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La musique classique du jour


Archives de la catégorie ‘Musique instrumentale’

Mercredi 5 septembre 2012

Les Sept dernières paroles du Christ en croix de Haydn


Nous écoutons aujourd’hui Les Sept dernières paroles du Christ en croix (titre original Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze), une très belle œuvre du compositeur autrichien Joseph Haydn (1732-1809), composée à partir de 1786.

L’œuvre est construite autour des sept dernières paroles prononcées, d’après les quatre évangiles, par Jésus en croix, peu avant sa mort (voir sur Wikipédia) :
- Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34)
- Au Bon Larron (Saint Dismas) : En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis (Lc 23:43)
- À Marie : Femme, voici ton fils. : suivi de Voici ta mère à Jean (Jn 19:26-27)
- Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mc 15:34 et Mt 27:46) Il s’agit de l’émouvant Eli, Eli, Lama Asabtani en araméen que l’on retrouve par exemple dans la Passion selon saint Matthieu de Bach, dans la vidéo à 2h17m20s)
- J’ai soif (Jn 19:28)
- Tout est achevé (Jn 19:30) Pour les connaisseurs, cette parole est citée dans l’air pour alto Es ist vollbracht de la Passion selon saint Jean de Bach.
- Père, entre tes mains je remets mon esprit (Lc 23:46)

À ces 7 mouvements destinés à faire suite à la lecture de chacune des paroles par le célébrant lors d’une messe, Haydn a ajouté une introduction ainsi qu’un mouvement final, mettant en musique un tremblement de terre.

La première version composée par Haydn en 1786 était destinée à un orchestre, mais il la remania l’année qui construire une suite de 9 quatuors à cordes à partir des différents mouvements. Enfin, on rencontre parfois une version oratorio, chantée, adaptée en 1795 par Haydn suite à l’écriture d’un livret par un chanoine bavarois.


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Jeudi 30 août 2012

Requiem en ré mineur, op. 48 de Gabriel Fauré


Le Requiem de Gabriel Fauré (1845-1924) est une messe de Requiem (c’est-à-dire destinée à la liturgie d’un enterrement), composée de 1887 à 1900 (elle connaitra plusieurs versions), et exécutée pour la première fois à Paris en 1888, en l’Église de la Madeleine, dont Fauré était alors titulaire de l’orgue.

Il s’agit de l’une des œuvres les plus connues de la musique française, et probablement l’une des plus belles en musique vocale ; elle est empreinte d’une « atmosphère de douceur, émerveillement, humilité et espoir » (pour plagier Wikipédia), que l’on sent dès les premiers accords de l’introit.

Voir l’article Wikipédia


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Note: 8.1/10 (14 votes)

Mercredi 8 août 2012

Passacaille de la suite n°7 pour clavecin de Haendel


Nous restons dans la musique baroque pour écouter un extrait de la 7è suite pour clavecin en sol mineur de Haendel (HWV 432), composée dans les années 1720.

Il s’agit d’une passacaille, c’est-à-dire une forme musicale inspirée de danses populaires, et construite en combinant une basse obstinée avec des variations mélodiques et rythmiques sur un thème. Cette forme musicale est proche de la chaconne (cf. par exemple la célèbre chaconne pour violon de Bach).

À noter que le compositeur norvégien Johan Halvorsen (1864-1935) a adapté la passacaille de Haendel dans une version pour deux instruments à cordes (2 violons ou violon + violoncelle), ci-dessous jouée par les frères Capuçon :


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Note: 8.3/10 (8 votes)

Mardi 7 août 2012

Concerto pour alto en sol, de Telemann


Nous écoutons aujourd’hui le concerto pour alto en sol de Telemann, composé entre 1716 et 1721, une des œuvres les plus connues pour cet instrument :


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Mardi 14 février 2012

Symphonie n°2 “Cambridge”, de Hubert Parry (1883)


Nous vous proposons d’écouter aujourd’hui la symphonie n°2 “The Cambridge”, en fa majeur, du compositeur anglais Sir Hubert Parry (1848-1918).

Hubert Parry

Hubert Parry (1848-1918)

Hubert Parry (1848-1918)

Hubert Parry naît dans le sud de l’Angleterre en 1848, au début de la période victorienne (1837-1901). Il commence ses études à Eton et, son père ne voyant pas d’avenir dans une carrière musicale, est encadré par un précepteur peu disposé à celle-ci. Cependant le jeune Hubert, mélomane, se forme auprès de l’organiste de la chapelle Saint-George à Windsor. Il poursuit alors des études de droit et d’histoire à Oxford, où il commence ses premières compositions (alors influencées par Mendelssohn, très en vogue). Il y fréquente la famille Herbert, comtes de Pembroke, et entame une relation cachée avec leur fille Maud. Quand cette relation est comprise par Lady Herbert, la mère de Maud, le jeune Hubert Parry est contraint d’accepter de “commencer une carrière respectable, ailleurs que dans la musique”, faute de quoi son alliance ne sera pas possible pour cause de différence de position sociale avec son amante. Il est alors engagé par la banque Lloyds mais n’oublie en rien sa véritable passion et rencontre différents compositeurs en vue, dont Clara Schumann, qui lui feront découvrir Brahms, Wagner… et Schumann. Peu après son mariage avec Maud Herbert et grâce à l’aide de Sir George Grove, mélomane et mécène, Hubert réussit à quitter Lloyds pour se consacrer à l’étude de la musique. Il commence alors à composer dans différents registres (sonates pour piano, duos pour pianos, quatuor à vent, oeuvres orchestrales, etc.), et connaît ses premiers succès à partir de 1880 (Prometheus unbound, oeuvre chorale d’inspiration wagnérienne, symphonie n°1 en 1882). Il est alors appelé à enseigner l’histoire de la musique du Royal College of Music, prestigieuse école de musique de Londres créée en 1883 et dirigée par Sir George Grove. Grâce au soutien de son collègue Charles Villiers Stanford, professeur de composition et futur grand nom de la musique victorienne, Hubert Parry compose différentes oeuvres pour l’université de Cambridge. C’est dans ce contexte qu’il reçoit commande en 1883 d’une symphonie, sa future “The Cambridge symphony”.

La suite de la carrière de Parry est couronnée de succès, puisqu’en 1894, âgé de 46 ans, il devient directeur du Royal College of Music.

Anobli en 1898, il est actuellement considéré comme une personnalité influente de la musique anglaise du début du XXè siècle, que l’on retient en particulier pour son célèbre hymne “Jerusalem” (sur le poème de Blake : And did those feet in ancient times).

La symphonie n°2 en fa majeur “The Cambridge”

Cette symphonie illustre la maîtrise par Parry du contrepoint, c’est-à-dire la combinaison cohérente de lignes mélodiques distinctes. En particulier, il s’agit souvent ici de grandes masses de cordes superposées et constituant 3 lignes mélodiques.

Construite à la manière d’un “poème symphonique” - il s’agit de la fin du romantisme ! -, cette symphonie raconterait la vie d’un jeune étudiant à Cambridge : ses joies, tristesses, romances, son enthousiasme, etc.

Nous vous recommandons en particulier l’écoute des 1er et 3ème mouvements.

1er mouvement

Ce premier mouvement, qui nous rappelle la symphonie Écossaise de Mendelssohn (1842), expose d’emblée le thème récurrent de la symphonie, grâce aux violoncelles (repris successivement par les altos, violons II et violons I).
Simple, facile à retenir et assez joli, ce thème commence par un intervalle montant de sixte mineure, intervalle “douloureux, suppliant, ou aussi flatteur” selon Kirnberger (1776 - un exemple célèbre de sixte mineure est le début de la musique du film “Love Story” au piano).

2ème mouvement

Ce mouvement en scherzo décrit la joie de vivre de l’étudiant, ses vacances festives…

3ème mouvement

Cette andante commence comme le premier mouvement, par le thème de la symphonie - et sa sixte mineure -, mais sans l’idée de “mystère” créée par le support des contrebasses et les déclinaisons successives du thème par le quatuor à cordes.

Le thème est présenté ici en quatre mesures par les hautbois, sur fond de clarinettes et de manière plus nue que dans le premier mouvement, donnant une impression de plus grande sensibilité (du début à 0’15). Ensuite, il est confié aux lignes mélodiques des cordes, qui le déclinent sous différentes formes jusqu’à le transformer en une nouvelle mélodie (de 0’15 à 2’00 environ) avant d’arriver à une explosion qui les font répondre aux cuivres (de 2’00 à 3’00). Après un intermède (3’00 à 3’54), le thème est alors repris de manière majestueuse par les violoncelles, ponctués par les montées des violons et l’enchevêtrement mélodique des cordes (3’54 à 5’00 environ). Le schéma de l’intermède est alors repris, par les bois et cuivres (5’00 à 5’50), avant une reprise du thème par les violons, des variations et leur abandon progressif (à partir de 6’00 et jusqu’à la fin).

Ce mouvement nous reflète les premières passions du héros de la pièce : ses anxiétés, mais aussi ses accès heureux et amoureux. Le thème musical imaginé par Parry dépeint parfaitement les passions, généralement sereines mais ponctuées par des phases de tourments.

4ème mouvement

Ce mouvement commence par un chaleureux et dynamique thème “sul G” par les violons (c’est-à-dire devant être joué par ceux-ci sur la corde de sol, la plus grave et au son chaud). La fin de l’oeuvre est marquée par une explosion orchestrale qui rappelle facilement celles des symphonies n°3 ou n°4 de Brahms.

Parry met ici en musique la réjouissance et la détermination de l’étudiant, désormais diplômé et ayant à coeur de faire son chemin dans le monde. Le thème principal apparaît discrètement, mais sous une forme “positive”.

Conclusion

Particulièrement belle et légèrement empreinte d’un accent britannique, cette symphonie préfigure la musique symphonique anglaise du début du XXè siècle (en particulier Elgar).

Elle reste cependant peu connue, et n’est que rarement jouée (création française (?) en 2007 par Jean-Philippe Sarcos).


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