-moi des égarés
en me plaçant à votre droite.
7. Confutatis :
Confutatis maledictis
Flammis acribus addictis,
Voca me cum benedictis.
Oro supplex et acclinis,
Cor contritum quasi cinis,
Gere curam mei finis.
7. Confutatis :
Et après avoir réprouvé les maudits
et leur avoir assigné le feu cruel,
appelez-moi parmi les élus.
Suppliant et prosterné, je vous prie,
le cœur brisé et comme réduit en cendres :
prenez soin de mon heure dernière.
8. Lacrimosa :
Lacrimosa dies illa
Qua resurget ex favilla
Judicandus homo reus.
Huic ergo parce, Deus,
Pie Jesu Domine,
Dona eis requiem. Amen.
8. Lacrimosa :
Oh ! Jour plein de larmes,
où l’homme ressuscitera de la poussière :
cet homme coupable que vous allez juger :
Epargnez-le, mon Dieu !
Seigneur, bon Jésus,
donnez-leur le repos éternel. Amen.
Offertorium
9. Domine Jesu :
Domine, Jesu Christe, Rex gloriae,
libera animas omniurn fidelium defunctorum
de poenis inferni, et de profundo lacu:
libera eas de ore leonis,
ne absorbeat eas tartarus,
ne cadant in obscurum,
(Solistes)
Sed signifer sanctus Michael
repraesentet eas in lucem sanctam,
(Chœur)
Quam olim Abrahae promisisti et semini eius.
Offertoire
9. Domine Jesu :
Seigneur, Jésus-Christ, Roi de gloire,
délivrez les âmes de tous les fidèles défunts
des peines de l’enfer et de l’abîme sans fond :
délivrez-les de la gueule du lion,
afin que le gouffre horrible ne les engloutisse pas
et qu’elles ne tombent pas dans le lieu des ténèbres.
(Solistes)
Que Saint-Michel, le porte-étendard,
les introduise dans la sainte lumière.
(Chœur)
Que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.
10. Hostias :
Hostias et preces, tibi, Domine, laudis offerimus:
tu suscipe pro animabus illis,
quarum hodie memoriam facimus:
fac eas, Domine, de morte transire ad vitam,
quam olim Abrahae promisisti et semini eius.
10. Hostias :
Nous vous offrons, Seigneur, le sacrifice et les prières de notre louange:
recevez-les pour ces âmes
dont nous faisons mémoire aujourd’hui.
Seigneur, faites-les passer de la mort à la vie.
Que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.
Sanctus
11. Sanctus :
Sanctus, Sanctus, Sanctus,
Dominus Deus Sabaoth!
Pleni sunt coeli et terra gloria tua.
Osanna in excelsis.
Sanctus
11. Sanctus :
Saint, saint, saint le Seigneur,
Dieu des armées.
Le ciel et la terre sont remplis de votre gloire.
Hosanna au plus haut des cieux.
Benedictus
12. Benedictus :
(Solistes)
Benedictus qui venit in nomine Domini.
(Chœur)
Osanna in excelsis.
Benedictus
12. Benedictus:
(Solistes)
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
(Chœur)
Hosanna au plus haut des cieux.
Agnus Dei
13. Agnus Dei :
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi,
dona eis requiem.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi,
dona eis requiem sempiternam.
Agnus Dei
13. Agnus Dei :
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde,
donnez leur le repos.
Agneau de Dieu qui enlevez les péchés du monde,
donnez leur le repos éternel.
Communio
14. Lux aeterna :
(Soprano, puis le chœur)
Lux aeterna luceat eis, Domine,
cum sanctis tuis in aeternum,
quia pius es.
(Chœur)
Requiem aeternam dona eis, Domine,
et lux perpetua luceat eis,
cum sanctis tuis in aeternum,
quia pius es.
Communion
14. Lux Aeterna :
(Soprano, puis le chœur)
Que la lumière éternelle luise pour eux, Seigneur,
au milieu de vos Saints et à jamais,
car vous êtes miséricordieux.
(Chœur)
Seigneur, donnez-leur le repos éternel
faites luire pour eux la lumière sans déclin.
Au milieu de vos Saints et à jamais,
Seigneur, car vous êtes miséricordieux.

On trouve enfin les partitions libres au format PDF du Requiem ici sur le site de l’International Music Score Library Project ou encore ici sur le site de la Choral Public Domain Library (avec fichiers MIDI pour isoler les voix du choeur).


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Dimanche 25 janvier 2009

Symphonie n°3 de Beethoven (Héroïque)


Portrait de Ludwig van Beethoven (source: Wikipedia)

Portrait de Ludwig van Beethoven (source: Wikipedia)

La sélection de musiquedujour.com revient de sa pause hivernale avec l’une des œuvres les plus belles et les plus grandes de l’histoire de la musique : la 3ème symphonie de Ludwig van Beethoven (opus 55, en mi bémol majeur), dite Symphonie Héroïque ou encore Eroica.

Nous aurons l’occasion de revenir sur la vie de son compositeur, aussi n’évoquera-t-on que rapidement sa vie : Ludwig van Beethoven (Bonn 1770 - Vienne 1827) est l’un des compositeurs majeurs de l’Histoire ; on le considère souvent comme le dernier grand compositeur classique viennois (avec Gluck, Haydn et Mozart), mais son œuvre constitue une sorte de transition vers le romantisme musical. Son talent inégalé, son œuvre conséquente, sa volonté hors du commun et sa surdité tardive ont fait de lui un mythe universel célébré par le grand public et adulé par de nombreux de compositeurs romantiques (parmi lesquels Liszt, Berlioz ou encore Brahms). Il y a tant d’œuvres de Beethoven qui sont restées célèbres que nous aurons largement l’occasion de reparler de lui ; citons parmi celles-ci : 32 sonates pour piano, 9 symphonies, 5 concertos pour piano, un concerto pour violon, 16 quatuors à cordes, une grande messe, des opéras etc. Avec Bach et Mozart, Beethoven est probablement le compositeur ayant composé le plus de musiques connues et appréciées du public de nos jours.

La 3ème symphonie, composée entre 1802 et 1804, est une œuvre colossale durant environ 50 minutes (contre 30 minutes maximum pour les symphonies de l’époque). D’un caractère passionné et bercé par les idées d’héroïsme et de liberté, Ludwig van Beethoven voulait composer une musique qui soit le reflet de sentiments révolutionnaires ; avec ses dimensions imposantes, cette musique représenterait un peuple uni et mené par des héros vers le triomphe des nouvelles valeurs comme la liberté ou l’égalité. Beethoven aurait voulu dédier son œuvre à une légende naissante, un jeune général français victorieux en Italie puis en Égypte … s’appelant Napoléon Bonaparte. Ce n’est qu’en 1804, lorsque le 1er consul Bonaparte devient l’empereur des français sous le nom de Napoléon 1er, que Beethoven change le dédicataire de l’œuvre ainsi que son titre en Sinfonia eroica, composta per festeggiare il sovvenire d’un grand’uomo (Symphonie Héroïque, composée en mémoire d’un grand homme). L’Histoire garde que Beethoven aurait rayé d’un coup de plume le titre qu’il envisageait de Symphonie Bonaparte en apprenant le sacre de celui-ci - ce qui signifiait pour lui que Napoléon n’était finalement qu’un homme comme les autres, avide de pouvoir. La France fera la guerre à l’Autriche et occupera même Vienne en 1805 après la capitulation d’Ulm, donnant raison à Beethoven.

Sur le plan musical, cette symphonie transmet à la fois par sa longueur, sa force et son unité les idées d’héroïsme et de révolution recherchés par Beethoven. On retrouve la division en quatre mouvements de l’époque :

  • Allegro con brio : la symphonie commence sur deux célèbres accords, et maintien dans ce premier mouvement un climat assez tendu. A noter l’entrée étonnante du cor à 7 min 36, immédiatement coupée par l’orchestre, mais voulue par Beethoven pour surprendre et réveiller les auditeurs.
  • Marche Funèbre (Allegro assai) : cette “marche funèbre” (ainsi appelée en référence à un genre de musique connotant la Révolution et ses héros) est assez célèbre hors de la symphonie, parfois utilisée lors de cérémonies de commémoration. Le mouvement oppose une longue partie mineure à une partie majeure, et on pourra se concentrer dans la version proposée ci-dessous sur le sublime passage apparaissant vers 7 min 38, dans lequel on se sent comme un spectateur au milieu d’une bataille, retenant son souffle au milieu d’une tension initiée par les cordes et les cors, puis relayée par les flûtes, hautbois et percussions. Ce mouvement est le sommet émotionnel de la symphonie.
  • Scherzo (Allegro vivace) : pulsation rapide et une écriture assez joyeuse ; on remarquera le contraste avec le trio apaisant des cors vers la fin du mouvement
  • Finale (Allegro molto) : le mouvement final commence sur un trait impérieux des cordes, suivi par des pizzicati annonçant le thème ; ce thème est ensuite développé au cours de douze variations. On notera la présence de “danses” ainsi que de passages lents, qui amènent l’orchestre sur le génial presto final.

La version proposée à l’écoute est dirigée par Herbert von Karajan ; nous recommandons ici de prendre le temps d’écouter l’ensemble de l’oeuvre, tant chacun des mouvements parait indispensable à celle-ci :

Les lecteurs décidés à approfondir ce monument de la musique trouveront une mine d’informations en anglais ici.


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