Un grand classique de violon solo, mais qui reste indémodable : la chaconne de la partita n°2 pour violon solo BWV 1004, de Bach.
Composée entre 1717 et 1723, cette chaconne est reconnue comme un achèvement de l’art baroque pour violon solo, car elle fait appel à pratiquement toutes les techniques de l’époque. Elle est de nos jours exigée dans pratiquement tous les concours et auditions de violon.
À noter pour les grands amateurs de Bach, l’existence d’un CD admirable publié suite à la découverte d’un musicologue : l’enchaînement des tonalités dans la chaconne présente des analogies avec celui de chorals d’une cantate (BWV 4), au point que le violoniste Christoph Poppen et le Hilliard Ensemble ont superposé ces deux œuvres pour un résultat des plus intéressants.
Le résultat peut être écouté dans le CD “Morimur”, qui vaut certainement l’investissement :
Morimur, par Christoph Poppen et The Hilliard Ensemble
Chers amis mélomanes, chers visiteurs, L’équipe de MusiqueDuJour.com se joint à moi pour vous adresser ses meilleurs vœux pour l’année 2011. Voici quelques nouvelles de votre site favori, laissé à l’abandon depuis quelques mois :
Dietrich Buxtehude
une première bonne nouvelle : le site Jiwa.fr, utilisé par MusiqueDuJour.com pour le streaming légal des musiques proposées, a connu une mauvaise passe au cours de laquelle le composant d’écoute en ligne ne fonctionnait plus ; le site était en cours de rachat / reprise depuis quelques temps, et voici qu’il va progressivement reprendre son activité. Pour ce qui nous concerne, le composant d’écoute fonctionne de nouveau comme avant ! Souhaitons à l’équipe de Jiwa de réussir dans ce domaine désormais très concurrentiel !
une deuxième bonne nouvelle : MusiqueDuJour.com va progressivement reprendre son activité éditoriale, grâce à un format peut-être plus « allégé » qu’auparavant. On privilégiera désormais la régularité des articles à leur longueur. Le site se présentera donc plus comme une plate-forme d’échange et de discussion autour de musiques « classiques », avec des articles très réguliers accompagnés des musiques décrites en écoute intégrale, et de temps en temps des dossiers plus « fournis ». Enfin, le site conservera toujours l’esprit d’ouverture du genre musical « classique » au plus grand monde qui en a motivé la création.
et enfin un constat très positif : l’absence de mise à jour éditoriale n’a pas diminué la fréquentation du site !
Nous voudrions remercier les nombreuses personnes nous ayant envoyé des messages de soutien ou d’encouragement pour ce travail. Si vous aimez telle ou telle musique, n’hésitez pas à nous proposer (par email ou dans les commentaires des articles) des sujets d’articles que nous pourrions diffuser ! Et à l’occasion de cette « reprise » de l’activité de MusiqueDuJour.com, nous vous proposons une musique chorale d’un compositeur peu connu du grand public, relativement connu des amateurs de musique, et déjà rencontré sur MusiqueDuJour : Dietrich BUXDEHUDE (1637 - 1707), compositeur allemand de la période baroque. Nous avions présenté il y a plus d’un an en novembre 2009 les Membra Jesu Nostri de Buxtehude ; nous restons toujours dans le répertoire choral et religieux, avec une œuvre de circonstance, car relatant la naissance de Jésus (cantate de la Nativité). Voici donc la cantate sacrée Das neugeborne Kindelein (Le petit enfant nouveau-né), de Dietrich Buxtehude :
Le texte n’est pas de Buxtehude, mais du compositeur et auteur de textes religieux Cyriaque Schneegass (1546 - 1597). Notons que Bach l’utilise également dans la cantate pour la nativité BWV 122.
Outre l’aspect « de saison », pourquoi nous proposons-vous cette musique ? La réponse tient en quelques critères : peu connue du grand public, particulièrement belle, et assez caractéristique d’un genre et d’une époque.
Voici les paroles ici, ainsi qu’une traduction (compilation de différentes sources trouvées ici) :
Das neugeborne Kindelein,
Das herzeliebe Jesulein,
Bringt abermal ein neues Jahr
Der auserwählten Christenschar.
Des freuen sich die Engelein,
Die gerne um und bei uns sein,
[Sie] singen in den Lüften frei,
Daß Gott mit uns versöhnet sei.
Ist Gott versöhnt und unser Freund,
Was [mag] uns tun der arge Feind?
Trotz [Türken, Papst] und Höllen Pfort,
Das Jesulein ist unser Hort!
Es bringt das rechte Jubeljahr,
Was trauern wir dann immerdar?
Frisch auf, [es ist itzt] Singens Zeit!
Das Jesulein wendt alles Leid!
Le petit enfant nouveau-né,
Le petit Jésus cher et adoré,
Apporte encore une fois la nouvelle année
À la légion des chrétiens, ses élus.
Les petits anges se réjouissent de ceci,
Ils sont heureux avec nous et autour de nous,
Ils chantent librement dans les airs,
Puisque Dieu est réconcilié avec nous.
Puisque Dieu nous est réconcilié et qu’il est notre allié,
Que peut nous faire le malin ennemi ?
Bravant le diable et la porte des enfers,
Le petit Jésus est notre crèche.
Voici venir l’année jubilaire,
Que craignons-nous encore ?
Allons ! l’heure est venue de chanter :
Le petit Jésus détourne toutes les souffrances.
Gabriel Fauré, par John Singer Sargent vers 1889 (source: Wikipédia)
Nous écouterons aujourd’hui le Cantique de Jean Racine, une courte mais magnifique œuvre sacrée pour chœur et orchestre (ou orgue) composée par Gabriel Fauré en 1864.
Gabriel Fauré (1845 - 1924) est l’un des grands compositeurs français de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Élève de Camille Saint-Saëns, il sera l’organiste titulaire de l’église de la Madeleine à Paris, puis professeur de composition au conservatoire de Paris (succédant à Jules Massenet), et enfin directeur de cet établissement. Musicien réputé en son temps, il deviendra membre de l’Institut de France en 1909 et sera même décoré Grand-Croix de la Légion d’honneur en 1920, quelques années avant d’être atteint d’une pneumonie qui lui sera fatale.
On retiendra de son œuvre de nombreuses pièces, en particulier :
un Requiem op.48 (1887)
plusieurs pièces vocales pour choeur et orchestre, parmi lesquelles Pavane op.50 (1887), Pelléas et Mélisande op.80 (1898) ou encore le Cantique de Jean Racine op.11 (1864)
de nombreuses pièces pour piano solo ainsi que des sonates piano/violon, des trios, etc.
Le Cantique de Jean Racine est une œuvre écrite à l’origine pour chœur SATB + quintette à cordes et harpe, version suivie de peu par un arrangement pour choeur et orgue ou piano (les deux versions sont proposées à l’écoute ici). Elle commence par une introduction instrumentale ou à l’orgue, à la suite de laquelle chacune des voix rentre à son tour, en commençant par les basses. On retrouve un passage instrumental vers le milieu de la partition, dans lequel des modulations de tonalité amènent le sommet expressif de l’œuvre au 2ème couplet.
Le texte à l’origine de l’œuvre a été écrit par le dramaturge Jean Racine (1639 - 1699 ; on l’appelle beaucoup plus souvent par son seul nom !), il s’agirait de la paraphrase d’un hymne attribué à saint Ambroise (Consors paterni luminis).
Verbe égal au Très-Haut, notre unique espérance,
Jour éternel de la terre et des cieux,
De la paisible nuit nous rompons le silence :
Divin sauveur, jette sur nous les yeux.
Répands sur nous le feu de ta grâce puissante ;
Que tout l’enfer fuie au son de ta voix ;
Dissipe ce sommeil d’une âme languissante
Qui la conduit à l’oubli de tes lois!
Ô Christ ! sois favorable à ce peuple fidèle,
Pour te bénir maintenant assemblé ;
Reçois les chants qu’il offre à ta gloire immortelle,
Cette œuvre très solennelle est devenue un grand classique pour les chœurs amateurs et professionnels. On en trouvera les partitions libres de droit au format PDF sur le site de l’International Music Score Library Project : Partitions du Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré.
Dietrich Buxtehude (à la viole de gambe à gauche) par Johannes Voorhout (1674) Source: Wikipedia
Musiquedujour.com revient aujourd’hui pour vous présenter une œuvre sublime de Dietrich Buxtehude, compositeur baroque célèbre mais peu connu du grand public (du moins avant le tricentenaire de sa mort en 2007). Il s’agit de la série de 7 cantates sacrées « Membra Jesu nostri », BuxWV 75 dans le catalogue des œuvres de Buxtehude.
Dietrich Buxtehude (1637 - 1707) est un compositeur et organiste dano-allemand de la période baroque - contemporain de Pachelbel, Reinken. Très célèbre en son temps, son œuvre a jusqu’à très récemment été délaissée par les musiciens et peu jouée en public. Le tricentenaire de sa mort en 2007 a cependant été l’occasion de redécouvrir ce grand compositeur, qui nous laisse entre autres une grande œuvre pour orgue ou de superbes pièces vocales. Sa célébrité à son époque est telle que de la même manière que l’on appelle Bach « le cantor de Leipzig », on parle de « l’organiste de Lübeck » pour désigner Buxtehude. Il est même question d’un voyage de 400km effectué à pied par le jeune Jean-Sébastien Bach en 1705 afin de rencontrer le célèbre organiste. Nous laisserons aux lecteurs intéressés par la vie de Buxtehude le soin de consulter Wikipédia, ou de lire sa récente biographie écrite par le musicologue Gilles Cantagrel (voir ici).
Nous ne parlerons pas aujourd’hui de l’œuvre de Buxtehude, mais seulement des « Membra Jesu nostri » (abréviation du latin « Membra Jesu nostri patientis sanctissima humissima totius cordis devotione decantata », littéralement « Les très saints membres de notre Seigneur Jésus souffrant, chantés avec la plus humble dévotion de son cœur tout entier »). Ce recueil composé en 1680 comporte sept cantates, chacune évoquant une partie du corps blessé du Christ (Gilles Cantagrel propose d’appeler le recueil « Les sept plaies du Christ en croix »).
On retrouve ainsi les cantates Ad pedes (aux pieds), Ad genua (aux genoux), Ad manus (aux mains), Ad latus (au flanc), Ad pectus (à la poitrine), Ad cor (au cœur), Ad faciem (au visage), qui sont toutes découpées en 6 mouvements (consulter à ce sujet le bon article de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Membra_Jesu_nostri). Le thème des cantates pourrait préparer l’auditeur à entendre un recueil affligé et une vision doloriste du Christ en croix. Il n’en est rien, et l’œuvre montre continuellement une image sereine, apaisée et méditative du martyre ; la musique, mettant en musique le poème spirituel médiéval Rhythmica Oratio invite donc plutôt le croyant à la réflexion dans la période de Pâques.
Nous vous proposons ici à l’écoute la version John Eliot Gardiner / Monteverdi Choir.
Sur Amazon sont disponibles plusieurs versions intéressantes, en particulier dans deux gammes chez Harmonia Mundi:
Edvard Grieg par Eilif Peterssen (1891)Source: Wikipedia
Après une longue absence, musiquedujour.com va essayer de revenir progressivement a un rythme régulier d’articles, pour continuer de vous faire découvrir ou redécouvrir le meilleur de la musique “savante”.
Pour ce retour, nous quitterons les compositeurs habituels pour écouter une œuvre relativement célèbre d’un compositeur moins courant, avec la Suite Holberg op.40d’Edvard Grieg.
Edvard Grieg (1843 - 1907) est un compositeur norvégien de la période romantique ; de nos jours, sa célébrité auprès du public français est essentiellement établie grâce à son concerto pour piano (op.16) ainsi qu’à ses suites Peer Gynt (op. 46 et op. 55). Grieg est cependant dans les pays scandinaves un véritable génie, pianiste et compositeur talentueux. Ses œuvres sont particulièrement célèbres en Norvège, et on les considère souvent comme l’identité musicale de son pays, mélange de tradition, folkore musical et romantisme européen de la fin du XIXème siècle (influence allemande).
Né à Bergen en Norvège d’un père diplomate britannique et d’une mère professeur de piano, Berg étudia la musique à Leipzig en Allemagne, puis à Copenhague, et retourna dans son pays natal afin d’y diffuser la musique classique (il fonde à Oslo en 1867 l’Académie norvégienne de musique). Face au peu de succès du début de sa carrière norvégienne, Grieg dut ajouter à la composition un travail de chef d’orchestre, chef de choeur et pianiste ; afin d’atteindre un public plus réceptif à ses compositions, il se lança rapidement dans des tournées dans les capitales européennes, au cours desquelles il rencontra les grands compositeurs de son temps : Wagner, Liszt, Brahms ou encore Tchaïkovski.
L’influence romantique sur sa musique est indéniable, mais elle reste empreinte d’un folklore nordique qu’on ne retrouve ailleurs. Pour beaucoup, Grieg est comparable à Frédéric Chopin pour les pays scandinaves, et on dit souvent que son oeuvre pour piano préfigure celle de Debussy (1862 - 1918).
La Suite Holberg op.40 (de son vrai nom : “Suite op.40 : Du temps de Holberg” - et originellement nommée “Suite dans le style ancien”) a été écrite en 1884 pour la célébration du 200ème anniversaire de la naissance de l’écrivain et dramaturge danois Ludvig Holberg (1684 - 1754), “Molière scandinave” lui aussi originaire de Bergen (alors sous le règne danois). Notons d’emblée que ces dates font de Holberg un contemporain de Jean-Sébastien Bach (1685 - 1750) ; on ne s’étonnera alors pas que le “style ancien” voulu par Grieg nous fasse sans hésitation penser à certaines compositions de Bach. La suite est écrite selon un découpage baroque du XVIIIème siècle en cinq mouvements de danse : prélude, sarabande, gavotte, air et rigaudon. On identifiera facilement dans l’oeuvre des passages rappelant des danses folkloriques (en particulier dans le rigaudon).
Composé à l’origine pour piano, l’arrangement de Grieg pour orchestre de cordes est plus connu de nos jours.
Les musiciens trouveront les partitions de la version piano et de l’arrangement pour orchestre au format PDF et libres de droit sur le site de l’IMSLP : partitions de la suite Holberg op.40 (PDF).