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La musique classique du jour


Archives de la catégorie ‘Concertos’

Lundi 19 septembre 2011

Chaconne de la partita n°2 pour violon solo BWV 1004, de Bach


Un grand classique de violon solo, mais qui reste indémodable : la chaconne de la partita n°2 pour violon solo BWV 1004, de Bach.

Composée entre 1717 et 1723, cette chaconne est reconnue comme un achèvement de l’art baroque pour violon solo, car elle fait appel à pratiquement toutes les techniques de l’époque. Elle est de nos jours exigée dans pratiquement tous les concours et auditions de violon.

Partie 1 :

Partie 2 :

Les musiciens pourront en trouver la partition libre de droit dans les pages de l’IMSLP : partition de la chaconne de bach.

À noter pour les grands amateurs de Bach, l’existence d’un CD admirable publié suite à la découverte d’un musicologue : l’enchaînement des tonalités dans la chaconne présente des analogies avec celui de chorals d’une cantate (BWV 4), au point que le violoniste Christoph Poppen et le Hilliard Ensemble ont superposé ces deux œuvres pour un résultat des plus intéressants.

Le résultat peut être écouté dans le CD “Morimur”, qui vaut certainement l’investissement :

Morimur, par Christoph Poppen et The Hilliard Ensemble

Morimur, par Christoph Poppen et The Hilliard Ensemble


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Note: 7.8/10 (13 votes)

Mercredi 10 mars 2010

Fantaisie pour un gentilhomme de Rodrigo


Buste de Joaquín Rodrigo (source: Wikipedia)

Buste de Joaquín Rodrigo (source: Wikipedia)

Nous reviendrons aujourd’hui sur un grand compositeur espagnol de la période moderne évoqué l’année dernière, pour son Concerto d’Aranjuez : Joaquín Rodrigo (1901 - 1999)


(2ème mouvement)

Nous écouterons cette fois une autre œuvre majeure de son répertoire, également sous la forme d’un concerto pour la guitare : la Fantaisie pour un gentilhomme.

Composée en 1954, soit environ 15 ans après le concerto d’Aranjuez, la Fantaisie pour un gentilhomme est une commande du guitariste espagnol Andres Segovia (1893 - 1987) ; le gentilhomme du titre désignerait d’ailleurs… le virtuose dédicataire lui-même. La création de l’œuvre eut lieu à San Francisco en 1958, la partie soliste étant jouée à cette occasion par Andres Segovia.

L’œuvre, qui dure une vingtaine de minutes, est découpée en quatre mouvements inspirés de danses composées au 17è siècle par Gaspar Sanz.

Chacun des mouvements a ses spécificités :

  1. Le premier mouvement Villano y Ricercare présente une série de variations sur un thème simple de G. Sanz (Villano), puis continue sur une sorte de fugue simplifiée (un ricercare est une ancienne forme musicale, moins élaborée que la fugue…).
  2. Le deuxième mouvement s’ouvre sur une belle pièce lyrique construite autour d’un motif obsédant (Españoleta). Ce thème est introduit par la guitare solo, largement accompagné par cordes et hautbois. Ce thème est interrompu par un passage rapide, légèrement dissonant et rythmé nommé Fanfare de la Caballería de Nápoles. On revient finalement au thème principal dans un puissant et sublime tutti de l’orchestre introduit par le motif de la guitare.
  3. La Danza de las Hachas (Danse des haches) est un intermède rythmé qui assure la transition entre le deuxième mouvement, lent et triste, et le final, rapide et joyeux.
  4. Le final, Canario, est à rapprocher de thèmes musicaux rapportés des îles Canaris par G. Sanz.


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Note: 8.9/10 (20 votes)

Vendredi 27 novembre 2009

Membra Jesu nostri, de Buxtehude


Dietrich Buxtehude (à la viole de gambe à gauche) par Johannes Voorhout (1674)

Dietrich Buxtehude (à la viole de gambe à gauche) par Johannes Voorhout (1674) Source: Wikipedia

Musiquedujour.com revient aujourd’hui pour vous présenter une œuvre sublime de Dietrich Buxtehude, compositeur baroque célèbre mais peu connu du grand public (du moins avant le tricentenaire de sa mort en 2007). Il s’agit de la série de 7 cantates sacrées « Membra Jesu nostri », BuxWV 75 dans le catalogue des œuvres de Buxtehude.

Dietrich Buxtehude (1637 - 1707) est un compositeur et organiste dano-allemand de la période baroque - contemporain de Pachelbel, Reinken. Très célèbre en son temps, son œuvre a jusqu’à très récemment été délaissée par les musiciens et peu jouée en public. Le tricentenaire de sa mort en 2007 a cependant été l’occasion de redécouvrir ce grand compositeur, qui nous laisse entre autres une grande œuvre pour orgue ou de superbes pièces vocales. Sa célébrité à son époque est telle que de la même manière que l’on appelle Bach « le cantor de Leipzig », on parle de « l’organiste de Lübeck » pour désigner Buxtehude. Il est même question d’un voyage de 400km effectué à pied par le jeune Jean-Sébastien Bach en 1705 afin de rencontrer le célèbre organiste. Nous laisserons aux lecteurs intéressés par la vie de Buxtehude le soin de consulter Wikipédia, ou de lire sa récente biographie écrite par le musicologue Gilles Cantagrel (voir ici).

Nous ne parlerons pas aujourd’hui de l’œuvre de Buxtehude, mais seulement des « Membra Jesu nostri » (abréviation du latin « Membra Jesu nostri patientis sanctissima humissima totius cordis devotione decantata », littéralement « Les très saints membres de notre Seigneur Jésus souffrant, chantés avec la plus humble dévotion de son cœur tout entier »). Ce recueil composé en 1680 comporte sept cantates, chacune évoquant une partie du corps blessé du Christ (Gilles Cantagrel propose d’appeler le recueil « Les sept plaies du Christ en croix »).

On retrouve ainsi les cantates Ad pedes (aux pieds), Ad genua (aux genoux), Ad manus (aux mains), Ad latus (au flanc), Ad pectus (à la poitrine), Ad cor (au cœur), Ad faciem (au visage), qui sont toutes découpées en 6 mouvements (consulter à ce sujet le bon article de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Membra_Jesu_nostri). Le thème des cantates pourrait préparer l’auditeur à entendre un recueil affligé et une vision doloriste du Christ en croix. Il n’en est rien, et l’œuvre montre continuellement une image sereine, apaisée et méditative du martyre ; la musique, mettant en musique le poème spirituel médiéval Rhythmica Oratio invite donc plutôt le croyant à la réflexion dans la période de Pâques.

Nous vous proposons ici à l’écoute la version John Eliot Gardiner / Monteverdi Choir.
Sur Amazon sont disponibles plusieurs versions intéressantes, en particulier dans deux gammes chez Harmonia Mundi:

On trouvera les partitions des Membra Jesu nostri sur la Choral Public Domain Library : http://wso.williams.edu/cpdl/sheet/bux-750c.pdf


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Note: 8.0/10 (17 votes)

Lundi 16 février 2009

La Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach, approche générale


Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Portrait de Jean-Sébastien Bach (source: Wikipedia)

Nous entamons aujourd’hui une série de plusieurs articles autour des Passions de Jean-Sébastien Bach, en commençant par une première partie autour de la Passion selon saint Matthieu. Rappelons pour commencer que les passions, ou oratorios de la Passion, sont des oratorios sacrés relatant l’histoire de la mort de Jésus : le dernier repas (la cène), la veillée, l’arrestation, l’interrogatoire et enfin la crucifixion. Notons que le mot “passion” est à comprendre son l’acception ancienne, c’est-à-dire dérivée du latin patior qui signifie endurer, souffrir et éprouver des états dans lesquels l’individu est passif. Le mot a ensuite dérivé pour arriver au mot actuel signifiant que l’on a une émotion indépendante de soi (une passion pour quelque chose). De nombreuses passions ont été écrites dans l’histoire de la musique, mais les plus connues restent celles composées lors de la période baroque : Schütz (1660, trois passions), Haendel (3 passions), Bach (4 passions, dont seulement 2 nous sont parvenues intégralement) ou encore Telemann (52 passions !). Par la suite, plusieurs compositeurs ont bien entendu écrit des œuvres sur la passion du Christ, mais aucune n’est aussi célèbre que les œuvres baroques. Jean-Sébastien Bach (1685 - 1750) a écrit une passion selon chaque évangile, mais seules celles d’après saint Matthieu (BWV 244) et saint Jean (BWV 245) nous sont véritablement parvenues ; la passion selon saint Luc (BWV 246) que l’on peut trouver dans des éditions commerciales aurait été faussement attribuée à Bach, tandis que de la passion selon saint Marc jouée de nos jours (BWV 247) serait bien de Bach mais seul un mouvement aurait vraiment survécu au temps, le reste ayant été ajouté ou arrangé. Comme les passions selon saint Jean et saint Matthieu sont particulièrement abouties, on les considère en général comme les seules véritables œuvres de ce genre écrites par Bach. Par ailleurs, elles ont profité d’un regain d’intérêt lors de la période romantique qui les a placées comme des œuvres de références dans leur genre, dans la musique sacrée, voire dans la musique en général. Pour beaucoup d’amateurs, la passion selon saint Matthieu fait indéniablement partie des plus belles œuvres jamais composées (comme beaucoup de musiques présentées sur ce site !).

Panneau du chemin de croix d’Albrecht Altdorfer, env. 1509-1516 (source: Wikipedia)

Panneau du chemin de croix d’Albrecht Altdorfer, env. 1509-1516 (source: Wikipedia)

Nous présenterons dans l’article d’aujourd’hui la passion selon saint Matthieu dans son ensemble, sans vraiment entrer dans la structure ou les détails ; les prochains articles présenteront les différentes parties de l’œuvre, puis nous écouterons la passion selon saint Jean ; enfin ces passions seront “comparées” dans un autre article. La passion selon saint Matthieu a donc été composée entre 1727 et 1729 et aurait été créée à l’occasion du Vendredi Saint le 15 avril 1729. Les allemands la connaissent sous le nom Matthaüspassion, tandis que le manuscrit comporte le titre en latin Passio Domini nostri Jesu Christi secundum Evangelistam Matthaeum. Portant une émotion peu appréciée par la piété austère du public de l’église saint Thomas de Leipzig où Bach officia de 1723 à sa mort en 1750, l’œuvre fût oubliée durant près de 100 ans avant d’être re-créée avec un grand succès par Félix Mendelssohn en 1829 à Berlin. De nos jours, tous les grands chefs d’orchestre ont joué cette œuvre ; il s’agit d’une œuvre monumentale qui dure presque 2h45, articulée autour du récit de saint Matthieu, chanté sous forme d’une psalmodie par un ténor (l’Evangéliste). Autour de ce récit sont construits différents types de mouvements :

  • les grands chœurs (introduction et final), destinés à introduire le drame à l’auditeur et à conclure l’œuvre
  • les chorals : chantés par l’ensemble des choristes , ils symbolisent les pensées de croyants ayant compris le récit ; les chorals de la passion selon saint Matthieu sont écrits par le librettiste Picander.
  • les airs (ou arias) : chantés par les différents personnages lors des tournants du récit, sont généralement introduits dans le récit de l’évangéliste par un récitatif psalmodié ; ils ont pour rôle de décrire les émotions des protagonistes du drame.
  • les chœurs “spontanés” : s’inscrivant totalement dans le récit de l’évangéliste, ils symbolisent les réactions de la turba, c’est-à-dire la foule, généralement des soldats ou du peuple juif. Les chœurs de turba se différencient parfaitement des chorals par leur forme beaucoup plus spontanée et beaucoup moins douce. Ils sont souvent très courts mais certains recèlent de véritables merveilles cachées (ex. “Wahrlich dieser ist Göttes Sohn gewesen” dans la dernière partie de l’œuvre qui sont parmi les plus belles mesures jamais composées). Nous reviendrons sur ces chœurs dans l’étude détaillée des parties de l’œuvre.

Notons que Bach a composé la passion pour deux chœurs, qui chantent soient de manière séparée, soit ensemble, soit à l’unisson ; on remarquera particulièrement leur présence dans le premier grand chœur d’introduction. La passion se divise en plusieurs grands épisodes autour de deux grands chœurs célèbres (introduction et final).

  1. L’épisode du parfum (2 à 10)
  2. La cène (le dernier repas) (11 à 19)
  3. La veillée et l’arrestation au mont des Oliviers (20 à 35)
  4. L’interrogatoire de Jésus et le reniement de Pierre (36 à 48)
  5. La condamnation (49 à 61)
  6. La crucifixion (62 à 78)

Le découpage généralement admis en deux parties sépare les 3 premières scènes des trois suivantes. Chacun des épisodes sera commenté en détail dans les articles à venir, mais en attendant nous vous invitons à écouter l’œuvre dans sa quasi-intégralité dans une belle version dirigée par Karl Richter (les plus pressés pourront n’écouter que le premier et le dernier chœur, qui devraient leur donner envie d’écouter le reste !) :

Voici une sélection d’interprétations de la passion selon saint Matthieu, parmi lesquelles se trouve la version Karl Richter en écoute sur ce site :

  1. Version Philippe Herreweghe - Collegium Vocale Gent (avec Andreas School) : comme toujours la version Herreweghe est un enregistrement de grande qualité sonore, dans une version très dynamique
  2. Version Karl Richter : cette version de 1958 est celle qui est en écoute sur le site ; malgré l’âge, la qualité sonore reste très bonne ; cette sublime version annonce la redécouverte romantique des œuvres baroques dans la 2ème moitié du 20ème siècle. A posséder !
  3. Version Herbert von Karajan - Berliner Philharmoniker : une version “controversée” et déroutante mais cependant appréciée de beaucoup ; tempo très lent, sonorités éloignées de la musique baroque, etc.
  4. Version Klemperer : version plus romantique que baroque, mais d’une grandeur fascinante

Le livret de l’œuvre (textes + traduction en français) est disponible en PDF : Livret et traduction de la Passion selon saint Matthieu BWV 244 de Bach (source: Ensemble Orchestral de Paris). Comme toujours, les musiciens trouveront partitions libres de droit (au format PDF) et fichiers MIDI de l’oeuvre en téléchargement sur le site de l’IMSLP (http://www.imslp.org/wiki/St._Matthew_Passion,_BWV_244_(Bach,_Johann_Sebastian)), et surtout sur la Choral Public Domain Library : http://www.cpdl.org/wiki/index.php/Matth%C3%A4uspassion%2C_BWV_244_(Johann_Sebastian_Bach).


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Note: 8.5/10 (31 votes)

Mardi 10 février 2009

Les Quatre Saisons de Vivaldi


Portrait dAntonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Portrait d'Antonio Vivaldi (source: Wikipedia)

Nous écouterons aujourd’hui ce qui est certainement l’œuvre pour violon la plus connue de la musique baroque, les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi (1678 - 1741).

Il s’agit en fait d’un ensemble de quatre concertos  pour violon, reprenant chacun une saison :

  1. “La Primavera” : Le Printemps, RV 269
  2. “L’estate” : L’Eté, RV 315
  3. “L’autunno” : L’Automne, RV 293
  4. “L’inverno” : L’Hiver, RV 297

Ces concertos constituent les quatre premiers numéros d’un recueil opus n°8 Il cimento dell’armonia e dell’invenzione (”La bataille entre l’harmonie et l’invention”), édité en 1725. Ils sont parmi les concertos pour violon les plus connus de la période baroque, voire de la musique en général, et sont les parfaits exemples du déroulement des concertos en trois mouvements vif-lent-vif popularisé par Vivaldi.

Lors de l’édition, Vivaldi accompagna son œuvre d’un petit texte de quatre sonnets, qu’il fît correspondre avec des précisions sur la partition pour en décrire le déroulement.

On trouvera les partitions libre de droit des Quatre Saisons de Vivaldi au format PDF sur le site de l’IMSLP : http://imslp.org/index.php?title=Le_Quattro_Stagioni_(Vivaldi,_Antonio), ou encore les partitions ainsi que les différents mouvements aux formats MIDI et Finale chez Werner Icking : http://icking-music-archive.org/ByComposer/Vivaldi.php.

Concerto n° 1 en mi majeur, opus 8, RV 269, « La primavera » : Le Printemps
1. Allegro
Giunt’è la Primavera e festosetti
La salutan gl’augei con lieto canto,
E i fonti allo Spirar de’zeffiretti
Con dolce mormorio Scorrono intanto;

Vengon’ coprendo l’aer di nero amanto
E Lampi, e tuoni ad annunziarla eletti
Indi tacendo questi, gli Augelletti;
Tornan di nuovo al lor canoro incanto:

2. Largo
E quindi sul fiorito ameno prato
Al caro mormorio di fronde e piante
Dorme ‘l Caprar col fido can a lato.

3. Allegro
Di pastoral Zampogna al suon festante
Danzan Ninfe e Pastor nel tetto amato
Di primavera all’apparir brillante.

1. Allegro
Le printemps est venu, apportant la gaieté;
Les oiseaux le saluent de leurs chants exaltés
Et les ruisseaux, qu’effleure un souffle de Zéphyr,
Coulent à l’unisson leurs flots qu’on entend bruire.

Le ciel s’est recouvert d’une sombre voilette,
Le tonnerre et l’éclair annoncent la tempête.
Mais sitôt qu’ils s’apaisent, les oiseaux joyeux
Reprennent sans tarder leurs chants harmonieux.

2. Largo
Et dans la prairie ondulante, tout en fleurs,
Dont chaque feuille ou herbe chuinte en douceur,
Le pâtre dort, son chien fidèle à ses côtés.

3. Allegro
Dans le pré, au son des musettes pastorales,
Nymphes et bergers saluent d’une bacchanale
L’arrivée du Printemps, l’éclat de sa beauté.


Concerto n° 2 en sol mineur, opus 8, RV 315, « L’estate » : L’Été
1. Allegro non molto - Allegro
Sotto dura Staggion dal Sole accesa
Langue l’huom, langue ‘l gregge, ed arde il Pino;
Scioglie il Cucco la Voce, e tosto intesa
Canta la Tortorella e ‘l gardelino.

Zeffiro dolce Spira, mà contesa
Muove Borea improviso al Suo vicino;
E piange il Pastorel, perche sospesa
Teme fiera borasca, e ‘l suo destino;

2. Adagio - Presto - Adagio
Toglie alle membra lasse il Suo riposo
Il timore de’ Lampi, e tuoni fieri
E de mosche, e mossoni il Stuol furioso!

3. Presto
Ah che pur troppo i Suo timor Son veri
Tuona e fulmina il Ciel e grandioso
Tronca il capo alle Spiche e a’ grani alteri.

1. Allegro non molto - Allegro
Sous l’empire accablant du soleil qui écume
Homme et troupeau languissent, et le pin se consume;
Le coucou entonne son chant, et lui font chœur
La tourterelle et le chardonneret moqueur.

Zéphyr souffle tout doucement, mais tout à coup
Survient Borée, son ennemi, qui le secoue;
Le pastoureau gémit et tremble, car il craint
Le choc de la bourrasque, et son propre destin.

2. Adagio - Presto - Adagio
Ses membres convulsés l’épuisent, factionnaire
Figé par les éclairs, la fureur du tonnerre,
Les essaims affolés de frelons et de mouches!

3. Presto
Hélas! il ne s’est pas alarmé sans raison :
Le ciel fulmine et, sous l’assaut de ses grêlons,
Les épis sont fauchés et les tiges se couchent.


Concerto n° 3 en fa majeur, opus 8, RV 293, « L’autunno » : L’Automne
1. Allegro
Celebra il Vilanel con balli e Canti
Del felice raccolto il bel piacere
E del liquor de Bacco accesi tanti
Finiscono col Sonno il lor godere.

2. Adagio molto
Fa ch’ogn’uno tralasci e balli e canti
L’ aria che temperata dà piacere,
E la Staggion ch’ invita tanti e tanti
D’ un dolcissimo Sonno al bel godere.

3. Allegro
I cacciator alla nov’alba à caccia
Con corni, Schioppi, e canni escono fuore
Fugge la belua, e Seguono la traccia;

Già Sbigottita, e lassa al gran rumore
De’ Schioppi e canni, ferita minaccia
Languida di fuggir, mà oppressa muore.

1. Allegro
Par des danses et des chants de joie, les paysans
Célèbrent la foison des récoltes nouvelles,
Et la douce liqueur de Bacchus les appelle
À se laisser aller au sommeil bienfaisant.

2. Adagio molto
Plus aucun n’a envie de danser ni chanter,
À présent; l’air est doux, la brise caressante,
Et la saison se fait de plus en plus pressante
À commander à tous un repos mérité.

3. Allegro
À l’aube les chasseurs joyeusement s’assemblent :
Avec cors, fusils, chiens, ils s’en vont tous ensemble
Sur les pas de la bête poussée par la peur.

Aux abois, traquée par le haro terrifiant,
Blessée, elle reprend un moment son élan,
Ne songeant plus qu’à fuir, mais, brisée, tombe et meurt.


Concerto n° 4 en fa mineur, opus 8, RV 297, « L’inverno » : L’Hiver
1. Allegro non molto
Aggiacciato tremar trà nevi algenti
Al Severo Spirar d’orrido Vento,
Correr battendo i piedi ogni momento;
E pel Soverchio gel batter i denti;

2 .Largo
Passar al foco i di quieti e contenti
Mentre la pioggia fuor bagna ben cento
Caminar Sopra ‘l giaccio, e à passo lento
Per timor di cader gersene intenti;

3. Allegro
Gir forte Sdruzziolar, cader a terra
Di nuove ir Sopra ‘l giaccio e correr forte
Sin ch’il giaccio si rompe, e si disserra;

Sentir uscir dalle ferrate porte
Sirocco Borea, e tutti i Venti in guerra
Quest’è ‘l verno, ma tal, che gioja apporte.

1. Allegro non molto
Gelés et frissonnants dans la neige qui mord,
Et battus par des vents cruels et sans remords,
Nos pieds tout engourdis s’emmêlent à chaque instant,
L’abominable froid nous fait claquer des dents.

2 .Largo
Allons auprès du feu, au calme et bien au chaud,
Cependant que la pluie redouble ses assauts.
Nous marchons à pas lents sur une onde gelée,
Tout entiers attentifs à ne pas perdre pied;

3. Allegro
Pour qui veut se presser, c’est la chute assurée.
Reprenons prudemment notre pénible route,
Tant que les glaces ne sont rompues ni dissoutes.

À l’abri de nos portes, nous entendons hurler
Le Sirocco, Borée et tous les vents en guerre :
Mais bien des joies pourtant accompagnent l’hiver.


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