Le meilleur de la musique classique pour tous, jour après jour

La musique classique du jour


Samedi 10 janvier 2009

Symphonie Fantastique de Berlioz


Portrait dHector Berlioz (source: Wikipedia)

Portrait d'Hector Berlioz (source: Wikipedia)

Nous parlerons aujourd’hui longuement de la Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz, l’un des plus beaux chefs d’œuvre de la musique symphonique française de la période romantique. Au-delà de son intérêt musical, l’histoire autour de la création de l’œuvre illustre bien le caractère passionné des artistes romantiques du 19ème siècle.

Hector Berlioz (1803 - 1869) est l’un des compositeurs romantiques européens les plus célèbres, mais reste paradoxalement plus connu à l’étranger qu’en France. Né dans la région de Grenoble et destiné à des études de médecine, peu importe à Berlioz ce que sa famille veut faire de lui ; sans véritable formation musicale, il s’essaie à la composition et à la flûté dès l’âge de 12 ans, mais ce n’est que peu avant 20 ans, alors à Paris, qu’il fera part à son père de son intention d’abandonner ses études de médecine, pour se consacrer à l’étude de la musique. Fréquentant assidûment l’Opéra de Paris et Conservatoire National de Musique (alors dirigé par le compositeur italien Cherubini), il étudiera en particulier la composition auprès de Jean-François Lesueur, l’un des maîtres français de l’époque ; comme le relatent ses Mémoires, il passera de nombreuses journées à lire des partitions des grands compositeurs allemands comme Beethoven, Weber ou Gluck. De 1824 à 1830, il concourra cinq fois au Prix de Rome, obtenant en 1828 la seconde place et en 1830 la première place tant attendue ; ce prix prestigieux, gagné par nombre de futurs grands compositeurs (parmi lesquels : Gounod, Bizet, Massenet, Debussy, Delibes, Dukas ou encore Ravel), permet à son lauréat de se consacrer à son art pendant 3 ans au sein de l’Académie de France à Rome (hébergée dans la célèbre Villa Medicis), hors de toute contrainte matérielle car logé et nourri. Homme du monde, Berlioz rencontrera également au cours de ces années beaucoup d’artistes européens de son siècle et entretiendra avec certains d’entre eux des relations épistolaires dont on a toujours les traces (Paganini, Liszt, Chopin, Mendelssohn, Wagner, Schumann, Goethe, George Sand, etc.). Il voyagea beaucoup pour diriger ses œuvres à l’étranger ; on retiendra également que Berlioz était un critique musical très actif et a laissé de nombreux écrits, comme ses Mémoires, ou encore des traités résumant ses études méthodiques sur chaque instrument de l’orchestre.

Profondément passionné et vénérant l’œuvre de Shakespeare comme beaucoup d’artistes de son siècle, le jeune Hector Berlioz assistera en 1827 à Paris à des représentations de Hamlet et de Roméo et Juliette, dans lesquelles l’actrice irlandaise Harriet Smithson jouera les rôles d’Ophélie et de Juliette. Berlioz vouera alors une passion intense à l’actrice, lui écrivant sans retour pendant plus d’une année. Le temps et le séjour à la Villa Medicis de Rome lui feront oublier cet épisode, mais il en fera une autobiographie musicale en composant la Symphonie Fantatisque, sous-titrée « Episode de la vie d’un artiste ». La symphonie raconte l’histoire d’un jeune artiste souffrant d’une sensibilité extrême et d’un amour inaccessible, qui sous l’influence de l’opium se projette dans une succession de visions dans lesquelles la femme qu’il aime revient sans cesse sous forme d’une « idée fixe ». Nous reviendrons plus loin sur cette idée fixe en la présentant dans chacun des mouvements. La femme aimée est bien entendu l’évocation d’Harriet Smithson, ce que ne cache pas Berlioz, et derrière ce « jeune artiste » transparaît l’autobiographie de Berlioz ; ainsi lors d’une des premières représentations de la Symphonie Fantastique à Paris en 1832 (la première ayant été en 1830), un éditeur s’arrangera pour y faire assister l’actrice en lui rappelant l’amour que lui vouait le jeune Berlioz et son inspiration pour l’œuvre (notons au passage la présence d’un public illustre pour cette représentation : Paganini, Liszt, Chopin, George Sand, Alfred de Vigny, Théophile Gauthier, Jules Janin, Victor Hugo, Alexandre Dumas père, Heinrich Heine, …). Transportée par cette musique aux sentiments profonds, l’actrice recevra finalement Berlioz quelques jours après le concert et ils se marieront en 1833 (Berlioz aura Liszt pour témoin).

Revenons maintenant aux aspects musicaux de l’œuvre ; la symphonie comporte 5 mouvements, et y est associé un texte qui la définit comme une « symphonie à programme », c’est-à-dire la représentation musicale d’une histoire. Voici le texte présentant la symphonie ainsi que les 5 mouvements en écoute via le lecteur intégré ; pour une écoute brève, nous vous recommandons d’écouter le 2ème mouvement, très accessible et assez connu.

Programme de la symphonie

Un jeune musicien d’une sensibilité maladive et d’une imagination ardente, s’empoisonne avec de l’opium dans un accès de désespoir amoureux. La dose de narcotique, trop faible pour lui donner la mort, le plonge dans un lourd sommeil accompagné des plus étranges visions, pendant lequel ses sensations, ses sentiments, ses souvenirs se traduisent dans son cerveau malade en pensées et en images musicales. La femme aimée elle-même est devenue pour lui une mélodie et comme une idée fixe qu’il retrouve et qu’il entend partout.

Première partie
Rêveries, passions

Il se rappelle d’abord ce malaise de l’âme, ce vague des passions, ces mélancolies, ces joies sans sujet qu’il éprouva avant d’avoir vu celle qu’il aime; puis l’amour volcanique qu’elle lui inspira subitement, ses délirantes angoisses, ses jalouses fureurs, ses retours de tendresse, ses consolations religieuses.

Deuxième partie
Un bal

Il retrouve l’aimée dans un bal au milieu d’une fête brillante.

Troisième partie
Scène aux champs

Un soir d’été à la campagne, il entend deux pâtres qui dialoguent un Ranz des vaches; ce duo pastoral, le lieu de la scène, le léger bruissement des arbres doucement agités par le vent, quelques motifs d’espoir qu’il a conçus depuis peu, tout concourt à rendre à son cœur un calme inaccoutumé, à donner à ses idées une couleur plus riante; mais elle apparaît de nouveau, son cœur se serre, de douloureux pressentiments l’agitent: si elle le trompait… L’un des pâtres reprend sa naïve mélodie, l’autre ne répond plus. Le soleil se couche… bruit éloigné du tonnerre… solitude… silence…

Quatrième partie
Marche au supplice

Il rêve qu’il a tué celle qu’il aimait, qu’il est condamné à mort, conduit au supplice. Le cortège s’avance aux sons d’une marche tantôt sombre et farouche, tantôt brillante et solennelle, dans laquelle un bruit sourd de pas graves succède sans transition aux éclats les plus bruyants. A la fin, l’idée fixe reparaît un instant comme une dernière pensée d’amour interrompue par le coup fatal.

Cinquième partie
Songe d’une nuit du Sabbat

Il se voit au Sabbat, au milieu d’une troupe affreuse d’ombres, de sorciers, de monstres de toute espèce réunis pour ses funérailles. Bruits étranges, gémissements, éclats de rire; cris lointains auxquels d’autres cris semblent répondre. La mélodie-aimée reparaît encore: mais elle a perdu son caractère de noblesse et de timidité; ce n’est plus qu’un air de danse ignoble, trivial et grotesque: c’est elle qui vient au sabbat… Rugissements de joie à son arrivée… Elle se mêle à l’orgie diabolique… Glas funèbre, parodie burlesque du Dies Irae. Ronde du sabbat. La ronde du sabbat et le Dies Irae ensemble.

Nous avons parlé de l’idée fixe qui apparaissait dans les différents mouvement de la Symphonie Fantastique pour symboliser l’apparition de l’aimée dans les pensées du jeune artiste. Vous pouvez essayer au cours d’une écoute attentive d’identifier le thème musical de cette idée fixe et de le retrouver dans les cinq mouvements tout en lisant le programme de l’œuvre ; voici des extraits de ces mouvements dans lesquels il apparaît isolément :

1ère partie :
2ème partie :
3ème partie :
4ème partie :
5ème partie :


VN:F [1.0.8_357]
Note: 7.8/10 (77 votes)

Mots-clés: , ,

6 réponses à “Symphonie Fantastique de Berlioz”

  1. 1 an passé avec MusiqueDuJour.com ! | La musique classique du jour dit :

    [...] La Symphonie Fantastique de Berlioz [...]

  2. tutti dit :

    Article très complet et documenté: merci!

    VA:F [1.0.8_357]
    Note: 4.1/5 (10 votes)
  3. melyssa dit :

    bonjour je dois faire un exposer sur lhistoire des arts et je ny arrive pa

    VA:F [1.0.8_357]
    Note: 3.9/5 (17 votes)
  4. marionNuss dit :

    Bravo, je devais faire quelques lignes dessus, et j’ai trouvée ! C’est plus précis que Wikipédia ! :)

    VA:F [1.0.8_357]
    Note: 4.2/5 (5 votes)
  5. Père noël dit :

    Ho Ho j’ai regardé je vais pas vous donné de cadeau

    ho ho

    père noël

    VA:F [1.0.8_357]
    Note: 4.0/5 (4 votes)
  6. Père noël dit :

    fuck you

    VA:F [1.0.8_357]
    Note: 2.0/5 (4 votes)

Poster un commentaire