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La musique classique du jour


Archives de la catégorie ‘Période romantique’

Mardi 23 octobre 2012

Lacrymosa du Requiem de Verdi


Écoutons aujourd’hui ce sublime mouvement du Requiem de Verdi, créé en 1874 ; il s’agit du Lacrymosa, dernière partie de la prière du Dies Irae.

Lacrimósa dies illa,    Jour de larmes que ce jour-là,
qua resúrget ex favílla    où ressuscitera de la poussière
judicándus homo reus.    l’homme coupable, pour être jugé
Huic ergo parce, Deus.    Pardonne à cet homme-là, ô Dieu
Pie Jesu Dómine,    Doux Seigneur Jésus
dona eis réquiem. Amen    Donne-lui le repos. Amen


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Note: 8.5/10 (24 votes)

Jeudi 30 août 2012

Requiem en ré mineur, op. 48 de Gabriel Fauré


Le Requiem de Gabriel Fauré (1845-1924) est une messe de Requiem (c’est-à-dire destinée à la liturgie d’un enterrement), composée de 1887 à 1900 (elle connaitra plusieurs versions), et exécutée pour la première fois à Paris en 1888, en l’Église de la Madeleine, dont Fauré était alors titulaire de l’orgue.

Il s’agit de l’une des œuvres les plus connues de la musique française, et probablement l’une des plus belles en musique vocale ; elle est empreinte d’une « atmosphère de douceur, émerveillement, humilité et espoir » (pour plagier Wikipédia), que l’on sent dès les premiers accords de l’introit.

Voir l’article Wikipédia


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Note: 8.0/10 (13 votes)

Mardi 14 février 2012

Symphonie n°2 “Cambridge”, de Hubert Parry (1883)


Nous vous proposons d’écouter aujourd’hui la symphonie n°2 “The Cambridge”, en fa majeur, du compositeur anglais Sir Hubert Parry (1848-1918).

Hubert Parry

Hubert Parry (1848-1918)

Hubert Parry (1848-1918)

Hubert Parry naît dans le sud de l’Angleterre en 1848, au début de la période victorienne (1837-1901). Il commence ses études à Eton et, son père ne voyant pas d’avenir dans une carrière musicale, est encadré par un précepteur peu disposé à celle-ci. Cependant le jeune Hubert, mélomane, se forme auprès de l’organiste de la chapelle Saint-George à Windsor. Il poursuit alors des études de droit et d’histoire à Oxford, où il commence ses premières compositions (alors influencées par Mendelssohn, très en vogue). Il y fréquente la famille Herbert, comtes de Pembroke, et entame une relation cachée avec leur fille Maud. Quand cette relation est comprise par Lady Herbert, la mère de Maud, le jeune Hubert Parry est contraint d’accepter de “commencer une carrière respectable, ailleurs que dans la musique”, faute de quoi son alliance ne sera pas possible pour cause de différence de position sociale avec son amante. Il est alors engagé par la banque Lloyds mais n’oublie en rien sa véritable passion et rencontre différents compositeurs en vue, dont Clara Schumann, qui lui feront découvrir Brahms, Wagner… et Schumann. Peu après son mariage avec Maud Herbert et grâce à l’aide de Sir George Grove, mélomane et mécène, Hubert réussit à quitter Lloyds pour se consacrer à l’étude de la musique. Il commence alors à composer dans différents registres (sonates pour piano, duos pour pianos, quatuor à vent, oeuvres orchestrales, etc.), et connaît ses premiers succès à partir de 1880 (Prometheus unbound, oeuvre chorale d’inspiration wagnérienne, symphonie n°1 en 1882). Il est alors appelé à enseigner l’histoire de la musique du Royal College of Music, prestigieuse école de musique de Londres créée en 1883 et dirigée par Sir George Grove. Grâce au soutien de son collègue Charles Villiers Stanford, professeur de composition et futur grand nom de la musique victorienne, Hubert Parry compose différentes oeuvres pour l’université de Cambridge. C’est dans ce contexte qu’il reçoit commande en 1883 d’une symphonie, sa future “The Cambridge symphony”.

La suite de la carrière de Parry est couronnée de succès, puisqu’en 1894, âgé de 46 ans, il devient directeur du Royal College of Music.

Anobli en 1898, il est actuellement considéré comme une personnalité influente de la musique anglaise du début du XXè siècle, que l’on retient en particulier pour son célèbre hymne “Jerusalem” (sur le poème de Blake : And did those feet in ancient times).

La symphonie n°2 en fa majeur “The Cambridge”

Cette symphonie illustre la maîtrise par Parry du contrepoint, c’est-à-dire la combinaison cohérente de lignes mélodiques distinctes. En particulier, il s’agit souvent ici de grandes masses de cordes superposées et constituant 3 lignes mélodiques.

Construite à la manière d’un “poème symphonique” - il s’agit de la fin du romantisme ! -, cette symphonie raconterait la vie d’un jeune étudiant à Cambridge : ses joies, tristesses, romances, son enthousiasme, etc.

Nous vous recommandons en particulier l’écoute des 1er et 3ème mouvements.

1er mouvement

Ce premier mouvement, qui nous rappelle la symphonie Écossaise de Mendelssohn (1842), expose d’emblée le thème récurrent de la symphonie, grâce aux violoncelles (repris successivement par les altos, violons II et violons I).
Simple, facile à retenir et assez joli, ce thème commence par un intervalle montant de sixte mineure, intervalle “douloureux, suppliant, ou aussi flatteur” selon Kirnberger (1776 - un exemple célèbre de sixte mineure est le début de la musique du film “Love Story” au piano).

2ème mouvement

Ce mouvement en scherzo décrit la joie de vivre de l’étudiant, ses vacances festives…

3ème mouvement

Cette andante commence comme le premier mouvement, par le thème de la symphonie - et sa sixte mineure -, mais sans l’idée de “mystère” créée par le support des contrebasses et les déclinaisons successives du thème par le quatuor à cordes.

Le thème est présenté ici en quatre mesures par les hautbois, sur fond de clarinettes et de manière plus nue que dans le premier mouvement, donnant une impression de plus grande sensibilité (du début à 0’15). Ensuite, il est confié aux lignes mélodiques des cordes, qui le déclinent sous différentes formes jusqu’à le transformer en une nouvelle mélodie (de 0’15 à 2’00 environ) avant d’arriver à une explosion qui les font répondre aux cuivres (de 2’00 à 3’00). Après un intermède (3’00 à 3’54), le thème est alors repris de manière majestueuse par les violoncelles, ponctués par les montées des violons et l’enchevêtrement mélodique des cordes (3’54 à 5’00 environ). Le schéma de l’intermède est alors repris, par les bois et cuivres (5’00 à 5’50), avant une reprise du thème par les violons, des variations et leur abandon progressif (à partir de 6’00 et jusqu’à la fin).

Ce mouvement nous reflète les premières passions du héros de la pièce : ses anxiétés, mais aussi ses accès heureux et amoureux. Le thème musical imaginé par Parry dépeint parfaitement les passions, généralement sereines mais ponctuées par des phases de tourments.

4ème mouvement

Ce mouvement commence par un chaleureux et dynamique thème “sul G” par les violons (c’est-à-dire devant être joué par ceux-ci sur la corde de sol, la plus grave et au son chaud). La fin de l’oeuvre est marquée par une explosion orchestrale qui rappelle facilement celles des symphonies n°3 ou n°4 de Brahms.

Parry met ici en musique la réjouissance et la détermination de l’étudiant, désormais diplômé et ayant à coeur de faire son chemin dans le monde. Le thème principal apparaît discrètement, mais sous une forme “positive”.

Conclusion

Particulièrement belle et légèrement empreinte d’un accent britannique, cette symphonie préfigure la musique symphonique anglaise du début du XXè siècle (en particulier Elgar).

Elle reste cependant peu connue, et n’est que rarement jouée (création française (?) en 2007 par Jean-Philippe Sarcos).


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Note: 8.4/10 (7 votes)

Mercredi 12 janvier 2011

Messe en ré majeur op.86 de Dvorák


Nous changeons d’époque pour écouter aujourd’hui une nouvelle œuvre sacrée, composée par le tchèque Antonin Dvorák (1841 - 1904) en 1887, suite à une commande privée.

Antonín Dvořák (1841 - 1904) - Source : Wikipédia

Antonín Dvořák (1841 - 1904) - Source : Wikipédia

Il s’agit de sa Messe en ré majeur opus 86, l’une de ses grandes œuvres sacrées avec le Stabat Mater op.58 et le Requiem op.89.

Cette œuvre possède une structure classique de messe et comporte 6 mouvements :

  • Kyrie
  • Gloria
  • Credo
  • Sanctus
  • Benedictus
  • Agnus Dei

Nous écoutons ici la version initiale pour orgue et chœur (par le Knabenchor Hannover - chœur de garçons de Hanovre) :

Messe en ré op. 86 de Dvorak

Messe en ré op. 86 de Dvorak, par le Knabenchor de Hanovre

Voici une courte présentation de l’œuvre, reprise du site http://www.psallette.ch/Oeuvres/dvorak.html :

Lorsqu’il se lance dans la composition de la Messe en ré majeur, Anton Dvorák répond à une commande privée du mécène Josef Hlávka, architecte, fondateur et président de l’Académie tchèque des sciences et des arts, pour la consécration de la chapelle de son château de Luzany, qui doit avoir lieu le 11 septembre 1887. À cette époque, l’œuvre de Dvorák comporte déjà plusieurs pièces sacrées (dont, notamment, le Stabat Mater et le Psaume 149), mais aucune autre messe ne parviendra jusqu’à nous. Dvorák réalise sa commande en trois semaines, entre mars et avril 1887, et, dans sa lettre de dédicace à Hlávka, la caractérise en ces termes : « Elle pourrait s’appeler Foi, Espérance et Amour du dieu tout-puissant, et action de grâces parce que j’ai pu achever cette œuvre à la gloire de l’Éternel et de l’Art. Ne soyez pas surpris de ma dévotion. Seul un artiste dévot peut engendrer une œuvre de cette sorte. Bach, Beethoven, Raphaël et beaucoup d’autres en sont la preuve. Mais c’est vous-même également que je dois remercier de m’avoir incité à écrire une œuvre de cette forme, car autrement je n’y aurais probablement jamais pensé. Jusqu’à maintenant en effet, toutes mes autres œuvres de ce genre avaient de grandes dimensions et utilisaient de grands moyens. Cette fois-ci, cependant, je me suis servi de moyens réduits, et pourtant j’ose dire que j’ai réussi ».

Si les moyens en sont réduits, c’est qu’à l’origine la Messe est conçue pour chœur mixte et orgue, n’introduisant que de rares moments solistes au fil des six sections qui la composent - Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus, Agnus dei. Elle illustre cependant parfaitement la synthèse que le compositeur a su opérer entre la musique sacrée et le sentiment populaire tchèque qui l’anime. Cinq ans après la création de la Messe sous la direction du compositeur lui-même, l’éditeur londonien de Dvorák décida d’en proposer la publication, dans une version orchestrale toutefois qui fut créée au Crystal Palace, à Londres, le 11 mars 1893, ouvrant la voie à la diffusion anglo-saxonne de l’œuvre qui s’étendit, en 1894 déjà, à New York, Minneapolis, et la Nouvelle-Orléans.


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Note: 6.1/10 (16 votes)

Mardi 27 avril 2010

Le Chant des Parques, op. 89 de Brahms (Gesang der Parzen)



Johannes Brahms à 20 ans (source : Wikipédia)

Johannes Brahms à 20 ans (source : Wikipédia)

Nous restons aujourd’hui dans les œuvres chorales pour écouter un puissant chœur de Brahms (1833 - 1897) : Le Chant des Parques, op.89 (Der Gesang der Parzen).

Composé en 1882, cette œuvre romantique met en musique un texte de Goethe, tiré de sa tragédie Iphigénie en Tauride (Iphigenie auf Tauris - 1779, réécriture par Goethe de la tragédie d’Euripide).
Dans la mythologie romaine, les Parques sont trois divinités représentées comme des fileuses, et symbolisant le Destin et la Nécessité. Elles vivent dans un palais où le sort des hommes est gravé dans le fer, immuable, et détiennent un fil symbole du cours de la vie qu’elles peuvent dérouler ou trancher. Le lied illustre la terrible opposition entre l’obscur chaos du monde des Hommes, qui attendent leur jugement, et le faste de la puissante Olympe où résident les dieux.
Brahms reprend à merveille la noirceur du texte en doublant les pupitres bas (altos et basses, choeur SAATBB à 6 voix) ; le choeur chante pour l’essentiel en harmonie, avec quelques passages sous la forme de contrepoints ou de réponses. Enfin l’orchestre particulièrement important pour une œuvre de cette durée (11 minutes) lui donne un très fort caractère de puissance, à la manière d’une symphonie chorale.
Der Gesang der Parzen

Es fürchte die Götter
Das Menschengeschlecht!
Sie halten die Herrschaft
In ewigen Händen,
Und können sie brauchen,
Wie’s ihnen gefällt.


Der fürchte sie doppelt
Den je sie erheben!
Auf Klippen und Wolken
Sind Stühle bereitet
Um goldene Tische.


Erhebet ein Zwist sich,
So stürzen die Gäste,
Geschmäht und geschändet
In nächtliche Tiefen,
Und harren vergebens,
Im Finstern gebunden,
Gerechten Gerichtes.


Sie aber, sie bleiben
In ewigen Festen
An goldenen Tischen.
Sie schreiten vom Berge
Zu Bergen hinüber:


Aus Schlünden der Tiefe
Dampft ihnen der Atem
Erstickter Titanen,
Gleich Opfergerüchen,
Ein leichtes Gewölke.


Es wenden die Herrscher
Ihr segnendes Auge
Von ganzen Geschlechtern
Und meiden, im Enkel
Die ehmals geliebten,
Still redenden Züge
Des Ahnherrn zu sehn.


So sangen die Parzen;
Es horcht der Verbannte,
In nächtlichen Höhlen
Der Alte die Lieder,
Denkt Kinder und Enkel
Und schüttelt das Haupt.
Le Chant des Parques

Elle craint les dieux
La race des hommes!
Ils ont le pouvoir
En leurs mains éternelles,
Et peuvent l’utiliser
Comme bon leur semble.


Doublement doit les craindre
Celui qu’ils ont élevé!
Sur les falaises et les nuages,
Les chaises sont prêtes
Autour de tables d’or.


Que s’élève un conflit,
Alors les hôtes sont précipités,
Calomniés et déshonorés,
Dans les profondeurs de la nuit,
Et ils attendent en vain,
Au coeur de l’obscurité,
L’équité du tribunal.


Mais eux, ils restent
A leur éternelle fête
A leurs tables d’or.
Ils marchent là-haut
De montagne en montagne:


Du gouffre des profondeurs
S’élève vers eux l’haleine
Des titans qui suffoquent,
Pareille à l’odeur d’un sacrifice,
Un léger nuage.


Les maîtres détournent
Leurs yeux bénis
De toutes races,
Et évitent de voir dans leur progéniture
Autrefois bien aimée,
Les traits parlants
De leurs aïeux.


Ainsi chantent les Parques;
Le proscrit écoute,
Dans la nuit de sa caverne,
Les chants des anciens,
Pense à ses enfants et petits enfants
Et hoche la tête.

On trouvera comme toujours la partition sur le site de l’IMSLP : http://imslp.org/wiki/Gesang_der_Parzen,_Op.89_(Brahms,_Johannes)


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