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La musique classique du jour


Archives de la catégorie ‘Période baroque’

Lundi 10 septembre 2012

Cantate “Christ lag in Todesbanden” BWV 4 de Bach


La cantate BWV 4 de Bach a été spécialement composée pour Pâques 1707, d’où le soin particulier qui lui en est échu. Jean-Sébastien Bach n’a alors pourtant pas encore 22 ans et signe une œuvre magnifique sur le thème de la victoire de Dieu sur la mort. C’est exactement au même moment, et au même âge, que l’autre grande figure du génie baroque Georg Friedrich Haendel signe le non moins impressionnant Dixit Dominus.
Le titre Christ lag in todesbanden (Le Christ gisait dans les liens de la mort) correspond aux premières paroles de ce psaume, écrit par Martin Luther. En introduction, la Sinfonia purement orchestrale, lente et majestueuse, dresse une atmosphère intense et dramatique. Elle se termine par un enchaînement vibrant d’une sixte napolitaine, septième diminuée, puis cadence parfaite, pour terminer sur une tierce picarde en mi Majeur, comme un résumé de la victoire finale de la Lumière sur les Ténèbres.
Le chœur reprend directement en mi mineur et nous replonge dans un climat plus torturé, où le Christ repose sur la Croix pour nous sauver de nos péchés. Les sopranos reprennent par des blanches soutenues l’air grégorien Victimae paschali laudes, alors que les trois autres voix adoptent des thèmes successifs qui se répondent à un rythme beaucoup plus rapide (croches, doubles et noires). Au moment de l’Alla breve époustouflant à la fin du premier chœur, toutes les voix redeviennent équivalentes et produisent une série sans fin de Hallelujah superposés et décalés avant le cri ultime des sopranes et l’apaisement de la cadence finale.
La version précieuse que nous propose Ton Koopman présente ici des problèmes audios mais devrait ravir l’auditeur sur CD, alors que Gardiner nous propose un premier chœur beaucoup plus lent avant un Hallelujah détonnant.

Le verset ii associe les deux voix de femmes qui dans une lamentation résignée et presque apaisée dialoguent de l’emprise de la mort sur le royaume humain, justifié par nos péchés.
Après que l’air de ténor a relaté la venue de Jésus parmi nous pour mettre fin à son empire et détruire le péché, un deuxième chœur, dans le style du premier et sur le même thème, mais à quatre voix d’importance égales, chante le combat qui eut lieu et qui fit de la mort une dérision (”Ein Spott“).
Pour le deuxième verset, voici la version de Richter, aux accents beaucoup plus romantiques, .
On pourra trouver ici la deuxième moitié de l’enregistrement d’Harnoncourt (versets iii à vii).

En écho aux ténors, ce sont les basses qui après un bref rappel du thème constatent à nouveau la victoire sur notre bourreau, ici grâce à l’agneau pascal. Inlassablement, le verset vi reprend le thème plus longuement, et comme tous les autres versets persévère sur la tonalité de départ de la pièce, mi mineur, et finit lui aussi par un Hallelujah. Ce sont les changements de rythmes et de pupitres qui garantissent le renouveau musical du morceau, par exemple dans ce verset avec l’emploi de triolets quasiment omniprésents en dehors du thème.
Enfin, un choral ponctue la cantate en clamant que même durant ce repas de Pâques, la seule nourriture essentielle à notre âme demeure dans le Christ. Hallelujah !

Pour terminer, une version intégrale d’une formation hollandaise (celle qui est proposée avec cet article).

Vous trouverez également les paroles et traduction sur la Choral Public Domain Library : traductions et paroles de la cantate BWV 4 de Bach.

(merci à l’auteur de l’article pour sa contribution sur Musique du jour !)


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Note: 7.8/10 (10 votes)

Jeudi 9 août 2012

Rondeau « Forêts paisibles » des Indes galantes de Rameau


Nous écoutons aujourd’hui un extrait des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) ; l’œuvre est un opéra-ballet, créé en 1735, et composé d’un prologue et de quatres “entrées” (actes). Nous sommes ici à la fin de la dernière entrée, les Sauvages : dans une forêt d’Amérique, guerriers indiens et colons français et espagnols se réconcilient autour du calumet de la paix, dans une grande danse en rondeau.

La vidéo ci-dessous présente une version de concert (c’est-à-dire sans mise en scène), où la soprano Magali Léger et le baryton Laurent Naouri chantent avec les Musiciens du Louvre, dirigés par Marc Minkowski.

ZIMA, ADARIO.
Forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

CHOEUR DES SAUVAGES.
Forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

ZIMA, ADARIO.
Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
Offrir tes faux attraits !
Ciel, tu les as faites
Pour l’innocence et pour la paix.

CHOEUR DES SAUVAGES.
Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
Offrir tes faux attraits !
Ciel, tu les as faites
Pour l’innocence et pour la paix.

ZIMA, ADARIO.
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles!
Ah! peut-on être heureux,
Quand on forme d’autres voeux ?

CHOEUR DES SAUVAGES.
Forêts paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos coeurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.


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Mercredi 8 août 2012

Passacaille de la suite n°7 pour clavecin de Haendel


Nous restons dans la musique baroque pour écouter un extrait de la 7è suite pour clavecin en sol mineur de Haendel (HWV 432), composée dans les années 1720.

Il s’agit d’une passacaille, c’est-à-dire une forme musicale inspirée de danses populaires, et construite en combinant une basse obstinée avec des variations mélodiques et rythmiques sur un thème. Cette forme musicale est proche de la chaconne (cf. par exemple la célèbre chaconne pour violon de Bach).

À noter que le compositeur norvégien Johan Halvorsen (1864-1935) a adapté la passacaille de Haendel dans une version pour deux instruments à cordes (2 violons ou violon + violoncelle), ci-dessous jouée par les frères Capuçon :


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Mardi 7 août 2012

Concerto pour alto en sol, de Telemann


Nous écoutons aujourd’hui le concerto pour alto en sol de Telemann, composé entre 1716 et 1721, une des œuvres les plus connues pour cet instrument :


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Lundi 6 août 2012

Motet « Jesu, meine Freude » BWV 227 de Bach


Chers lecteurs,

Nous restons encore chez Bach pour écouter une de ses plus belles œuvres vocales.
Ce motet, écrit en 1723, fait partie d’un ensemble de 6 motets « funèbres », BWV 225 à 230, composés pour différents offices funèbres ; relativement long et particulièrement complexe, c’est également le motet le plus connu.

Il est constitué de 11 mouvements, prenant différentes formes musicales (chorals, trios, fugues, etc.).
On ne manquera pas d’écouter le superbe mouvement « Gute Nacht, O Wesen! » (Bonne nuit, Ô existence), ci-dessous situé à 13 min 50 dans la vidéo.

Voici ci-dessous le livret et la traduction française des différents mouvements (source : Bach Cantatas, traduction de Guy Lafaille) :

1. Jesu, meine Freude,
Meines Herzens Weide,
Jesu, meine Zier,
Ach wie lang, ach lange
Ist dem Herzen bange
Und verlangt nach dir!
Gottes Lamm, mein Bräutigam,
Außer dir soll mir auf Erden
Nichts sonst Liebers werden.

2. Es ist nun nichts Verdammliches an denen,
die in Christo Jesu sind,
die nicht nach dem Fleische wandeln,
sondern nach dem Geist.

3. Unter deinem Schirmen
Bin ich vor den Stürmen
Aller Feinde frei.
Laß den Satan wittern,
Laß den Feind erbittern,
Mir steht Jesus bei.
Ob es itzt gleich kracht und blitzt,
Ob gleich Sünd und Hölle schrecken:
Jesus will mich decken.

4. Denn das Gesetz des Geistes, der da lebendig macht in Christo Jesu,
hat mich frei gemacht von dem Gesetz der Sünde und des Todes.

5. Trotz dem alten Drachen,
Trotz des Todes Rachen,
Trotz der Furcht darzu!
Tobe, Welt, und springe,
Ich steh hier und singe
In gar sichrer Ruh.
Gottes Macht hält mich in acht;
Erd und Abgrund muss verstummen,
Ob sie noch so brummen.

6. Ihr aber seid nicht fleischlich, sondern geistlich,
so anders Gottes Geist in euch wohnet.
Wer aber Christi Geist nicht hat, der ist nicht sein.

7. Weg mit allen Schätzen!
Du bist mein Ergötzen,
Jesu, meine Lust!
Weg ihr eitlen Ehren,
Ich mag euch nicht hören,
Bleibt mir unbewusst!
Elend, Not, Kreuz, Schmach und Tod
Soll mich, ob ich viel muss leiden,
Nicht von Jesu scheiden.

8. So aber Christus in euch ist, so ist der Leib zwar tot um der Sünde willen;
der Geist aber ist das Leben um der Gerechtigkeit willen.

9. Gute Nacht, o Wesen,
Das die Welt erlesen,
Mir gefällst du nicht.
Gute Nacht, ihr Sünden,
Bleibet weit dahinten,
Kommt nicht mehr ans Licht!
Gute Nacht, du Stolz und Pracht!
Dir sei ganz, du Lasterleben,
Gute Nacht gegeben.

10. So nun der Geist des, der Jesum von den Toten auferwecket hat, in euch wohnet, so wird auch derselbige, der Christum von den Toten auferwecket hat,
eure sterbliche Leiber lebendig machen um des willen,
dass sein Geist in euch wohnet.

11. Weicht, ihr Trauergeister,
Denn mein Freudenmeister,
Jesus, tritt herein.
Denen, die Gott lieben,
Muss auch ihr Betrüben
Lauter Zucker sein.
Duld ich schon hier Spott und Hohn,
Dennoch bleibst du auch im Leide,
Jesu, meine Freude.

1. Jésus, ma joie,
La pâture de mon cœur,
Jésus, mon trésor,
Ah, longtemps, ah, longtemps,
Mon cœur a souffert
Et t’a attendu !
L’agneau de Dieu, mon fiancé,
Près de toi sur terre
Rien ne me sera plus cher.

2. Il n’a plus maintenant rien de condamnable
pour ceux qui sont le Christ Jésus,
pour ceux qui ne marchent sur le chemin de la chair,
mais sur celui de l’esprit.

3. Sous ta protection
Je suis à l’abri des tempêtes
De tous ennemis.
Que satan soit en rage,
Que l’ennemi soit en fureur.
Jésus est avec moi.
Si maintenant il tonne et il fait des éclairs,
Si le péché et l’enfer terrifient,
Jésus me protègera.

4. Car la loi de l’esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus,
M’a affranchi de la loi du péché et de la mort.

5. Défions le vieux dragon,
Défions la vengeance de la mort,
Défions la peur aussi !
Rage, monde et attaque ;
Je me tiens ici et je chante
dans le calme de la certitude.
La force de Dieu prend soin de moi ;
La terre et le gouffre tombent en silence,
Même s’ils rugissent.

6. Vous, vous n’êtes pas dans la chair, mais plutôt dans l’esprit,
puisque l’esprit de Dieu habite en vous.
mais qui n’a pas l’esprit du Christ n’est pas de lui.

7. Au loin, avec tous les trésors !
Tu es mon plaisir,
Jésus, ma joie !
Au loin, vous vains honneurs,
je ne veux pas vous écouter,
Restez inconnus à moi !
Misère, détresse, torture, honte et mort
Bien que je doive souffrir beaucoup
Ne me sépareront jamais de Jésus.

8. Cependant si le Christ est en vous, alors le corps est mort en raison du péché ;
mais l’esprit est la vie en raison de la justice.

9. Bonne nuit, existence
Qui chérit le monde !
Tu ne me plais pas.
Bonne nuit, péchés,
Restez au loin,
Ne revenez jamais à la lumière !
Bonne nuit, fierté et gloire !
À toi absolument, vie de corruption,
On doit souhaiter bonne nuit !

10. Donc maintenant puisque l’esprit de celui qui a ressuscité Jésus des morts
fera vivre vos corps mortels,
en raison de son esprit qui habite en vous.

11. Reculez, vous esprits de tristesse,
Car mon maître de joie,
Jésus, arrive ici.
Pour ceux qui aiment Dieu,
Même leurs soucis
Doivent être du pur sucre.
Bien que j’endure moquerie et honte ici déjà
Néanmoins tu restes avec moi même dans le chagrin
Jésus, ma joie.


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