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Archives de la catégorie ‘Musique chorale’

Jeudi 28 juillet 2011

Brockes-Passion TWV5:1 de Telemann


Chers lecteurs,

Brockes-Passion de Telemann, Harmonia Mundi / René Jacobs

Brockes-Passion de Telemann, Harmonia Mundi / René Jacobs

Après plusieurs articles et une longue écoute de la Passion selon saint-Matthieu BWV 244 de Bach, nous vous proposons ici d’écouter une œuvre similaire, d’un autre grand compositeur baroque allemand : Georg Philipp Telemann. Contemporain de Bach et de Haendel (1681-1767 pour Telemann, 1685-1750 pour Bach, 1685-1759 pour Haendel), il jouissait d’une renommée plus importante de son vivant - ce qui peut nous surprendre tant la redécouverte baroque du XIXè siècle lui a préféré Bach ou Haendel. Telemann a d’ailleurs connu l’un et l’autre des deux grands compositeurs, et était même le parrain du compositeur Carl Philipp Emanuel Bach, fils de J.-S. Bach.

Compositeur parmi les plus productifs de l’Histoire de la musique, il aurait composé plus de 6000 œuvres (dont seulement 3600 seraient répertoriées dans le catalogue TWV), touchant à tous les styles et tous les instruments.

Telemann a en particulier écrit 46 passions, dont seulement 23 nous sont parvenues ; nous avons choisi de proposer l’une d’entre-elles à l’écoute car, au-delà de son esthétique, elle permet de percevoir d’autres aspects de ce type d’œuvres, relativement biaisé par la force des saint-Matthieu BWV 244 et saint-Jean BWV 245 de Bach, œuvres magistrales et archi-connues de la musique occidentale.

L’œuvre d’aujourd’hui est un oratorio de la Passion, c’est-à-dire qu’à la différence des passion-oratorio allemands destinés à la liturgie et s’appuyant essentiellement sur des extraits stricts des évangiles, elle devait être représentée dans une salle de concert, et son livret, entièrement versifié, n’est qu’inspiré des évangiles. Pour Johann Mattheson (autre compositeur contemporain de Bach, Telemann et Haendel, également auteur d’une Brockes-Passion), on peut parler d’« opéra sacrés ».

Par analogie aux traductions des Matthauspassion et Johannespassion en « Passion selon saint-Matthieu » et « Passion selon saint-Jean », les Brockes-Passion sont souvent appelées « Passion selon Brockes ». Barthold Heinrich Brockes (1680-1747) n’est cependant pas un évangéliste ; impliqué dans la vie politique et municipale de Hambourg, c’est en tant que poète qu’il écrivit en 1712 un livret en vers sur la Passion du Christ : Der für die Sünden der Welt gemarterte und sterbende Jesus (Jésus martyrisé et mourant pour le péché du monde). Ce texte eut un grand succès, puisque 11 compositeur allemands l’utilisèrent pour écrire une Brockes-Passion (parmi lesquels Telemann, Haendel, Mattheson, Keiser, etc.).

Telemann composa la sienne en 1716: le texte comme la musique nous font effectivement beaucoup plus penser à un opéra et une mise en scène que les passions de Bach.

On pourra se référer au livret et à sa traduction pendant l’écoute, tous deux proposés sur ce site : http://oratoriosbaroques.fr/Traductions/Brockes_Passion.htm.

(la vidéo intégrée ici n’est que la première partie de l’œuvre, sur 7).

Enfin, Harmonia Mundi et René Jacobs ont effectué en 2009 un très bel enregistrement de cette œuvre, avec comme toujours un livret particulièrement fourni (commentaires, traductions complètes, etc.) et soigneusement préparé.


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Mercredi 12 janvier 2011

Messe en ré majeur op.86 de Dvorák


Nous changeons d’époque pour écouter aujourd’hui une nouvelle œuvre sacrée, composée par le tchèque Antonin Dvorák (1841 - 1904) en 1887, suite à une commande privée.

Antonín Dvořák (1841 - 1904) - Source : Wikipédia

Antonín Dvořák (1841 - 1904) - Source : Wikipédia

Il s’agit de sa Messe en ré majeur opus 86, l’une de ses grandes œuvres sacrées avec le Stabat Mater op.58 et le Requiem op.89.

Cette œuvre possède une structure classique de messe et comporte 6 mouvements :

  • Kyrie
  • Gloria
  • Credo
  • Sanctus
  • Benedictus
  • Agnus Dei

Nous écoutons ici la version initiale pour orgue et chœur (par le Knabenchor Hannover - chœur de garçons de Hanovre) :

Messe en ré op. 86 de Dvorak

Messe en ré op. 86 de Dvorak, par le Knabenchor de Hanovre

Voici une courte présentation de l’œuvre, reprise du site http://www.psallette.ch/Oeuvres/dvorak.html :

Lorsqu’il se lance dans la composition de la Messe en ré majeur, Anton Dvorák répond à une commande privée du mécène Josef Hlávka, architecte, fondateur et président de l’Académie tchèque des sciences et des arts, pour la consécration de la chapelle de son château de Luzany, qui doit avoir lieu le 11 septembre 1887. À cette époque, l’œuvre de Dvorák comporte déjà plusieurs pièces sacrées (dont, notamment, le Stabat Mater et le Psaume 149), mais aucune autre messe ne parviendra jusqu’à nous. Dvorák réalise sa commande en trois semaines, entre mars et avril 1887, et, dans sa lettre de dédicace à Hlávka, la caractérise en ces termes : « Elle pourrait s’appeler Foi, Espérance et Amour du dieu tout-puissant, et action de grâces parce que j’ai pu achever cette œuvre à la gloire de l’Éternel et de l’Art. Ne soyez pas surpris de ma dévotion. Seul un artiste dévot peut engendrer une œuvre de cette sorte. Bach, Beethoven, Raphaël et beaucoup d’autres en sont la preuve. Mais c’est vous-même également que je dois remercier de m’avoir incité à écrire une œuvre de cette forme, car autrement je n’y aurais probablement jamais pensé. Jusqu’à maintenant en effet, toutes mes autres œuvres de ce genre avaient de grandes dimensions et utilisaient de grands moyens. Cette fois-ci, cependant, je me suis servi de moyens réduits, et pourtant j’ose dire que j’ai réussi ».

Si les moyens en sont réduits, c’est qu’à l’origine la Messe est conçue pour chœur mixte et orgue, n’introduisant que de rares moments solistes au fil des six sections qui la composent - Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus, Agnus dei. Elle illustre cependant parfaitement la synthèse que le compositeur a su opérer entre la musique sacrée et le sentiment populaire tchèque qui l’anime. Cinq ans après la création de la Messe sous la direction du compositeur lui-même, l’éditeur londonien de Dvorák décida d’en proposer la publication, dans une version orchestrale toutefois qui fut créée au Crystal Palace, à Londres, le 11 mars 1893, ouvrant la voie à la diffusion anglo-saxonne de l’œuvre qui s’étendit, en 1894 déjà, à New York, Minneapolis, et la Nouvelle-Orléans.


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Mardi 4 janvier 2011

Das neugeborne Kindelein BuxWV 13, de Buxtehude


Chers amis mélomanes, chers visiteurs, L’équipe de MusiqueDuJour.com se joint à moi pour vous adresser ses meilleurs vœux pour l’année 2011. Voici quelques nouvelles de votre site favori, laissé à l’abandon depuis quelques mois :

Dietrich Buxtehude

Dietrich Buxtehude

  • une première bonne nouvelle : le site Jiwa.fr, utilisé par MusiqueDuJour.com pour le streaming légal des musiques proposées, a connu une mauvaise passe au cours de laquelle le composant d’écoute en ligne ne fonctionnait plus ; le site était en cours de rachat / reprise depuis quelques temps, et voici qu’il va progressivement reprendre son activité. Pour ce qui nous concerne, le composant d’écoute fonctionne de nouveau comme avant ! Souhaitons à l’équipe de Jiwa de réussir dans ce domaine désormais très concurrentiel !
  • une deuxième bonne nouvelle : MusiqueDuJour.com va progressivement reprendre son activité éditoriale, grâce à un format peut-être plus « allégé » qu’auparavant. On privilégiera désormais la régularité des articles à leur longueur. Le site se présentera donc plus comme une plate-forme d’échange et de discussion autour de musiques « classiques », avec des articles très réguliers accompagnés des musiques décrites en écoute intégrale, et de temps en temps des dossiers plus « fournis ». Enfin, le site conservera toujours l’esprit d’ouverture du genre musical « classique » au plus grand monde qui en a motivé la création.
  • et enfin un constat très positif : l’absence de mise à jour éditoriale n’a pas diminué la fréquentation du site !

Nous voudrions remercier les nombreuses personnes nous ayant envoyé des messages de soutien ou d’encouragement pour ce travail. Si vous aimez telle ou telle musique, n’hésitez pas à nous proposer (par email ou dans les commentaires des articles) des sujets d’articles que nous pourrions diffuser ! Et à l’occasion de cette « reprise » de l’activité de MusiqueDuJour.com, nous vous proposons une musique chorale d’un compositeur peu connu du grand public, relativement connu des amateurs de musique, et déjà rencontré sur MusiqueDuJour : Dietrich BUXDEHUDE (1637 - 1707), compositeur allemand de la période baroque. Nous avions présenté il y a plus d’un an en novembre 2009 les Membra Jesu Nostri de Buxtehude ; nous restons toujours dans le répertoire choral et religieux, avec une œuvre de circonstance, car relatant la naissance de Jésus (cantate de la Nativité). Voici donc la cantate sacrée Das neugeborne Kindelein (Le petit enfant nouveau-né), de Dietrich Buxtehude :

Le texte n’est pas de Buxtehude, mais du compositeur et auteur de textes religieux Cyriaque Schneegass (1546 - 1597). Notons que Bach l’utilise également dans la cantate pour la nativité BWV 122.

Outre l’aspect « de saison », pourquoi nous proposons-vous cette musique ? La réponse tient en quelques critères : peu connue du grand public, particulièrement belle, et assez caractéristique d’un genre et d’une époque.

Voici les paroles ici, ainsi qu’une traduction (compilation de différentes sources trouvées ici) :

Das neugeborne Kindelein,
Das herzeliebe Jesulein,
Bringt abermal ein neues Jahr
Der auserwählten Christenschar.

Des freuen sich die Engelein,
Die gerne um und bei uns sein,
[Sie] singen in den Lüften frei,
Daß Gott mit uns versöhnet sei.

Ist Gott versöhnt und unser Freund,
Was [mag] uns tun der arge Feind?
Trotz [Türken, Papst] und Höllen Pfort,
Das Jesulein ist unser Hort!

Es bringt das rechte Jubeljahr,
Was trauern wir dann immerdar?
Frisch auf, [es ist itzt] Singens Zeit!
Das Jesulein wendt alles Leid!

Le petit enfant nouveau-né,
Le petit Jésus cher et adoré,
Apporte encore une fois la nouvelle année
À la légion des chrétiens, ses élus.

Les petits anges se réjouissent de ceci,
Ils sont heureux avec nous et autour de nous,
Ils chantent librement dans les airs,
Puisque Dieu est réconcilié avec nous.

Puisque Dieu nous est réconcilié et qu’il est notre allié,
Que peut nous faire le malin ennemi ?
Bravant le diable et la porte des enfers,
Le petit Jésus est notre crèche.

Voici venir l’année jubilaire,
Que craignons-nous encore ?
Allons ! l’heure est venue de chanter :
Le petit Jésus détourne toutes les souffrances.

Comme souvent, les instrumentistes et choristes trouveront chez Werner Icking les partitions au format PDF : Das Neugeborne Kindelein BuxWV 13 de Buxtehude.


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Mardi 27 avril 2010

Le Chant des Parques, op. 89 de Brahms (Gesang der Parzen)



Johannes Brahms à 20 ans (source : Wikipédia)

Johannes Brahms à 20 ans (source : Wikipédia)

Nous restons aujourd’hui dans les œuvres chorales pour écouter un puissant chœur de Brahms (1833 - 1897) : Le Chant des Parques, op.89 (Der Gesang der Parzen).

Composé en 1882, cette œuvre romantique met en musique un texte de Goethe, tiré de sa tragédie Iphigénie en Tauride (Iphigenie auf Tauris - 1779, réécriture par Goethe de la tragédie d’Euripide).
Dans la mythologie romaine, les Parques sont trois divinités représentées comme des fileuses, et symbolisant le Destin et la Nécessité. Elles vivent dans un palais où le sort des hommes est gravé dans le fer, immuable, et détiennent un fil symbole du cours de la vie qu’elles peuvent dérouler ou trancher. Le lied illustre la terrible opposition entre l’obscur chaos du monde des Hommes, qui attendent leur jugement, et le faste de la puissante Olympe où résident les dieux.
Brahms reprend à merveille la noirceur du texte en doublant les pupitres bas (altos et basses, choeur SAATBB à 6 voix) ; le choeur chante pour l’essentiel en harmonie, avec quelques passages sous la forme de contrepoints ou de réponses. Enfin l’orchestre particulièrement important pour une œuvre de cette durée (11 minutes) lui donne un très fort caractère de puissance, à la manière d’une symphonie chorale.
Der Gesang der Parzen

Es fürchte die Götter
Das Menschengeschlecht!
Sie halten die Herrschaft
In ewigen Händen,
Und können sie brauchen,
Wie’s ihnen gefällt.


Der fürchte sie doppelt
Den je sie erheben!
Auf Klippen und Wolken
Sind Stühle bereitet
Um goldene Tische.


Erhebet ein Zwist sich,
So stürzen die Gäste,
Geschmäht und geschändet
In nächtliche Tiefen,
Und harren vergebens,
Im Finstern gebunden,
Gerechten Gerichtes.


Sie aber, sie bleiben
In ewigen Festen
An goldenen Tischen.
Sie schreiten vom Berge
Zu Bergen hinüber:


Aus Schlünden der Tiefe
Dampft ihnen der Atem
Erstickter Titanen,
Gleich Opfergerüchen,
Ein leichtes Gewölke.


Es wenden die Herrscher
Ihr segnendes Auge
Von ganzen Geschlechtern
Und meiden, im Enkel
Die ehmals geliebten,
Still redenden Züge
Des Ahnherrn zu sehn.


So sangen die Parzen;
Es horcht der Verbannte,
In nächtlichen Höhlen
Der Alte die Lieder,
Denkt Kinder und Enkel
Und schüttelt das Haupt.
Le Chant des Parques

Elle craint les dieux
La race des hommes!
Ils ont le pouvoir
En leurs mains éternelles,
Et peuvent l’utiliser
Comme bon leur semble.


Doublement doit les craindre
Celui qu’ils ont élevé!
Sur les falaises et les nuages,
Les chaises sont prêtes
Autour de tables d’or.


Que s’élève un conflit,
Alors les hôtes sont précipités,
Calomniés et déshonorés,
Dans les profondeurs de la nuit,
Et ils attendent en vain,
Au coeur de l’obscurité,
L’équité du tribunal.


Mais eux, ils restent
A leur éternelle fête
A leurs tables d’or.
Ils marchent là-haut
De montagne en montagne:


Du gouffre des profondeurs
S’élève vers eux l’haleine
Des titans qui suffoquent,
Pareille à l’odeur d’un sacrifice,
Un léger nuage.


Les maîtres détournent
Leurs yeux bénis
De toutes races,
Et évitent de voir dans leur progéniture
Autrefois bien aimée,
Les traits parlants
De leurs aïeux.


Ainsi chantent les Parques;
Le proscrit écoute,
Dans la nuit de sa caverne,
Les chants des anciens,
Pense à ses enfants et petits enfants
Et hoche la tête.

On trouvera comme toujours la partition sur le site de l’IMSLP : http://imslp.org/wiki/Gesang_der_Parzen,_Op.89_(Brahms,_Johannes)


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Mardi 20 avril 2010

Grande messe en ut mineur KV 427 de Mozart


Wolfgang Amadeus Mozart (source : Wikipédia)

Wolfgang Amadeus Mozart (source : Wikipédia)

L’œuvre retenue à l’écoute aujourd’hui est souvent considérée comme le deuxième point culminant des compositions sacrées de Mozart (1756-1791), après - ou à côté de ! - son célèbre Requiem.

Si le Requiem composé sur son lit de mort en 1791 était pour lui comme une dernière offrande à Dieu, Mozart considérait sa messe en ut mineur (ou Grande Messe) écrite en 1783 comme la réalisation d’une promesse, celle d’écrire une grande œuvre sacrée pour remercier Dieu de lui avoir permis d’épouser Constance après sa maladie (août 1782). Et si l’hagiographie mozartienne a largement mis en valeur le Requiem et la terrible légende entourant sa genèse (mais ô combien fascinante pour les romantiques !), la messe en ut ne mérite pas d’être reléguée parmi  les œuvres de second plan. Car contrairement à l’ultime partition du génie autrichien, dont seulement la moitié des mouvements lui sont attribués, la messe procède intégralement de sa plume. Et le style, quoique très variable d’un mouvement à l’autre, s’en ressent sensiblement par une continuité dans la splendeur et la puissance.

L’œuvre demande un effectif conséquent, puisqu’elle est prévue pour un double choeur, un quatuor de solistes (deux sopranos, ténor et basse) et un grand orchestre. Elle est constituée d’environ une douzaine de mouvements, selon la décomposition choisie, et reprend de manière assez classique la liturgie catholique romaine de la messe : Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus… série à laquelle il manque la pièce finale (Agnus Dei). En effet, l’œuvre est hélas incomplète, et non achevée (au contraire du Requiem, dont Constance fit terminer l’écriture par François-Xavier Süssmayr, élève du maître, afin d’obtenir le paiement de la commande de l’œuvre). Le Credo est également incomplet, puisqu’il nous manque tous les textes après l’air Et incarnatus est.

Voici la composition de l’œuvre :

Kyrie (choeur et soprano)
Gloria

  • Gloria in excelsis Deo (choeur)
  • Laudamus te (soprano)
  • Gratias agimus tibi (choeur)
  • Domine Jesu (soprano I et II)
  • Qui tollis (double choeur)
  • Quoniam tu solus (soprano I et II, ténor)
  • Jesu Christe (choeur)
  • Cum Sancto Spiritu (choeur)

Credo

  • Credo in unum Deum (choeur)
  • Et incarnatus est (soprano I)

Sanctus (double choeur)

Benedictus qui venit (quatuor et double choeur)
Nous ne saurions trop vous conseiller d’écouter l’œuvre entièrement tant elle renferme de beautés au détour d’un choeur, d’un air…
On reconnaitra par exemple des emprunts aux contrepoints baroques de Bach ou Haendel ; et en effet la vie de Mozart nous éclaire sur ces influences, puisqu’il venait tout juste d’approfondir l’étude de cet art et cherchait certainement à l’expérimenter. À titre d’exemple : la fugue sur le Hossanna dans les Sanctus et Benedictus qui venit, ou encore celle du Cum Sancto Spiritu. L’allusion à l’Alleluja du Messie de Haendel est assez flagrante sur la série de In excelsis déclamés par le chœur à l’unisson dans le Gloria in excelsis Deo.
Voici le texte des différents mouvements (téléchargeable ici au format PDF : texte et traduction de la messe en ut mineur de Mozart) :
Kyrie

Kyrie eléison

Christe eléison

Kyrie eléison

Kyrie

Seigneur, prends pitié

Christ, prends pitié

Seigneur, prends pitié

Gloria

Gloria in excelsis Deo

Et in terra pax hominibus bonae voluntatis.

Gloria

Gloire à Dieu, au plus haut des cieux,

Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté.

Laudamus te.
Benedicimus te.
Adoramus te.

Glorificamus te.

Nous te louons,

Nous te bénissons,

Nous t’adorons,

Nous te glorifions.

Gratias agimus tibi

propter magnam gloriam tuam

Nous te rendons grâce,

pour ton immense gloire

Domine Deus, Rex caelestis,

Deus Pater omnipotens.

Domine Fili unigenite, Jesu Christe.

Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris,

Seigneur Dieu, Roi du ciel,

Dieu le Père tout-puissant.

Seigneur, Fils unique, Jésus Christ,

Seigneur Dieu, Agneau de Dieu,le Fils du Père.

Qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram ;

qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis.

Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous

Toi qui enlèves le péché du monde, reçois notre prière ;

Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous.

Quoniam tu solus Sanctus,

tu solus Dominus,

tu solus Altissimus,

Car toi seul es saint,

Toi seul es Seigneur,

Toi seul es le Très-Haut,

Jesu Christe Jésus Christ,
Cum Sancto Spiritu :

in gloria Dei Patris. Amen.

Avec le Saint-Esprit

Dans la gloire de Dieu le Père. Amen.

Credo

Credo in unum Deum,

Patrem omnipotentem,

factorem caeli et terrae,

visibilium omnium et invisibilium.

Et in unum Dominum Iesum Christum,

Filium Dei unigenitum,

et ex Patre natum ante omnia saecula.

Deum de Deo,

Lumen de Lumine,

Deum verum de Deo vero,

genitum, non factum, consubstantialem Patri;

per quem omnia facta sunt.

Qui propter nos homines,

et propter nostram salutem descendit de caelis.

Credo

Je crois en un seul Dieu,

le Père tout-puissant,

créateur du ciel et de la terre,

de l’univers visible et invisible.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ,

le Fils unique de Dieu,

né du Père avant tous les siècles ;

il est Dieu, né de Dieu,

lumière, née de la lumière,

vrai Dieu, né du vrai Dieu.

Engendré, non pas créé, consubstantiel au Père,

et par lui tout a été fait.

Pour nous les hommes,

et pour notre salut, il descendit du ciel;

Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine,

et homo factus est.

Par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie,

et s’est fait homme.

Sanctus

Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus, Deus Sábaoth!

Pleni sunt caeli et terra glória Tua.

Hosánna in excélsis!

Sanctus

Saint, Saint, Saint le Seigneur, Dieu de l’univers.

Le ciel et la terre sont remplis de Ta gloire.

Hosanna au plus haut des cieux!

Benedictus

Benedictus qui venit in nómine Dómini.

Hosánna in excélsis!

Benedictus

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.

Hosanna au plus haut des cieux !

(Texte et traduction de la messe en ut mineur de Mozart au format PDF)

Et pour finir, de nouveau le lecteur Jiwa pour écouter l’œuvre intégralement, légalement et gratuitement !
Texte et traduction de la messe en ut mineur de Mozart au format PDF.

La version à l’écoute ici est celle du Monteverdi Choir, dirigé par Sir John Eliot Gardiner.
Vous pourrez l’acheter en CD ou au format MP3 sur Amazon, pour environ 10€ :




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