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La musique classique du jour


Lundi 12 janvier 2009

Oratorio de Noël BWV 248 de Bach


Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Nous resterons aujourd’hui dans la période baroque, pour présenter l’œuvre inévitable que constitue l’ Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach (1685 - 1750). Cette œuvre, composée en 1734, est un oratorio, c’est-à-dire une œuvre lyrique, presque proche de l’opéra mais destinée à être donnée dans une église pour une occasion particulière. Bach écrira plusieurs oratorios dont les références au catalogue BWV sont proches, parmi lesquels : la Passion selon Saint Jean (BWV 245), la Passion selon Saint Matthieu (BWV 244), l’Oratorio de Noël (BWV 248), mais aussi l’Oratorio de Pâques (BWV 249) ou encore l’Oratorio de l’Ascension (BWV 11). Nous aurons l’occasion de revenir sur certaines de ces œuvres lors d’articles à venir, tellement elles sont importantes dans la musique baroque.

Nous ne attarderons que peu sur la biographie de Jean-Sébastien Bach car celle-ci fera l’objet d’un article dédié. Rappelons seulement qu’il s’agit d’un compositeur allemand (originaire d’Eisenach en Thuringe mais ayant principalement vécu à Leipzig  dans la Saxe), dont l’œuvre symbolise l’apogée de la musique baroque. On considère d’ailleurs généralement que c’est après sa mort en 1750 que la musique baroque a laissé la place à la musique classique. Certains le considèrent de nos jours comme le plus grand compositeur ayant jamais existé, bien que d’autres contestent ce choix (pour certains, Bach est connu car son œuvre a été particulièrement étudiée, effort historique qui n’a pas été fait pour beaucoup d’autres).

Quoiqu’il en soit, beaucoup de musiciens qui lui sont postérieurs ont reconnu en lui un génie (parmi lesquels Mozart et Beethoven), en particulier dans sa rigueur, son inspiration, la richesse de ses harmonies et mélodies, sa pédagogie (Bach écrira de nombreuses œuvres “didactiques”), ou encore sa maîtrise technique. Nous aurons l’occasion de revenir sur certaines des techniques utilisées par Bach lors de futurs articles. Notons cependant que la musique de Bach sera oubliée après sa mort et ne sera vraiment étudiée que beaucoup plus tard (une de ses plus belles œuvres, la Passion selon Saint Matthieu, sera redécouverte par Félix Mendelssohn en 1829, bien que jouée pour la première fois en 1729).

L’Oratorio de Noël (Weihnachtsoratorium) a donc été composé en 1734, sous la forme d’une cantate sacrée, c’est-à-dire une une œuvre vocale et instrumentale qui comporte plusieurs mouvements, jouée dans une église sans mise en scène ; voici les 6 parties qui la composent :

  1. Pour le jour de Noël : 25 décembre
    La naissance de Jésus. Elle est constituée des mouvements N°1 à 9 dans le lecteur ci-dessous.
  2. Pour le deuxième jour de Noël : 26 décembre
    L’Annonciation (annonce faite par l’archange Gabriel de la naissance de Jésus). Mouvements N°10 à 23
  3. Pour le troisième jour de Noël : 27 décembre
    L’adoration des bergers pour le nouveau-né. Mouvements N°24 à 35
  4. Pour la Fête de la circoncision du Christ : 1er janvier
    L’adoration du nom de Jésus. Mouvements N°36 à 42
  5. Pour le dimanche après le Jour de l’an : 2 janvier (en 1734)
    1ère partie du récit des Rois Mages. Mouvements N°43 à 53
  6. Pour la Fête de l’épiphanie : 6 janvier
    2ème partie du récit des Rois Mages. Mouvements N°54 à 64

Sur le plan musical, on distinguera les différents mouvements présents dans les oratorios :

  • les chœurs : mouvements destinés à être chantés par un chœur et non par des solistes ; on les distinguera chez Bach -comme chez la plupart des compositeurs baroques d’ailleurs - des chorals, dans lequel le chœur chante d’une manière beaucoup plus formalisée et en cadence ; dans les oratorios, on reconnaitra souvent dans les chœurs les interventions de la foule dans l’histoire, tandis que les chorals disent en général les louanges des croyants, amenées comme des commentaires au texte (et donc beaucoup moins liées à l’avancement de la narration). Exemples de chœur dans l’œuvre : chœur d’introduction N°1, chœur N°24, chœur chanté par les bergers N°26
  • les chorals : genre musical par excellence de Jean-Sébastien Bach, les chorals sont des chants articulés autour de plusieurs phrases courtes (les périodes), écrites sous forme d’une harmonie à 4 voix autour d’une mélodie (généralement la voix la plus aigüe, chantée par les sopranos). Aux paroles près, les chorals sont jouables à l’orgue. Nous reparlerons de ce genre musical dans un article dédié ; à titre d’exemple nous pourrons écouter les mouvements N°5, 9, 33 mais aussi le final N°64, magnifique choral aux périodes coupées par les cordes et les cuivres.
  • les récitatifs : voix de soliste accompagnée par des instruments ou un basse continue (orgue par exemple) ; les récitatifs de l’évangéliste chez Bach font avancer l’action par la narration de l’histoire. Comme les textes de l’Oratorio de Noël sont inspirés des évangiles de Saint Luc et de Saint Matthieu, l’évangéliste a bien la fonction narrative de chanter son texte (début du premier récitatif : “En ce temps-là …”). On distinguera les récitatifs de l’évangéliste, dits secs car ayant seulement un accompagnement musical minimal, des récitatifs des protagonistes de l’oratorio qui sont dits accompagnés car avec l’orchestre ou une partie de l’orchestre. A titre d’exemple on écoutera attentivement les 2ème et 3ème pistes qui sont respectivement un récitatif de l’évangéliste et un récitatif de Marie (alto).
  • les arias : mélodies expressives chantées : écouter par exemple le premier aria de l’œuvre au N°4, chanté par Marie.
  • les ariosos : à mi-chemin entre les arias et les récitatifs (exemple : N°40)
  • les duos, trios etc. : mélodies expressives dans lesquelles interviennent plusieurs solistes.
  • les sinfonias : court mouvement instrumental ; il y a une sinfonia au N°10.

L’œuvre étant très longue (environ 2h30), nous vous proposons d’écouter certains mouvements assez représentatifs, mais nous invitons bien entendu les lecteurs intéressés à prendre le temps pour écouter intégralement l’oratorio :

  • N°1 : célèbre chœur d’introduction “Jauchzet, frohlocket” (Jubilez, réjouissez-vous !”)
  • N°4 : aria de Marie (alto) “Bereite dich Zion” (“Prépare toi, Sion, à recevoir avec tendresse bientôt en ton sein le plus beau, le plus cher des tiens”)
  • N°10 : la sinfonia, intermède instrumental entre la naissance de Jésus et l’annonciation. Très beau mouvement reposant.
  • N°24 : chœur ponctué par les cuivres
  • N°45 (piste 10 du deuxième lecteur) : chœur fugué des Mages mêlé à un récitatif ; ici les Mages disent avoir vu son étoile en Orient et cherchent Jésus ; Marie leur répond. Le chœur s’inscrit dans la narration.
  • N°64 (piste 29 du deuxième lecteur) : choral accompagné par les cuivres et les cordes ; louange des croyants à Jésus.

Une traduction du texte de  l’Oratorio de Noël est disponible ici au format PDF, et il est très intéressant de prendre le temps d’écouter l’œuvre avec sa traduction.

Parties 1, 2 et 3
Numéros 1 à 35
Parties 4, 5 et 6
Ajouter 35 au numéro de la piste pour avoir le numéro dans l’œuvre (36 à 64)

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3 réponses à “Oratorio de Noël BWV 248 de Bach”

  1. Les chorals de Bach | La musique classique du jour dit :

    [...] Oratorio de Noël, BWV 248 [...]

  2. AlphaNico dit :

    Merci beaucoup pour cet article, j’ai eu l’occasion d’assiter a des répétitions de l’oratorio de Noël et c’est une joie de pouvoir le réécouter gratuitement. Surtout quand on est jeune et qu’on ne peux pas forcément assister a une représentation.

    Merci encore, A bientôt

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  3. Pasquier dit :

    Lumière pour le coeur, Raphaël

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