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La musique classique du jour


Lundi 23 février 2009

La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 3ème partie (20-35)


Gethsémani, oliveraie au pied du mont des Oliviers

Gethsémani, oliveraie au pied du mont des Oliviers (source: Wikipedia)


Continuons notre écoute de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Jean-Sébastien Bach avec les numéros 20 à 35, c’est-à-dire l’épisode de la veillée et l’arrestation de Jésus au mont des Oliviers. Les lecteurs arrivant sur cette page pourront revenir à l’écoute de la partie précédente (Le dernier repas) ou encore au premier article de la série, présentation générale de l’œuvre. Dans le contexte de l’œuvre, on se retrouve après le dernier repas de Jésus avec ses 12 disciples (la Cène), au cours duquel il annonce que l’un d’entre eux le livrera aux grands-prêtres juifs, dont on sait qu’ils sont dérangés par les soulèvements populaires que pourrait provoquer la présence de Jésus. Dans cet épisode, il se rend accompagné de ses disciples au jardin Gethsémani, oliveraie au pied du mont des Oliviers (Ölberg)  ; c’est ici qu’il sera trahi par Judas et arrêté.

20. Récitatif : “Und da sie den Lobgesang gesprochen hatten”

Jésus se rend avec ses disciples au mont des Oliviers (Mt 26:30-32).

20. Und da sie den Lobgesang gesprochen hatten
Rezitativ
– Evangelist :
Und da sie den Lobgesang gesprochen hatten, gingen sie hinaus an den Ölberg. Da sprach Jesus zu ihnen :
– Jesus :
In dieser Nacht werdet ihr euch alle ärgern an mir. Denn es stehet geschrieben: Ich werde den Hirten schlagen, und die Schafe der Herde werden sich zerstreuen. Wann ich aber auferstehe, will ich vor euch hingehen in Galiläam.
Récitatif
– L’évangéliste :
Après a voir loué dieu et rendu grâce, vers les oliviers ils montèrent. Alors Jésus leur dit :
– Jésus :
En cette nuit, vous faillirez tous à cause de moi. Car telle est la parole : je frapperai le Berger ; et sans chef, le troupeau se dispersera. Mais je ressusciterai, et vous précéderai en Galilée.

21. Choral : “Erkenne mich, mein Hüter”

Ce choral met en musique la 5ème strophe de O Haupt voll Blut und Wunden (”Tête couverte de sang et de blessures”) de Paul Gerhardt (1607 - 1676) ; sa mélodie provient du chant profane Herzlich tut mich verlangen (”Ardemment j’aspire à une fin heureuse”) du compositeur Hans Leo Hassler (1564 - 1612). Notons que l’on retrouve la mélodie et l’harmonisation dans le choral du numéro 23 “Ich will hier bei dir stehen”.

21. Erkenne mich, mein Hüter
Choral
Erkenne mich, mein Hüter,
Mein Hirte, nimm mich an !
Von dir, Quell aller Güter,
Ist mir viel Gut’s getan.
Dein Mund hat mich gelabet
Mit Milch und süßer Kost,
Dein Geist hat mich begabet
Mit mancher Himmelslust.
Choral
Reconnais-moi, mon Maître,
Rassemble ton troupeau,
O Toi, source de toute bonté,
Toi qui m’as fait tant de bien,
Toi qui as calmé ma faim
Par le lait et par le miel,
Toi dont l’esprit m’a donné
La joie céleste.

22. Récitatif : “Petrus aber antwortete und sprach zu ihm”

Jésus prédit à Pierre que celui-ci le reniera par trois fois avant le jour (Mt 26:33-35).

22. Petrus aber antwortete und sprach zu ihm
Rezitativ — Evangelist :
Petrus aber antwortete und sprach zu ihm :
– Petrus :
Wenn sie auch alle sich an dir ärgerten, so will ich doch mich nimmermehr ärgern.
– Evangelist :
Jesus sprach zu ihm :
– Jesus :
Wahrlich, ich sage dir : In dieser Nacht, ehe der Hahn krähet, wirst du mich dreimal verleugnen.
– Evangelist :
Petrus sprach zu ihm :
– Petrus :
Und wenn ich mit dir sterben müßte, so will ich dich nicht verleugnen.
– Evangelist :
Desgleichen sagten auch alle Jünger.
Récitatif
– L’évangéliste :
Mais Pierre, élevant la voix, dit ces paroles :
– Pierre :
Et quand bien même tous auraient failli, mon cœur sera inébranlable.
– L’évangéliste :
Jésus répondit :
– Jésus :
En vérité, je te le dis : en cette nuit avant que le coq chante, trois fois tu m’auras renié.
– L’évangéliste :
Pierre dit alors :
– Pierre :
Plutôt que de renier mon Maître, j’affronterai les supplices.
– L’évangéliste :
Ainsi parlèrent tous les disciples.

23. Choral : “Ich will hier bei dir stehen”

Comme évoqué plus haut, ce choral utilise la mélodie du chant profane Herzlich tut mich verlangen (”Ardemment j’aspire à une fin heureuse”) de Hans Leo Hassler (1564 - 1612) ; il est également harmonisé comme le choral du numéro 21 “Erkenne mich mein Hüter”.

23. Ich will hier bei dir stehen
Choral
Ich will hier bei dir stehen ;
Verachte mich doch nicht !
Von dir will ich nicht gehen,
Wenn dir dein Herze bricht.
Wenn dein Herz wird erblassen
Im letzten Todesstoß,
Alsdenn will ich dich fassen
In meinen Arm und Schoß.
Choral
Je veux rester fidèle
A Toi, divin Sauveur.
Écoute mon appel
Et fortifie mon cœur.
Et quand sur le Calvaire
Ton cœur pâlira, près de la mort
Je veux encore une fois
Pouvoir te serrer dans mes bras.

24. Récitatif : “Da kam Jesus mit ihnen zu einem Hofe, der hieß Gethsemane”

Jésus et ses disciples arrivent au jardin appelé Gethsemani, une oliveraie au pied du mont des Oliviers où ils auraient eu l’habitude de se rendre pour se reposer (voir la photo en début d’article). (Mt 26: 36-38)

24. Da kam Jesus mit ihnen zu einem Hofe, der hieß Gethsemane
Rezitativ
– Evangelist :
Da kam Jesus mit ihnen zu einem Hofe, der hieß Gethsemane, und sprach zu seinen Jüngern :
– Jesus :
Setzet euch hier, bis daß ich dorthin gehe und bete.
– Evangelist :
Und nahm zu sich Petrum und die zween Söhne Zebedäi und fing an zu trauern und zu zagen. Da sprach Jesus zu ihnen :
– Jesus :
Meine Seele ist betrübt bis an den Tod ; bleibet hier und wachet mit mir.
Récitatif
– L’évangéliste :
Puis Jésus, avec eux vint en un jardin nommé Gethsemani et dit à ses disciples :
– Jésus :
Là, demeurez, tandis que je m’éloigne et prie.
– L’évangéliste :
Il emmena Pierre et les deux fils de Zébédée et sentant l’angoisse dans son âme, Il leur dit ces paroles :
– Jésus :
En mon âme, je suis triste à en mourir ; restez là, veillez avec moi.

25. Récitatif (ténor) et choral : “O Schmerz !”

Ce très beau numéro vient superposer au récitatif (plus proche de l’arioso) du ténor le choeur des fidèles ; le soliste relate les souffrances du Christ, et on perçoit un grand tourment dans son chant du fait du rythme en double croches de la basse continue. Le choeur des fidèles l’interrompt pour chanter la 3ème strophe du choral Herzliebster Jesu de Johann Heermann, déjà utilisé dans le numéro 3 ; ce choral rappelle que Jésus rachète l’offense commise par tous.

25. O Schmerz !
Rezitativ (tenor) mit choral
– Rezitativ :
O Schmerz ! Hier zittert das gequälte Herz ! Wie sinkt es hin, wie bleicht sein Angesicht ! Der Richter führt ihn vor Gericht, Da ist kein Trost, kein Helfer nicht. Er leidet alle Höllenqualen Er soll für fremden Raub bezahlen. Ach, könnte meine Liebe dir, Mein Heil, dein Zittern und dein Zagen Vermindem oder helfen tragen Wie geme blieb ich hier !

– Choral : Was ist die Ursach solcher Plagen ?
Ach ! meine Sünden haben dich geschlagen ;
Ich, ach Herr Jesu, habe dies verschuldet,
Was du erduldet.

Récitatif (ténor) et choral
– Récitatif : Ô Ciel ! Qu’il tremble et souffre dans son coeur ! Son front pâlit, son clair regard s’éteint. Traîné devant le tribunal, Il sera seul sans nul soutien. Affreuses peines qu’il endure ! Le Juste paie pour nous coupables. Ah ! si l’élan d’un coeur aimant, Seigneur, dans ta souffrance amère Etait un baume à ta misère, Ô Maître, auprès de toi prends-moi!

– Choral : Ô Bien-Aimé, pourquoi si grande peine ?
Ah! mes péchés sont cause de sa perte !
C’est moi, hélas, qui ai commis l’offense,
Et Lui l’expie !

26. Aria (ténor) et choeur : “Ich will bei meinem Jesu wachen”

Dans la continuité du numéro précédent, on retrouve le soliste ténor et le choeur, mais le texte ainsi que la musique présentent une atmosphère moins angoissante. Le ténor, accompagné par un hautbois, rassure les fidèles en leur promettant de veiller sur le Christ.

26. Ich will bei meinem Jesu wachen
Arie (tenor) mit chor
– Solo :
Ich will bei meinem Jesu wachen.
– Chor :
So schlafen unsre Sünden ein.
– Solo :
Meinen Tod Büßet seiner Seelen Not ;
Sein Trauren machet mich voll Freuden.
– Chor :
Drum muß uns sein verdienstlich
Leiden Recht bitter und doch süße sein.
Aria (ténor) et choeur
– Solo :
Permets qu’auprès de Toi je veille.
– Choeur :
Ainsi s’endorment nos remords.
– Solo :
De la mort Tu nous sauves par ta mort,
Tes larmes coulent pour ma joie.
– Choeur :
Et tes douleurs pour nous endurées
Étreignent et dilatent mon cœur.

27. Récitatif : “Und ging hin ein wenig”

Jésus va boire la coupe d’amertume, symbole divin de l’acceptation de sa mort inévitable (Mt 26:39).

27. Und ging hin ein wenig
Rezitativ
– Evangelist :
Und ging hin ein wenig, fiel nieder auf sein Angesicht und betete und sprach
– Jesus :
Mein Vater, ist’s möglich, so gehe dieser Kelch von mir ; doch nicht wie ich will, sondern wie du willst.
Récitatif
– L’évangéliste :
Il fit quelques pas puis, face contre terre prosterné, il dit ces mots :
– Jésus :
Mon Père, détourne, s’il est possible, cette coupe. Mais je l’accepte si Tu l’ordonnes.

28. Récitatif (basse) : “Der Heiland fällt vor seinem Vater nieder”

Jésus se prosterne devant son Père, ce qu’illustrent les arpèges descendants des cordes.

28. Der Heiland fällt vor seinem Vater nieder
Rezitativ (bass)
Der Heiland fällt vor seinem Vater nieder ; dadurch erhebt er mich und alle von unserm Falle Hinauf zu Gottes Gnade wieder. Er ist bereit, Den Kelch, des Todes Bitterkeit zu trinken, in welchen Sünden dieser Welt gegossen sind und häßlich stinken, weil es dem lieben Gott gefällt.
Récitatif (basse)
Devant son Père le Sauveur s’abaisse, et ses mérites nous élèvent, pécheurs indignes, jusqu’à la source de la grâce. Il obéit, jusqu’à la lie il boit le calice où sont versés tous les péchés de l’univers : l’amère coupe sera vidée car Dieu le veut.

29. Aria (basse) : “Gerne will ich mich bequemen”

Cet air de forme da capo symbolise un fidèle prêt à boire la coupe amère purifiée par Jésus.

29. Gerne will ich mich bequemen
Arie (bass)
Gerne will ich mich bequemen,
Kreuz und Becher anzunehmen,
Trink ich doch dem Heiland nach.
Denn sein Mund,
Der mit Milch und Honig fließet,
Hat den Grund
Und des Leidens herbe Schmach
Durch den ersten Trunk versüßet.
Aria (basse)
Bois, mon coeur, vide la coupe ;
Croix, supplices, joie des âmes,
Abreuvez-moi je suis prêt.
Coupe, doux calice pour mes lèvres.
Bois à pleins bords, ô mon coeur !
Car Jésus en y trempant les lèvres
A dissipé son fiel et son âcre saveur,
Et laissé un pur parfum de miel.

30. Récitatif : “Und er kam zu seinen Jüngern”

Jésus vient demander à ses disciples de prier ; ceux-ci sont endormis, ne saisissant pas la proximité de son arrestation (Mt 26:40-42).

30. Und er kam zu seinen Jüngern
Rezitativ
– Evangelist :
Und er kam zu seinen Jüngern und fand sie schlafend und sprach zu ihnen :
– Jesus :
Könnet ihr denn nicht eine Stunde mit mir wachen ? Wachet und betet, daß ihr nicht in Anfechtung fallet ! Der Geist ist willig, aber das Fleisch ist schwach.
– Evangelist :
Zum andern Mal ging er hin, betete und sprach :
– Jesus :
Mein Vater, ist’s nicht möglich, daß dieser Kelch von mir gehe, ich trinke ihn denn, so geschehe dein Wille.
Récitatif
– L’évangéliste :
Puis il vint vers les disciples. Ceux-ci dormaient. Alors il dit :
– Jésus :
Ne pouvez-vous pas avec moi veiller une heure ? Veillez et priez pour vous préserver de la chute. L’esprit est fort, mais la chair est faible.
– L’évangéliste :
Il s’éloigna de nouveau et pria ainsi :
– Jésus :
Mon Père, s’il le faut, je viderai le calice sans rien y laisser, à ton ordre soumis.

31. Choral : “Was mein Gott will, das g’scheh allzeit”

En commentaire du récitatif précédent, ce choral demande le soutien divin aux cœurs qui prient. Le texte provient de la 1ère strophe du lied d’Albert de Brandebourg (1490 - 1568), dernier grand maître de l’ordre Teutonique et premier duc héréditaire de Prusse, mais également auteur de lieds luthériens.

31. Was mein Gott will, das g’scheh allzeit
Choral
Was mein Gott will, das g’scheh allzeit,
Sein Will, der ist der beste ;
Zu helfen den’n er ist bereit,
Die an ihn glauben feste.
Er hilft aus Not, der fromme Gott,
Und züchtiget mit Maßen.
Wer Gott vertraut, fest auf ihn baut,
Den will er nicht verlassen.
Choral
La volonté du Créateur
Toujours soit obéie !
Devant son bras puissant, vainqueur
L’univers tremble et plie.
Ô Toi, l’espoir des malheureux,
La crainte des impies,
Ô Toi, ma force, ô Toi, mon Dieu,
Soutiens les cœurs qui prient.

32. Récitatif : “Und er kam und fand sie aber schlafend”

Le récit de l’arrestation de Jésus (Mt 26:43-50). Notons que le récit de la Passion selon saint Jean de Bach commence à ce stade du drame. Judas désigne Jésus aux gardes venus l’arrêter d’un baiser, d’où l’expression “baiser de Judas”. On retrouve de nombreuses illustrations de cette scène célèbre dans l’art :

2. Und er kam und fand sie aber schlafend
Rezitativ
– Evangelist :
Und er kam und fand sie aber schlafend, und ihre Augen waren voll Schlafs. Und er ließ sie und ging abermal hin und betete zum dritten Mal und redete dieselbigen Worte. Da kam er zu seinen Jüngern und sprach zu ihnen :
– Jesus :
Ach, wollt ihr nun schlafen und ruhen ? Siehe, die Stunde ist hier, daß des Menschen Sohn in der Sünder Hände überantwortet wird. Stehet auf, lasset uns gehen ; siehe, er ist da, der mich verrät.
– Evangelist :
Und als er noch redete, siehe, da kam Judas, der Zwölfen einer, und mit ihm eine große Schar mit Schwertern und mit Stangen, von den Hohenpriestern und Ältesten des Volks. Und der Verräter hatte ihnen ein Zeichen gegeben und gesagt : “Welchen ich kussen werde, der ist’s, den greifet”. Und alsbald trat er zu Jesum und sprach :
– Judas :
Gegrüßet seist du, Rabbi !
– Evangelist :
Und küssete ihn. Jesus aber sprach zu ihm :
– Jesus :
Mein Freund, warum bist du kommen ?
– Evangelist :
Da traten sie hinzu und legten die Hände an Jesum und griffen Ihn.
Récitatif
– L’évangéliste : Il revint et vit que ses disciples dormaient encore d’un lourd sommeil. De nouveau, à l’écart il alla prier pour la troisième fois, et prononça les mêmes paroles. Il vint retrouver les siens et dit ces mots :
– Jésus :
Ah ! Comment, vous dormez en paix, ô mes frères ! Voici que l’heure est venue où le Fils de l’homme sera remis aux mains de ses ennemis. Levez-vous, allons ensemble, voyez, voici l’homme qui me livre.
– L’évangéliste :
Et, comme il parlait, voici que Judas, l’un des Douze, avance ; une foule le suivait, armée de bâtons et d’épées par les chefs des prêtres et les anciens du peuple. Avec Judas, un signe était convenu, car il avait dit ceci : “Celui que je baiserai, il faut le prendre”. Il vint bientôt à Jésus et lui dit :
– Judas :
Salut à Toi, ô Maître!
– L’évangéliste :
Et il l’embrassa. Jésus alors répondit :
– Jésus :
Mon ami, que viens-tu donc faire ?
– L’évangéliste :
La foule qui suivait entoura alors Jésus et s’en saisit.

33. Duo (soprano et alto) et choeur : “So ist mein Jesus nun gefangen”

On notera dans ce mouvement que le continuo n’entre que lorsque le deuxième choeur chante, c’est-à-dire lors des exclamations “Lâchez-le, arrêtez, ne l’attachez pas !” etc. Le déchainement des éléments contre le traître Judas (foudre et tonnerre) est une invention du librettiste Picander (Christian Friedrich Henrici).

33. So ist mein Jesus nun gefangen
Duo (sopran und alto) mit chor
– Soli :
So ist mein Jesus nun gefangen.
Mond und Licht
Ist vor Schmerzen untergangen,
Weil mein Jesus ist gefangen.
Sie führen ihn ; er ist gebunden.

– Chor :
Laßt ihn, haltet, bindet nicht !
Sind Blitze, sind Donner in Wolken verschwunden ?
Eröffne den feurigen Abgrund, o Hölle,
Zertrümmre, verderbe, verschlinge, zerschelle
Mit plötzlicher Wut
Den falschen Verräter, das mördrische Blut !

Duo (soprano et alto) et choeur
– Soli :
Ainsi mon Jésus est donc capturé.
Jour de deuil !
Voyez-vous, la clarté céleste s’est voilée.
C’est Jésus que l’on entraîne.
Tu vas lié, chargé de chaînes.

– Choeur :
Lâchez-le, arrêtez, ne l’attachez pas !
Que brille, que gronde, qu’éclate et frappe la foudre !
Enfer, sombre abîme, redouble ta rage,
Renverse, écrase, dévore, d’un soudain courroux
L’indigne, le traître, Le bras criminel.

34. Récitatif : “Und siehe, einer aus denen, die mit Jesu waren”

Episode de Pierre qui défend Jésus, puis la fuite des disciples (Mt 26:51-56) On retrouve également dans les tableaux présentés ci-dessus l’image de Pierre coupant l’oreille d’un valet avec son glaive.

34. Und siehe, einer aus denen, die mit Jesu waren
Rezitativ
– Evangelist :
Und siehe, einer aus denen, die mit Jesu waren, reckete die Hand aus und schlug des Hohenpriesters Knecht und hieb ihm ein Ohr ab. Da sprach Jesus zu ihm:
– Jesus :
Stecke dein Schwert an seinen Ort ; denn wer das Schwert nimmt, der soll durchs Schwert umkommen. Oder meinest du, daß ich nicht könnte meinen Vater bitten, daß er mir zuschickte mehr denn zwölf Legion Engel ? Wie würde aber die Schrift erfüllet ? Es muß also gehen.
– Evangelist :
Zu der Stund sprach Jesus zu den Scharen :
– Jesus :
Ihr seid ausgegangen als zu einem Mörder, mit Schwertern und mit Stangen, mich zu fangen, bin ich doch täglich bei euch gesessen und habe gelehret im Tempel, und ihr habt mich nicht gegriffen. Aber das ist alles geschehen, daß erfüllet würden die Schriften der Propheten.
– Evangelist :
Da verließen ihn alle Jünger und flohen.
Récitatif
– L’évangéliste :
Et voici : l’un des disciples, qui portait une arme, étendit la main, et d’un coup trancha l’oreille droite du valet du grand prêtre. Alors Jésus lui dit:
– Jésus :
Rentre ton épée ! Qui tue par le glaive, périt par le glaive. Oses-tu douter, que si j’avais voulu prier mon Père, il n’eût envoyé vers moi des milliers de ses anges ? Comment donc s’accompliraient les Ecritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ?
– L’évangéliste :
A la foule, ensuite, il s’adressa :
– Jésus :
Vous venez me prendre comme un vil coupable. Pourquoi tous ces bâtons et ces épées ? J’étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez saisi. Mais ces choses sont arrivées, et les Ecritures ainsi sont accomplies.
– L’évangéliste :
A ces mots les disciples prirent la fuite.

35. Choral : “O Mensch, bewein dein Sünde groß”

Ce choral termine la 1ère partie de la Passion selon saint Matthieu (notre découpage en 3 épisodes constitue en réalité cette première partie). C’est donc un beau choeur, beaucoup plus évolué qu’un choral harmonisé. Le texte provient de la 1ère strophe du lied de Sebald Heyden (1499 - 1561), et la mélodie du compositeur Matthias Greitter (1495 - 1550). Dans sa version de 1725, la Passion selon saint Jean de Bach était introduite par ce choral.

35. O Mensch, bewein dein Sünde groß
Choral
O Mensch, bewein dein Sünde groß,
Darum Christus sein’s Vaters Schoß
Äußert und kam auf Erden ;
Von einer Jungfrau, rein und zart,
Für uns er hie geboren ward,
Er wollt der Mittler werden.
Den Toten er das Leben gab
Und legt dabei all Krankheit ab,
Bis sich die Zeit herdrange,
Daß er für uns geopfert würd,
Trüg unsrer Sünden schwere
Bürd Wohl an dem Kreuze lange.
Choral
C’est toi, pécheur, c’est toi, mortel,
Pour qui Jésus est descendu du Ciel
Pour venir sur cette terre.
Né d’une Vierge sans péché
Dans l’humble crèche, il est couché,
Du pauvre il est le frère.
Il a rendu la vie aux morts,
Il a guéri les plaies du corps ;
Et quand sonna son heure,
Pour nous sauver il s’est offert,
Et grands tourments il a soufferts,
Avant qu’en croix il ne meure.

On considère en général que ces trois premières parties de notre écoute (l’épisode du parfum, le dernier repas et la veillée puis l’arrestation au mont des Oliviers) constituent la première partie de la Passion selon saint Matthieu. Les numéros de cette troisème scène de l’œuvre sont disponibles à l’écoute ici ; pour en écouter la suite, on pourra continuer sur l’article correspondant aux numéros 36 à 48 (le jugement de Jésus et le reniement de Pierre) ou revenir à l’article général sur la Passion selon saint Matthieu.

Voici une sélection d’interprétations de la passion selon saint Matthieu, parmi lesquelles se trouve la version Karl Richter en écoute sur ce site :

  1. Version Philippe Herreweghe - Collegium Vocale Gent (avec Andreas School) : comme toujours la version Herreweghe est un enregistrement de grande qualité sonore, dans une version très dynamique
  2. Version Karl Richter : cette version de 1958 est celle qui est en écoute sur le site ; malgré l’âge, la qualité sonore reste très bonne ; cette sublime version annonce la redécouverte romantique des œuvres baroques dans la 2ème moitié du 20ème siècle. A posséder !
  3. Version Herbert von Karajan - Berliner Philharmoniker : une version “controversée” et déroutante mais cependant appréciée de beaucoup ; tempo très lent, sonorités éloignées de la musique baroque, etc.
  4. Version Klemperer : version plus romantique que baroque, mais d’une grandeur fascinante

Le livret de l’œuvre (textes + traduction en français) est disponible en PDF : Livret et traduction de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach (source: Ensemble Orchestral de Paris). Comme toujours, les musiciens trouveront partitions libres de droit (au format PDF) et fichiers MIDI de l’oeuvre en téléchargement sur le site de l’IMSLP (http://www.imslp.org/wiki/St._Matthew_Passion,_BWV_244_(Bach,_Johann_Sebastian)), et surtout sur la Choral Public Domain Library : http://www.cpdl.org/wiki/index.php/Matth%C3%A4uspassion%2C_BWV_244_(Johann_Sebastian_Bach).


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5 réponses à “La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 3ème partie (20-35)”

  1. La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, approche générale | La musique classique du jour dit :

    [...] La veillée et l’arrestation au mont des Oliviers (20 à 35) [...]

  2. La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 2ème partie (11-19) | La musique classique du jour dit :

    [...] « La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 1ère partie (1-10) La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 3ème partie (20-35) [...]

  3. La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 4ème partie (36-48) | La musique classique du jour dit :

    [...] Les lecteurs arrivant sur cette page pourront revenir à l’écoute de la partie précédente (La veillée) ou encore au premier article de la série, présentation générale de l’œuvre. Pour [...]

  4. La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, 5ème partie (49-61) | La musique classique du jour dit :

    [...] proviennent également le choral du numéro 3 (1ère strophe: Herzliebster Jesu) ainsi que le choral du numéro 25 (3ème strophe: Was ist die Ursach solcher Plagen [...]

  5. bouchard dit :

    [29. Aria (basse) : “Gerne will ich mich bequemen”
    Cet air de forme da capo symbolise un fidèle prêt à boire la coupe amère purifiée par Jésus.]

    A propos de votre texte reproduit sis-dessus, il est fait allusion à Mt 26:39. Or, ce n’est pas un disciple mais Jésus lui-même qui, après lui avoir demandé d’éloigner la coupe, fait part à Dieu qu’il est tout à fait disposé à lui obéir et à boire cette coupe : “Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux”.

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